Une goutte de sang prélevée, puis l’intelligence artificielle et le Big data font le reste… ou presque. Cette innovation pour prescrire le traitement d’une polyarthrite rhumatoïde le plus adapté revient à mYXprεssion, une start-up de Dijon. Accompagnée par le Réseau Entreprendre Bourgogne, elle est l’une des 21 entreprises mises en lumière lors de la soirée annuelle des lauréats qui s’est déroulée hier 27 juin à Dijon, sous la présidence de Blandine Mulliez, présidente de la Fondation Entreprendre®

En France, on compte environ 300.000 personnes souffrant de polyarthrite rhumatoïde, dont seuls les cas les plus sévères sont traités à l’aide de biothérapies. Médecine de l’espoir pour les malades, ces biothérapies demeurent très onéreuses et ne débouchent sur une rémission de la maladie que dans environ 40 % des cas.
Et c’est là qu’intervient mYXprεssion, une start-up dijonnaise qui déploie des trésors d’intelligence artificielle pour parvenir à cibler, parmi la dizaine de traitements biothérapeutiques, lequel est le plus adapté à la maladie spécifique de chaque patient. « Lorsqu’ils prescrivent une biothérapie, les médecins ont généralement recours à la plus connue, la thérapie anti-TNF alpha ; ils n’en prescrivent une autre qu’en cas d’échec de ce traitement », analyse Jean-François Robineau, l’un des deux fondateurs de mYXprεssion, avec le Docteur Jean-François Prugnot.

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Pour sortir de cette logique, l’entreprise a compilé toutes les études cliniques génomiques internationales publiées, et, après une dizaine d’années de recherche, conduites par le Docteur Jean-François Prugnot, a développé un algorithme ainsi qu’un modèle d’intelligence artificielle chargé de dresser le profil biologique précis du patient, à partir d’une simple goutte de sang.
Dans celle-ci mYXprεssion cartographie l’ARN Messager, une donnée éphémère, qui diffère d’un profil génétique complet, qui est ensuite passé au modèle d’intelligence artificielle. Après vient la phase informatique, réalisée par Réseau Concept à Dijon, que nous explique Jean-François Robineau : « Nous avons une phase de calculs massifs qui dure plusieurs jours, durant laquelle l’algorithme regarde les données sous tous les angles afin de mettre en évidence des éléments qui nous intéressent pour caractériser la maladie avec précision ». Ce faisant, elle peut conseiller la biothérapie qui sera, selon son modèle, la plus adaptée, avec au final des chances de rémission plus élevées.

Mybox, un kit de prélèvement malin

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© Arnaud Morel.
Pour réaliser son test, mYXprεssion a besoin d’une goutte de sang, placée sur deux supports stériles de type coton tige. Elle a développé un kit d’auto-prélèvement prêt à l’emploi, qu’elle expédie à ses clients, le Mybox. Outre deux petites seringues, et deux bâtonnets de prélèvement, le kit arrive avec des indications claires sur la manière de prélever le sang puis de le placer sur son support, et enfin de l’enfermer dans plusieurs enveloppes stériles. L’ensemble est ensuite remis au transporteur UPS, qui l’achemine ensuite pour analyse. Le prélèvement reste valable une quinzaine de jours, tandis que le résultat du test arrive dans un délai compris entre un mois et 6 semaines.

Premières commercialisations au mois de mai

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Jean-François Prugnot, l'un des fondateurs de mYXprεssion avec Jean-François Robineau. © Arnaud Morel

Le pari de mYXprεssion est aussi audacieux que risqué : pour l’heure, le test qu’elle propose n’est pas remboursé par la Sécurité Sociale, et demeure intégralement à la charge du patient, ce qui représente un investissement de 750 €. « Nous sommes en discussion avec l’assurance maladie, pour qui les biothérapies pour lutter contre la polyarthrite représentent environ 600 millions d’euros à l’année (en 2015), mais ça avance doucement, nous avons donc choisi de lancer notre test sur le marché », justifie le cofondateur. 

Les premières commercialisations, intervenues au mois de mai 2019, restent confidentielles, la société ne réalise aucun chiffre d’affaires à ce stade. Disposant d’un capital social de 60.000 €, la start-up se finance sur fonds propres, avec notamment un prêt de Bpifrance. L’ouverture du capital social et une éventuelle levée de fonds interviendront plus tard. « Nous comptons deux salariés et nous sommes tranquilles pendant deux ans sur le plan financier », précise-t-il. La start-up fonctionne sur deux implantations : les services commerciaux et marketing à Dijon, la recherche et le séquençage à Lyon. Elle espère partir à la conquête des USA une fois son business établi en France.

 

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Les autres lauréats de Réseau Entreprendre Bourgogne

Le réseau d’accompagnement des créateurs et repreneurs d’entreprises a connu en 2018, des résultats « historiques », selon son président  Franck Béguin qui pilotait hier 27 juin sa première soirée des lauréats : 180 membres engagés, 26 nouveaux lauréats (21 entreprises), 180 emplois déjà créés ou sauvegardés, 860.000 € de prêts d’honneur accordées et 6 millions d’€ de prêts bancaires associés.

 Stéphane BRARD, Overview Immersive Technology. Jeune ingénieur de L’ISAT (Institut Supérieur de l’Automobile et des Transports) en filière mécanique, énergétique et électronique à Nevers, il a créé sa société en septembre 2018 dans la zone d’activités du circuit de Magny-Cours (Nièvre). Elle est spécialisée dans la conception et la vente de dispositifs d’hyper-immersion auprès de constructeurs et d’exploitants de simulateurs de conduite (automobiles, aéronautiques).
Lire ici l’article de Traces Ecrites News.

Franck ARRAS, AMME. Il a repris cette société de machines d’assemblage et d’emballage à Brazey-en-Plaine (Côte-d’or). Lire ici l’article de Traces Ecrites News.

Patrice RIVIERE, PRIVTECH. Ce spécialiste en mécanique a créée sa société à Nevers grâce au rachat du fonds de la société RDM. Il développe des moteurs de compétitions et des moyens d’essais véhicules innovants sur un banc d’essais moteur qui constitue son premier gros investissement.

Victor LANDRÉ, et Yong Gon YI, VILUX. Le premier expert en science spectrale  le second en Led se sont associés pour développer une technologie UV (ultraviolets).

Vincent LOISY, New LM. Ancien directeur financier, il a recréé  en juillet 2017, l’activité de son père après une transmission faite en 2009 qui avait conduit au dépôt de bilan en 2016. Il développe à Mâcon (Saône-et-Loire) une activité « garage » pour des remorques et cabines de poids lourds avec la spécialité de redressage de châssis.

David SADIGH, OPHELIB. Consultant dans le médico-social  après un Master d’économie « Management et évaluation des organisations de Santé», David Sadigh a créé en juillet 2017 à Chenôve, dans l’agglomération de Dijon, des services d’aide à domicile, dont les aspects logistiques sont gérés automatiquement.

Tifanny MORET, PIQUOTI. Spécialisée en Master 2 dans l’entrepreneuriat et l’innovation, Tifanny Moret a lancé « l’Instagram de l’agenda » qui permet à l’utilisateur de partager de façon permanente son quotidien en images. Sa société est basée à Charnay-lès-Mâcon (Saône-et-Loire)

Élisabeth LEBEGUE, Poterie Normand SN.  De formation en commerce international, et après un parcours commercial sur les marchés du luxe, elle a repris les actifs de cet atelier de fabrication de pots en grès alimentaire et ornemental à Saint-Amand-en-Puisaye (Nièvre).

Claire GENET, LA FERME D’ULTÉRIA. Elle vend en direct la production issue de son élevage de chèvres et de poules pondeuses, à Saint-Bris (Yonne) et veut développer l’accueil touristique.

Benoit TAILLEFERT et  Sylvain GAUTIER, VINOSOFT. Les deux associés basés à Dijon conçoivent et commercialisent un logiciel de gestion de stock et de gestion commerciale à destination des domaines viticoles.

Sébastien BRICOUT, DOMAINE DU GOÛT. Depuis Fontaine-lès-Dijon, ils proposent des coffrets de dégustation de 3 vins différents conditionnés en Vinottes (échantillons). Une fois goûté, le vin choisi est envoyé en bouteille de 75 cl suivant la quantité demandée.

Pierrick BRUCHON, DOCOLAB. Il s’agit d’une solution de gestion de documents réglementaires et contractuels pour les entreprises. Elle est administrée depuis un portail internet et une application mobile qui permet la saisie de rapports en temps réel. La société est basée à Longvic, dans l’agglomération de Dijon.

Marc RIEDEL, AUM Biosync. Ce docteur en chronobiologie et en sociologie, également pompier, s’appuie sur les technologies mobiles, le big data et l’intelligence artificielle afin d'optimiser la collecte des ressources opérationnelles des services d’urgence et de sécurité civile, afin de les rendre accessibles en temps réel. Il est installé à Mâcon.

Laurent BOIDRON et Florent DA ROCHA, AnthroPi. Ils sont conçu un simulateur d’appel pour les professionnels de la santé pour le traitement de la régulation des alertes, des appels, et de la gestion de crises. AnthroPi est basée à Boindron (Côte-d’Or).

Bruno DUPERRIER, Morphée +. Il développé un projet de micro radar de la dimension d’un smartphone afin d’améliorer la sécurité et le bien-être des résidents d’EHPAD (détecteurs de chute, alertes respiratoires etc.).
Lire ici l’article de cette société de Dijon, sur Traces Ecrites News.

Michel RÉVEILLON, MGO. Ce cadre de l’industrie a repris en 2018 cette société de mécanique générale et outillage qui cite deux sites, Varanges (Côte-d’Or) et Gray (Haute-Saône). Lire ici l’article de Traces Ecrites News.

Gabriel BERNIER, Fanny LECOINTRE et Anaïs JANEIRO, L’Atelier à croc. Ils développent depuis Dijon, une gamme de produits extrudés à base de légumineuses. À lire prochainement sur Traces Écrites News.

Hervé DURAND, KURA DE BOURGOGNE. Saké-sommelier depuis 2013, il a créé à Vendenesse-les-Charolles (Saône-et-Loire)  la première fabrique européenne de saké et de condiments japonais avec des recettes traditionnelles, sous certification Bio.

Yannick Davouse, IDXPROD. À la suite d’un parcours industriel de 20 ans dans des fonctions techniques, managériales, puis en direction générale et innovation, il créée sa société, ce sera dans la communication avec une prédilection pour l'image 3 dimensions, et à Auxerre (Yonne).

Lionel STEINMETZ, LE ROMAN DE MA VIE. Après des années à travailler dans le domaine vétérinaire, il décide de réaliser des biographies rédigées par des narrateurs à partir de questionnaires écrits, entretiens téléphoniques ou entretiens face à face, à l’occasion d’événements personnels.

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