Entre le Pays de Montbéliard et Besançon, les deux communautés de communes du Pays de Sancey-Belleherbe et des Deux Vallées Vertes unissent leurs forces pour développer un outil de promotion et d’accompagnement de l’implantation et croissance d’entreprises sur leur territoire conjoint. Mais Verdustria, ainsi qu'il est dénommé, n'est pas une agence économique comme les autres. Elle fonctionne sans staff dédié, par réseau, en se reposant avant tout sur ses entrepreneurs pour en faire ses promoteurs et ambassadeurs auprès de leurs pairs. Autour d’un argument-clé : ici l'industrie peut s'épanouir, grâce à une main d’œuvre fiable, au milieu d’un environnement naturel agréable. Une première PME s'en est montée convaincue, pour amener 25 emplois.
C’est l'un de ces territoires « intersticiels » qui réfute l’hypothèse de devenir un vide entre deux pôles d’attraction. A mi-chemin de Montbéliard et de Besançon, les communautés de communes du Pays de Sancey-Belleherbe et des Deux Vallées Vertes dans le Doubs entendent réaffirmer, et prouver, qu’industrie et ruralité peuvent constituer un duo harmonieux et fructueux. Pour y parvenir, elles constituent un outil original : Verdustria.
Officiellement lancée le 27 juin dernier, cette association se définit comme une agence de développement économique, mais pas comme les autres. Pas de staff dédié, mais un réseau d’accompagnateurs des entreprises déjà présentes et des candidates à venue sur place, issu à la fois des collectivités et du monde économique. Cette alchimie confère sa caractéristique à Verdustria, à partir de cette conviction : « Un territoire qui croit en ses forces et sait les rassembler devient moteur de croissance », exprime Frédéric Cartier. Le président de Verdustria en incarne la double identité : notaire de profession à Pays de Clerval, il est vice-président au développement économique à la comcom du Pays de Sancey-Belleherbe.
Ces atouts consistent en une disponibilité et un prix limité du foncier alors que le zéro artificialisation des sols le rend plus rare en général : au cumul, 10 hectares sont aujourd'hui prêts à accueillir des implantations, dont cinq par l’extension de la zone d’activités de Rang l’une des six du territoire de Verdustria. S'ajoutent la qualité et complétude des services à la population, l’attrait d’un cadre de vie entouré de nature, sans être nullement coupé du monde : 100 % du territoire est connecté à la fibre optique et il se raccorde à l’A 36 comme à la RN 57. Par dessus tout, le « respect » de l’industrie est mis en avant, un « point qui gagne en importance » selon Frédéric Cartier, allusion aux endroits où de nouvelles implantations ne sont pas bien vues et bienvenues.
Tout le contraire ici, selon les promoteurs de Verdustria, qui se recrutent parmi plusieurs dirigeants d’entreprise dont le parcours en impose. On y trouve Gilles Devillers le fondateur de Metalhom établi dans le Pays de Montbéliard, Lionel Vermot de l’entreprise éponyme de bâtiment à Rang, et les incarnations de l’entreprise locale phare, Delfingen devenu un géant mondial de sa spécialité les protections de câbles : Bernard Streit son dirigeant jusqu’à la transmission à son fils Gérald, et Christophe Clerc le vice-président.

« Dans ce coin de Franche-Comté, on aime l’industrie, on y cultive une tradition qui engendre une main d’œuvre qualifiée, consciencieuse, fidèle, la base de la réussite en somme », soutient Bernard Streit. L’industrie concentre un peu plus de 20 % de la population active des deux communautés de communes alliées, une proportion bien supérieure à la - trop faible - moyenne nationale de 13 %.
Des permanences et une assistance téléphonique en chair et en os
La fondation Action Philippe Streit que son frère Bernard préside montre aussi l’exemple, de façon spécifique avec les 130 emplois créés dans les activités pour des personnels en situation de handicap. Elle a accueilli le lancement de Verdustria et le cœur de l’association battra à son voisinage. Rue Streit à Anteuil se dérouleront les permanences du mardi après-midi, pour la réponse aux questions que peuvent se poser les entrepreneurs : foncier, bâtiment adapté, démarches administratives, accès aux réseaux pertinents, montage des dossiers de financement… Ces interrogations n’auront pas à attendre le rendez-vous présentiel de la semaine suivante pour être dénouées : une permanence téléphonique ininterrompue est également mise en place en parallèle.

La démarche, assurent les initiateurs, n’entend pas concurrencer les agences économiques dûment constituées, à commencer au niveau régional par l’AER-BFC, qui a participé à la manifestation de lancement fin juin. Si « un gros poisson » venait à être capté, « nous orienterons l’instruction du dossier vers ceux qui sont outillés pour le faire », souligne Frédéric Cartier. Mais Verdustria ne prétend, ni surtout ne revendique pas de « tout » saisir. L’hypothèse des plateformes logistiques est écartée par principe, eu égard à son faible rapport entre consommation de foncier et création d'emplois. « A priori » aussi, Verdustria ne se voit pas en territoire d’attraction pour les start-ups.
Encore une fois, l’industrie est mise en avant dans l'action de prospectif, autour du profil-cible des PME de production de quelques dizaines de salariés...ou plus. Une première référence arrive, annoncée lors du lancement : Def-Tec, filiale du Franc-Comtois Cattinair et originaire de Haute-Garonne, va implanter une unité de 25 personnes à Rang, dans ses activités de matériels et solutions de dépoussiérage, filtration et traitement de l’air pour l’industrie. Un début encourageant pour Verdustria, qui peut servir d’amorce.








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