Experte des plantations forestières, la petite structure artisanale établie près de Dole est devenue en moins de trois ans une belle PME. Cette trajectoire remarquable a été impulsée par Julie Deroubaix-Zali. Elle dirige avec maestria l'entreprise de sylviculture, depuis le décès de son père Daniel Gerriet, fondateur en 2017.
En s’installant à l’automne dernier dans un bâtiment tout neuf à Bans, entre Dole et Arbois (Jura), la société Ets Gerriet D est sortie d’une certaine discrétion. Cette entreprise de sylviculture constitue pourtant un acteur majeur des plantations forestières en France. Employant 35 salariés - un chiffre porté à 40 en saison haute avec le recours à des travailleurs détachés - la PME est spécialisée dans le broyage des rémanents (les morceaux de bois laissés au sol après une coupe), la préparation des sols et les plantations de jeunes arbres, qui sont effectuées à la main.
« Nous sommes les petits orfèvres de la forêt. Planter des arbres, c’est le plus beau métier du monde ! », revendique avec enthousiasme Julie Deroubaix-Zali, la dirigeante. Elle a repris les rênes de l’entreprise de sylviculture au printemps 2021, après le décès de Daniel Gerriet, son père, qui l’avait créée en 2017 dans la ferme familiale de Souvans, une commune voisine du Val d’Amour. Avant la disparition de son fondateur, la petite structure comptait cinq employés, dont Julie arrivée en 2019. « A l’époque, mon père m’a tendu les clés d’une pelle, et c’était parti. J’ai appris à ses côtés : la forêt ça se vit. J’avais un papa passionné. Quand il m’a légué la société, il ne m’a pas demandé d’y arriver, mais au moins d’essayer », témoigne-t-elle.
Malgré des débuts très difficiles – départ de presque tous les salariés, perte de clients – Julie Deroubaix-Zali a fait mieux que maintenir la société à flots : elle a réussi à la développer de manière spectaculaire. En 2024, le chiffre d’affaires a atteint 3 millions d’euros, dégageant « 200.000 euros de bénéfice » souligne-t-elle avec une fierté bien légitime. Cette croissance repose sur la mise en place de contrats d’entretien après la plantation, d'une durée de cinq ans calquée sur celle des plans de gestion forestière. « Une telle organisation nous permet de décrocher davantage de volume de travail. J’ai misé sur le fait de tout faire de A à Z afin de se doter d'une plus grande marge de manœuvre », explique-t-elle en faisant valoir une « visibilité, en termes d’activité, sur au moins les trois prochaines années. »
Trois millions d’euros d’investissements

En parallèle, près de 2 millions d’euros ont été investis dans le renouvellement complet du parc machines, qui comprend aujourd’hui sept pelles, deux chenillards, un tracteur forestier et dix véhicules utilitaires. « Pour y parvenir, je me suis endettée auprès de sociétés de crédit car les banques ne m’ont pas suivie », regrette Julie Deroubaix-Zali. Cette approche globale a permis d’élargir et de fidéliser une clientèle constituée de gestionnaires d’actifs comme la Société forestière, filiale de la Caisse des Dépôts, d’importants propriétaires forestiers et de particuliers.
En 2023, Ets Gerriet D a planté 1 million de jeunes arbres – fournis principalement par les pépinières Millon de Chéu (Yonne) – ce qui représente environ 700 hectares. L’inauguration des nouveaux locaux de Bans, en septembre dernier, a également marqué un tournant. Près d’un million d’euros ont en effet été injectés dans la construction de 550 m2 de bureaux et de dépôt au cœur de la dynamique zone d’activités « Espace Grévy » aux portes de Mont-sous-Vaudrey. « Avec ce bâtiment, nous prenons de l’importance, observe la cheffe d’entreprise qui a choisi avec soin la décoration et le mobilier. C’est plus facile d’imposer une certaine forme de rigueur, mais l’ambiance reste familiale. »


Sa détermination et son courage forcent le respect. Après avoir perdu, à deux ans d’intervalle, son mari et son père, Julie Deroubaix-Zali a dû se battre pour sauver l’entreprise familiale. « C’était vraiment dur. D’avril à septembre 2021, je n’ai pas encaissé un euro, personne n’a compris pourquoi je reprenais, rembobine-t-elle. Je n’étais pas crédible, mais moi je n’ai jamais douté. » La dirigeante ne sait pas vraiment expliquer comment s’est produit le « déclic » qui lui a permis de faire décoller l’activité d'Ets Gerriet D. « J’ai dit aux clients de me faire confiance, j’ai embauché trois personnes et on a eu des beaux chantiers », constate la jeune mère de famille de 37 ans, qui avait toujours travaillé à son compte auparavant, après une formation de coiffeuse.


































.jpg)

















.png)





