Cette fois, la date est quasi certaine bien qu’elle n’ait pas été précisée, ce 4 juillet, lors de la pose symbolique de la première pierre de la Cité internationale de la gastronomie et du vin de Dijon. Promise initialement avant les élections municipales de 2020, elle sera livrée fin 2021. Le dernier investisseur attendu s’est dévoilé : le groupe immobilier parisien K-Rei réalisera les 3.500 m2 de commerces de bouche, bars et restaurants.

On en connaissait les contours depuis longtemps, bien qu’ils aient bougé un peu [ Lire l’article de Traces Écrites News : La Cité de la gastronomie commence à mettre le couvert ] , et voilà qu’en ce 4 juillet 2019, tout s’éclaircit. Les acteurs de la future Cité internationale de la gastronomie et du vin de Dijon, sise sur le site de l’ancien hôpital général fermé en 2016, ont presque tous répondu présents à la pose de la première pierre – symbolique puisque les travaux ne démarrent qu’en septembre – de l’équipement muséographique qui traduira, à travers 1.750 m2 d’expositions, le repas gastronomique des Français inscrit en 2010 au patrimoine mondial de l’Unesco. Le fil conducteur est le vin et son association avec les mets, pour se différencier des autres villes « élues » au même titre : la santé à Lyon, l’alimentation de demain à Rungis, les cultures alimentaires à Tours.


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Le dernier investisseur (*) attendu s’est dévoilé à cette occasion. Le groupe familial parisien K-Rei, spécialiste de l’immobilier commercial, se charge trouver les enseignes qui occuperont (sous forme de bail à location) les 3.500 m2 de commerces de bouche, bars et restaurants, dans la vaste cour à proximité de la chapelle, où des fouilles archéologiques révélèrent les traces de l’hôpital originel.  [ Lire l’article  ici de Traces Écrites News ].
William Krief, son président, prévoit une vingtaine de cellules reliées entre elles par des passages couverts en verre selon un agencement promis « vivant et innovant. » Aucun nom d’enseigne n’a été nommé en dehors de la parisienne Librairie Gourmande, déjà annoncée.

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William Krief, PDF de K-Rei présente le lieu de son investissement, les commerces et restaurants. © Jean-Christophe Tardivon

François Rebsamen, le maire de Dijon, ne résiste pas à redire que le projet a pris deux années de retard en raison des recours [ Lire l’article de Traces Écrites News : À l'exception des logements sociaux, les constructions de la Cité de la gastronomie sont toujours suspendus ] de son plus virulent opposant au conseil municipal, dont le dernier a été levé en février, et qu’il a fallu « de la persévérance pour convaincre les financeurs de s’engager définitivement. » La procédure d’appel à manifestation d’intérêt remporté par le groupe Eiffage en 2014 et finalisée par l’achat des 6,5 hectares de terrains en 2017, avait été l’objet de ces incidents judiciaires. C’est lui qui concrétise l’ensemble du projet avec trois de ses filiales Eiffage Aménagement, Construction et Immobilier. Il réalise les constructions qui sont ensuite vendues en l’état futur d’achèvement (Vefa) à différents aux propriétaires occupants ou exploitants.
Le bâtisseur des deux cinémas – quatre salles commerciales à l’initiative de CinéAlpes et quatre d’art et essai de la SAS 1001 Nuits (issue du cinéma Eldorado) – n’est pas encore arrêté, confie Vincent Drouet, directeur aménagement. La ville de Dijon donne un coup de pouce à la partie Art et essai avec une subvention de 400.000 €.

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Derrière la maquette de la Cité de la gastronomie et du vin(de g.à d.), François Rebsamen, maire de Dijon, Françoise Deseille, adjoint chargé du projet, Olivier Genis, président d’Eiffage Construction, le sénateur François Patriat et Bernard Schmeltz, préfet de Bourgogne. © Jean-Christophe Tardivon. Cliquez sur l'image pour faire une visite virtuelle de la cité de la gastronomie sur Dailymotion.


Deux lieux déclinent le repas des Français classé par l'Unesco

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Dans la cour Berrier prendront place commerces et restaurants et dans la chapelle, une partie de l'exposition muséographique dédiée au Repas gastronomique des Français, selon l'Unesco.  © Jean-Christophe Tardivon
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Le bâtiment tout à droite de la photo abritera l'autre partie sur 1.700 m2. Au centre, le "canon de lumière" accueillera l'école de cuisine Ferrandi. © Antony Béchu, architecte


C’est bien Eiffage qui conduit le chantier du pôle culturel, seul équipement public des lieux qui deviendra, une fois construit, propriété de l'Association de la cité de la gastronomie et du vin.
Présidée Philippe Crevoisier, directeur général produits et innovation du groupe SEB, elle réunit des collectivités locales et des mécènes.
Quatre millions d’€ restent trouver auprès de ces derniers pour financer la dépense de 15,4 millions d’€, satisfaite à hauteur de 4,750 millions d’€ par la ville de Dijon (dont les 3 millions votés la semaine dernière par le conseil municipal après renonciation du conseil départemental de la Côte-d’Or) et 5 millions par le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté.

 

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L’illustration du repas des Français par le scénographe Abaque, s’étendra sur deux lieux dont la gestion revient à S-Pass TSA (ex-Vega) qui gère déjà le Zénith de Dijon : un bâtiment neuf de 1.750 m2 bâti sur l’esplanade d’entrée du site – le Pavillon de la Gastronomie et du Vin –, et la chapelle de l’hôpital rénovée, rebaptisée Chapelle des Climats (600 m2) dédiée aux climats et vins de Bourgogne. Ces espaces accueilleront une exposition permanente en trois actes (À table, En cuisine, En Bourgogne) et une exposition temporaire dont la première, parrainée par l’Alsacien Pierre Hermé aujourd’hui installé à Paris, aura pour thème la pâtisserie française. 
Les travaux démarrent en septembre pour une livraison fin 2021 et une ouverture fort probable avant l’été 2022.
La ville de Dijon parie sur un apport de près de 500.000 touristes supplémentaires. François Deseille, adjoint au maire de Dijon chargé de la cité de la gastronomie, se réjouit par ailleurs de la toute récente position de Dijon comme point de départ de « La Vallée de la gastronomie », projet interrégional lancé le 24 juin à l’initiative des régions Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes Auvergne et Provence-Alpes-Côte d’Azur qui veut recréer la mythique Nationale 7 comme « destination touristique gourmande  » jusqu’à Marseille.

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© Jean-Christophe Tardivon
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Les bâtiments de l'ancien hôpital ont de beaux restes. © Jean-Christophe Tardivon
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Les logements sociaux d'Habellis et de Grand Dijon Habitat en construction. © Jean-Christophe Tardivon

« Ce quartier incarne l’idée que je me fais de la ville durable. Il s’agit en fait de reconstruire la ville sur elle-même (…) et il donne toute sa place aux modes de déplacements doux », a déclaré François Rebsamen lors de la cérémonie de le première pierre. Pas de circulation automobile en effet.
Si les visiteurs accèderont à la Cité internationale de la gastronomie et du vin par le tramway ou stationneront à ses portes dans le parking-silo Monge bâti par la métropole l’an dernier, les futurs habitants de l’écoquartier de 3,5 ha laisseront leur voiture sous les immeubles. Un parking souterrain de 128 places est en construction sous l’un des deux programmes en accession qu’Eiffage Immobilier commercialise.
L’un regroupera trois résidences, de tourisme, séniors et étudiants de 300 unités ainsi que deux immeubles de 48 et 42 logements en accession. Ils s’ajoutent aux 190 logements sociaux en construction pour Habellis et Grand Dijon Habitat (livraison 1er semestre 2020). 
Les bâtiments anciens (17ème et 18ème siècles) qui forment la cour de Jérusalem où trône une petite chapelle, sont rénovés avec l’attention de l’architecte des Bâtiments de France en 90 logements pour le groupe immobilier François 1er.

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Dans les bâtiments historiques, les logements en accession du promoteur François 1er.
© Jean-Christophe Tardivon

 (*) Pour mémoire, les autres opérateurs des lieux sont le groupe Naos pour un hôtel 4 étoiles de 125 chambres, sous franchise Curio by Hilton, installé dans les bâtiments anciens de l’hôpital, l’École Ferrandi de formation aux métiers de la gastronomie du CAP au bac+6 qui prévoit d’accueillir 110 étudiants dans le bâtiment (850 m2) d’entrée du site baptisé « le canon de lumière » à cause de sa forme, le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB) qui installera une antenne de son école des vins de Beaune, le Crédit Agricole qui hébergera sa pépinière de start-up, le Village by CA du centre-ville.
Le site de la Cité de la gastronomie accueillera aussi le centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine, lié lui au label « Ville d’art et d’histoire » du ministère de la Culture. Une surface de 500 m2 dans une aile historique, à proximité des commerces, accueillera une exposition permanente sur l’architecture locale, des vestiges antiques à la période contemporaine ainsi que l’apothicairerie de l’ancien hôpital.

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1 commentaire(s) pour cet article
  1. BAM21dit :

    On verra ensuite mais pour le moment, toutes les organisations citées ne reflètent guère les savoir-faire bourguignons en matière de Gastronomie. Ah si ! le BIVB...

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