Les challengers de François Rebsamen, maire de Dijon, qui brigue un 4ème mandat, souhaitent que la ville reprenne la main sur la Cité de la gastronomie et du vin proprement dite. L’équipement culturel devant illustrer le repas gastronomique des Français, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, est inséré dans un important programme immobilier piloté par le groupe Eiffage. Ils plaident pour que l’association qui deviendra propriétaire de l’espace muséographique et assurera sa gestion pense plus local. Et que les constructions laissent plus de place à la nature.


Lorsque l’Unesco a inscrit le repas gastronomique des Français au patrimoine mondial de l’humanité en 2010, et Dijon retenue trois ans plus tard comme l’une des villes d’accueil d’un réseau de cités de la gastronomie, François Rebsamen, son maire, pariait sur l’accueil de ses premiers visiteurs avant la fin de son troisième mandat. Le calendrier, bousculé par plusieurs recours juridiques de son opposition municipale, place de fait le projet dans les débats des élections municipales à l’issue desquelles le maire et président du Grand Dijon espère être réélu pour la quatrième fois.

La Cité de la gastronomie et du vin concentre plusieurs sujets qui alimentent les critiques de ses challengers : densité de l’habitat, manque d’espaces verts, concurrence avec les commerces et loisirs du centre-ville, absence de concertation avec le projet touristique cousin de la Cité des vins de Beaune, attribution de l’opération à un opérateur privé …

 

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Pour rappel, la Cité de la gastronomie et du vin s’installe sur l’ancien site de l’hôpital général, à la lisière du centre-ville, et ses contours sont déjà bien dessinés. Le groupe Eiffage, à qui la ville a confié l’opération d’aménagement comportant un important programme de logements (640), a déjà construit deux immeubles totalisant 190 logements sociaux, mis en chantier trois résidences de 300 unités au total, pour les touristes, les séniors et les étudiants, et entamé ces dernières semaines la construction de l’espace muséographique abritant 1.750 m2 d’expositions devant illustrer le repas gastronomique des Français.
A la livraison de cet équipement, fin 2021, l’Association de la cité de la gastronomie et du vin qui réunit les collectivités locales et des mécènes doit en devenir propriétaire et s’assurer de son animation, par le groupe d’événementiel Vega. L’opération comprend aussi 3.500 m2 de commerces de bouche, bars et restaurants, dont le groupe parisien K-Rei fera son affaire. Ainsi qu’un multiplexe cinématographique réunissant deux cinémas du centre-ville et un hôtel 4 étoiles de 125 chambres.


Logements contre parc de verdure

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En face de la Cité de la gastronomie et du vin, Dijon Métropole a construit un parking silo (à droite) pour les visiteurs. Au centre, se dresse la chapelle des Climats qui déclinera le classement Unesco des vignobles de Dijon à Beaune. © Traces Ecrites

Désigné par le maire sortant comme celui qui a perturbé son calendrier, lui infligeant « deux ans de retard », Emmanuel Bichot, candidat Les Républicains, auteur des différents recours contre Eiffage, n’entend pas, s’il est élu maire, laisser l’opérateur achever sa feuille de route telle qu’il l’avait écrite. « Puisque la ville s’est départie de tout contrôle dans l’opération immobilière, elle doit reprendre les rênes concernant tout l’aspect culturel », estime l’actuel chef de file de l’opposition municipale.
L’avis est partagé par la candidate Europe Ecologie Les Verts (EELV), Stéphanie Modde, adjointe sortante à l’écologie qui n’a pas souhaité « repartir » sur une liste commune avec François Rebsamen, ainsi que par Sylvain Comparot, tête de liste La république en Marche (LREM), lui aussi ancien conseiller municipal.
La candidate écologiste souhaiterait « rediscuter avec Eiffage » pour ajouter « du local » dans un projet qui lui semble écrit pour les seuls visiteurs étrangers. « On peut peut pas parier uniquement sur eux, car il va bien falloir faire vivre les lieux en dehors de la saison touristique ; la cité peut être un endroit idéal pour créer du lien social, en parfaite harmonie avec le projet alimentaire territorial (TIGA) qui veut privilégier l’approvisionnement local. » L’approche locale défendue par Stéphanie Modde se traduirait aussi dans le volet commercial avec des enseignes qui commercialiseraient des producteurs locaux et bio.

 

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De son côté, le candidat LREM s’attellera à « une analyse poussée du contrat pourvoir ce qui engage la collectivité dont la participation financière devait être réduite  ». Sylvain Comparaot replacerait le projet à l’échelle de sa vision de l’attractivité du territoire qu’il situe à l’échelle du triangle Dijon-Beaune-Dole : « Dijon peut-elle ignorer ce qui se passe à Beaune où s’édifie une cité des vins de Bourgogne ? », s’interroge t-il en restituant le projet dans le contexte des Climats du vignoble de Bourgogne inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco et incluant Dijon et Beaune.
Quant à la densité de construction, elle est montrée du doigt par les trois candidats. Plutôt qu’une troisième tranche de logements prévue au programme, ils plaident pour l’ajout de verdure.
Un « parc urbain » idéalement situé à proximité de la rivière Ouche et facilement raccordable à la voie verte existante en provenance du lac Kir, pour Emmanuel Bichot et Sylvain Compraot ; « des espaces de respiration entre les immeubles déjà construits qui non seulement embelliraient le cadre de vie des résidents mais participeraient à la lutte contre l’effet de serre », pour Stéphanie Modde.
Reste à savoir si la révision d’un contrat qu’Emmanuel Bichot n’est plus le seul à juger « très opaque. », est plausible.

 

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