Spécialisée dans la fabrication de coussins, tapis et mobiliers en peaux et fourrures haut de gamme, l’entreprise basée à Molsheim (Bas-Rhin) projette de créer en 2025 deux boutiques outre-Atlantique, à New York et Aspen (dans le Colorado). D’ici trois à cinq ans, Norki souhaiterait ouvrir un atelier de production aux Etats-Unis, l’un de ses principaux débouchés.
Créée en 2010 par Sonia Linard, Norki a connu une croissance exponentielle. Il y a un an, en conséquence, elle a déménagé de quelques kilomètres, de Rosheim à Molsheim (Bas-Rhin), dans de nouveaux locaux de 1.200 m2, le double des précédents. Aujourd’hui, l’entreprise emploie 30 salariés et elle a réalisé un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros en 2024. D’ici à trois ans, elle s'est fixé l'objectif d'atteindre entre 7 et 10 millions d’euros pour un effectif d’une cinquantaine de salariés.
Et après Megève, Paris et Gstaad en Suisse, Norki souhaite installer deux boutiques aux Etats-Unis : l’une à New York, l’autre dans la station huppée d'Aspen dans le Colorado. Ces localisations ne doivent rien au hasard : la Suisse et les Etats-Unis comptent parmi les premiers marchés étrangers de l'entreprise alsacienne qui réalise 75 % de son chiffre d’affaires à l’export
Le retour de Donald Trump au pouvoir et de probables nouvelles taxes douanières n’inquiètent pas la dirigeante, dans la mesure où sa cible reste le très haut de gamme. Les coussins, plaids, tapis et autres mobiliers en peaux et fourrures naturelles conçus et fabriqués par Norki se retrouvent dans les palaces, villas et chalets de luxe du monde entier. 80 % de la production est réalisé sur mesure. Sur ce marché de niche, l’entreprise ne rencontre que peu ou pas de concurrence. « L’art du luxe à la française fonctionne bien à l’étranger. Le made in France, c’est une chance pour nous », explique Sonia Linard. Afin de répondre encore mieux au marché américain, la fondatrice et dirigeante projette même d’y ouvrir un atelier de production d’ici trois à cinq ans.

Sonia Linard est davantage préoccupée par la capacité à développer de la force de vente : « Ce sera notre challenge sur les trois ans à venir », déclare-t-elle. Jusqu’ici, elle gérait elle-même beaucoup de clients, accompagnée par son fils, Louis, et son mari, Thierry. Mais devant la croissance de son activité, Norki devra embaucher des commerciaux.
Alors qu’à ses débuts, l’entreprise travaillait en B to B avec des architectes d’intérieur. Depuis deux ans, elle est davantage orientée vers le B to C, un segment qui absorbe désormais 50 % de sa production. « J’aimerais que les ventes atteignent 80 % en B to C, car le marché vers les professionnels est plus restreint », observe la dirigeante.
Entrreprise accélérée et du patrimoine vivant

En septembre dernier, Norki a ouvert un site d’e-commerce dans le but de travailler la notoriété de la marque et le storytelling. Elle est également présente sur les réseaux sociaux. Elle crée chaque année deux collections d’une vingtaine de produits, et parfois une collection « capsule. » La première boutique a ouvert ses portes en 2021 à Megève, suivie par Paris et Gstaad en 2023. « Les boutiques nous ont apportés une vraie visibilité auprès du grand public », poursuit Sonia Linard.
La PME alsacienne a également obtenu la reconnaissance professionnelle en devenant Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV) en août 2023. « Ce label a été une étape émouvante pour nous. Il marque un aboutissement pour notre entreprise », affirme la dirigeante. L’an dernier, Norki a également été sélectionnée pour faire partie de l’Accélérateur des Métiers d’Art porté par Bpifrance et le ministère de la Culture. Pendant 18 mois, la société est accompagnée et conseillée par un consultant pour développer ses ventes et affiner sa stratégie marketing.
La croissance de l’entreprise s’est aussi accompagnée d’investissements. En 2024, de nouveaux équipements ont intégré l’atelier : une machine à coudre à bras long pour la confection des tapis, et une grande brodeuse. Une partie du matériel informatique a également été renouvelé. L’investissement s’est élevé à environ 800.000 euros. Cette année, pour l’ouverture des boutiques américaines, Norki prévoit un budget d’un million d’euros.



































.jpg)







.png)
















