À Dole, le fabricant de petits-beurre, langues-de-chat (le dernier en France) et autres fourrés au chocolat, pour les marques de distributeurs et en sous-traitance, soigne sa responsabilité sociétale. Tout en investissant massivement afin de muscler ses moyens de production et son offre. Une ligne de production de 6 à 7 millions d'euros est attendue dans un an.
Début décembre, l’usine de Biscuits Bouvard à Dole, dans le Jura, a stoppé l’une de ses cinq lignes de production pendant deux semaines. Le temps de remplacer le four à gaz par un modèle électrique. L’acquisition de cet outil, le premier du genre pour l’entreprise, a nécessité un investissement de 600.000 euros.
D’un montant 20 % plus cher qu’un appareil à gaz, elle s’inscrit dans la trajectoire de décarbonation à 10 ans définie par la maison-mère, basée à Ceyzériat, près de Bourg-en-Bresse, dans l’Ain (voir encadré). Elle illustre, plus largement, l’ambitieuse démarche RSE (responsabilité sociétale de l’entreprise) déployée à Dole, où 180 salariés, dont une trentaine d’intérimaires, pétrissent, cuisent et emballent des gâteaux secs et sucrés : petit-beurre, fourrés au chocolat…
On y dore même des langues-de-chat et des tuiles aux amandes, deux produits « compliqués à industrialiser que nous sommes les derniers à confectionner en France », souligne Olivier Euvrard, le directeur. Spécialisée dans les gammes bio et diététiques (*) pour les marques de distributeurs, l’usine travaille aussi à façon, pour le compte d’autres fabricants.
Soucieuse de ses « parties prenantes », selon le terme consacré en matière de RSE, la biscuiterie s’est dotée de filières d’approvisionnement locales assises sur des contrats-cadres pluriannuels. Ainsi, le blé cultivé en Bourgogne-Franche-Comté est écrasé par deux minoteries jurassiennes, Mignot à Vaux-sur-Poligny et Sauvin à Patornay. « Pour le beurre conventionnel, nous nous sommes engagés à acheter les excédents de la coopérative de Nozeroy (Jura), ce qui représente 10 à 15 % de nos volumes », cite également en exemple Olivier Euvrard.

De la même manière, le groupe soigne l’intégration et la montée en compétences de ses collaborateurs. En parallèle de la « Bouvard Académie », une école de formation interne proposant des modules en e-learning, un parcours a été mis en place en février dernier à destination des intérimaires. « Au bout d’une semaine dans l’entreprise, un point est effectué avec chacun d'eux et son chef d’atelier. S'il souhaite s’investir, nous lui proposons de suivre une formation et d’être accompagné par un tuteur volontaire, décrit le responsable, qui collabore avec l’agence Altera Interim du groupe jurassien Demain. Ce système réduit le turn-over des intérimaires et apporte de la sérénité dans l’usine. »
Deux lignes de fabrication supplémentaires

Le biscuitier jurassien, qui accueille des ruches et un refuge LPO pour les oiseaux, n’en oublie pas pour autant sa vocation première, économique. En 2023, il a investi 4 millions d’euros dans l’extension du bâtiment bientôt quinquagénaire, passé de 10.000 à 15.000 m2.
À terme, deux lignes de fabrication supplémentaires y seront installées. Objectif : augmenter de 30 % la capacité de production aujourd’hui établie à 9.000 tonnes par an, soit 65 millions de boîtes. La première, qui devrait coûter « entre 6 et 7 millions d’euros », est attendue pour fin 2025. Elle sera dédiée à des produits innovants en cours de développement, dans la plus grande confidentialité. « Nous allons proposer une rupture de gamme avec des matières premières nouvelles », se contente d’indiquer Olivier Euvrard.
Propriété depuis 1990 de la famille Lainé, le groupe Biscuits Bouvard s’est constitué par les rachats successifs de biscuiteries indépendantes, en France puis à l’étranger. C’est dans ce cadre qu’il a repris, en 1996, l’usine Alina (contraction d’Aliment Naturel) de Dole construite en 1975. L’ensemble rassemble aujourd’hui 17 sites de fabrication dont 7 à l’étranger (Italie, Belgique, Royaume-Uni et Etats-Unis), totalisent un effectif d'environ 2.000 salariés.
Le groupe produit annuellement plus de 100.000 tonnes de biscuits, pâtisseries, snack frais et pâtes prêtes à garnir pour les professionnels. Il a réalisé un chiffre d’affaires de 550 millions d’euros en 2023.
(*) C’est-à-dire assorties d’une allégation nutritionnelle telle que « allégé en sucres » ou « riche en calcium »



























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