Dans la foulée d'un programme d'extension achevé l'an dernier, l'entreprise de composants et d'ensembles mécano-soudés relance une augmentation de capacité d'ici à 2027, doublée d'une digitalisation accrue de son process. Elle maintient aussi la cadence des embauches, soit une dizaine par an. Nucléaire, défense, ferroviaire, manutention, etc. ses bastions de clientèle sont en croissance.


La roue des investissements n’en finit pas de tourner chez Metalhom, fabricante d’ensembles mécano-soudés à forte valeur ajoutée technique auprès de constructeurs de biens d’équipements dans des secteurs tels que le ferroviaire, la défense, le nucléaire, les équipements pour les travaux publics ou la manutention.

La PME de Brognard (Doubs) est passée, en début d’année, presque sans transition, de la livraison de son précédent programme de 9 millions d’euros à un nouveau développement jusqu’en 2027 auquel elle consacre un budget de 6.5 millions d’euros. Si bien que depuis ses débuts en 2013, elle a investi au cumul 26 millions d’euros en faveur de son site implanté dans la zone Technoland du Pays de Montbéliard. 

Le nouveau programme pluriannuel conjugue l’augmentation de capacité avec l’arrivée de nouvelles technologies : « Il s’agit pour nous de rentrer encore plus résolument dans l’industrie 4.0, d’où les investissements que nous engageons pour des îlots robotisés, la digitalisation, l’application de l’intelligence artificielle, et de poursuivre dans le même temps la diminution de notre empreinte carbone », décrit Gilles Devillers, fondateur et actionnaire majoritaire de Metalhom.

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La PME compte ainsi consolider ses positions fortes selon un business plan contribuant ainsi à sa croissance. En un an, son chiffre d'affaires a grimpé de 36 à 55 millions d’euros au 31 décembre 2023. Pour l’exercice 2024, Metalhom table sur une stabilité de ses activités, à 52 millions d’euros, dans un contexte de baisse des appels de livraisons.

Celui-ci ne remettra pas en question l’indéniable marche en avant qui caractérise la société depuis sa naissance en 2013. Car les fondations en sont profondes : « Nous sommes parvenus à nous imposer comme fournisseur de rang 1. Nous participons au développement de produits puis revenons dans la chaîne de réalisation pour assurer la fabrication de récurrence », décrit Naima Cottin, présidente. Les dirigeants estiment que l’entreprise doit ce statut solide à « l'addition des investissements en compétitivité, des qualités de service et des compétences » depuis son origine. Elle lui permet d’élaborer une offre globale « à haute valeur ajoutée technique. »

 

Ecosystème de sous-traitants locaux

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Metalhom poursuit sans discontinuer la modernisation de son parc de machines, qui comprend des découpeuses au laser. © Metalhom


Metalhom a su, en outre, développer un « écosystème de quelques dizaines » de partenaires sous-traitant. Ils sont concentrés pour l’essentiel dans le Nord Franche Comté, où elle-même a installé ses 14.000 m2 (dont 1.120 m2 issus l’an dernier de la dernière extension dans le cadre du précédent investissement).

Le bâtiment et les machines sont certes indispensables, mais la qualification du personnel l’est tout autant. Lui aussi s’étoffe, au fur et à mesure des programmes d’expansion et modernisation. Celui en cours s’accompagnera de l’embauche de 30 personnes jusqu’en 2026/27. Les recrutements seront proposés en priorité aux intérimaires qui s’ajoutent à l’effectif permanent de 115 salariés. « Nous tenons ainsi notre cadence de référence d’une dizaine d’embauches en CDI par an », souligne Naima Cottin.

Sur ce plan, pas de surprise dans le constat que dresse le fabricant de composants métallurgiques : la « chasse » aux candidats n’est pas aisée, pour les métiers pointus recherchés du soudage, de l’usinage, de la découpe oxycoupage ou de la découpe laser. Metalhom la mène tous azimuts. Le levier actionné à partir de 2020 de la création d’une formation en propre, par un CPQM (certificat de qualification paritaire de la métallurgie) n’a pas été concluant : « Les rares candidats finalement intéressés sont partis, vers la Suisse notamment. Nous avons en fait servi de centre de formation pour les autres », relève Naima Cottin.

 

La voie du recrutement de seniors

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Machines de grande dimension oblige, l'activité de la PME se répartit dans un vaste bâtiment de 14.000 m2 dont un agrandissement de 1.120 m2 opéré à l'occasion du précédent investissement au début des années 2020. © Metalhom


L'entreprise continue alors de miser sur d’autres canaux : agences d’intérim, cabinets de recrutement, mais aussi l’Epide (Etablissement pour l'insertion dans l'emploi), l'organisme montbéliardais IDEIS, l’Ecole de la deuxième chance, le CFAI (centre de formation des apprentis de l'industrie) d'Exincourt de l'UIMM, et désormais la nouvelle Ecole de production de Belfort, dont elle fait partie des cofondatrices. « Nous recrutons sur la base du savoir-être. Le parcours initiatique, nous le réalisons en interne, avec nos salariés tuteurs », souligne Naima Cottin, également directrice administrative et financière et des ressources humaines. La politique de rémunération se veut très attractive, grâce à une redistribution de 15 % du résultat courant avant impôt, ce qui ropulse un opérateur gagnant 2.000 euros bruts par mois à une rémunération annuelle de… plus de 18 mois.
 

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Par ailleurs, un « filon » de recrutement s’avère de plus en plus pertinent : celui des seniors. « Nos quatre dernières embauches ont concerné des personnes de plus de 55 ans », signale Naima Cottin. Disponibles, souvent dotés de l’expérience requise pour les métiers de la PME, ils « se montrent séduits par notre projet d'une fin de carrière qui les rend aussi encadrants des jeunes pour la transmission des savoirs et des compétences », observe la dirigeante. Toutes ces actions, ont permis à Metalhom d’être lauréate du Prix Rally’Nov 2023 de l’ARACT (Agence régionale pour l'amélioration des conditions de travail) de Bourgogne-Franche-Comté.

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