Reprise il y a un an par Michel Réveillon, l’entreprise de mécanique de précision et d’outillage MGO s’apprête à réaliser un gros investissement à Gray, en Haute-Saône, l’un de ses sites de production avec Varanges en Côte-d’Or. Cadre de l’industrie, le nouveau dirigeant a fédéré beaucoup de partenaires pour faire aboutir cette opération de transmission. Narration.

C’est l’histoire d’une transmission entourée de prévenance et d’un repreneur opiniâtre. Michel Réveillon, directeur technique et commercial dans l’industrie a repris en avril 2018, la société de mécanique générale et outillage MGO à Varanges, près de Genlis (Côte-d’Or) qui possède un atelier secondaire à Gray (Haute-Saône). Un joli départ malgré quelques embûches commerciales peu après la transmission (la perte d'une grosse commande), si bien que le dirigeant n’a pas résisté – événement singulier – à fêter le premier anniversaire de la reprise de cette entreprise de 24 salariés.
L’atelier avait été mis au repos le 14 juin dernier pour accueillir les partenaires et clients de cette petite société qui réalise un chiffre d’affaires de 2,4 millions d’€. Franc-comtois, de la région de Saint-Vit (Doubs), Michel Réveillon avait à coeur de rester dans sa région, raconte-il,  lorsque, à la cinquantaine venue, il décide de devenir entrepreneur. Il entre en contact avec la CCI du Doubs qui anime le dispositif Visa Reprise (voir encadré) de détection de repreneurs d’entreprises et  d’accompagnement à la transmission. Il visite treize sociétés de mécanique et d’usinage, le secteur qu’il avait appris à bien connaître dans son parcours professionnel : 23 années comme responsable du bureau d’études conception produits et du service industrialisation de Defta Airax/Trelleborg, équipementier automobile à Besançon.


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Douze entreprises à céder se situent en Franche-Comté, une en Côte-d’Or, MGO à Varanges, près de Genlis. Finalement, il accepte de s’éloigner un peu de ses racines, séduit, dit-il, par la qualité de contact avec les cédants et les compétences du personnel, tourneurs et fraiseurs qualifiés, des métiers devenus rares.
Les bonnes fées se penchent sur son berceau, tant pour l’aider à acquérir les compétences d’un dirigeant que pour financer le rachat. Michel Réveillon suit d’abord une formation de 3 mois "Reprise d’Entreprise" dispensée par la CCI de Franche-Comté et financée par le conseil régional. Les cédants l’accompagnent pendant six mois. Puis, il engage avec l’UIMM Côte-d’Or, un cursus de dirigeant prévu sur deux années. Il sera enfin proclamé lauréat du réseau Entrependre Bourgogne le 27 juin prochain, parrainé par Olivier Guilbert, gérant de la métallurgie Pavelot à Dijon.

450.000 € pour une une fraiseuse de grande capacité

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L'atelier de Gray où MGO engage un investissement de 450.000 € dans une fraiseurse de grande dimension. © MGO.

Côté finances, le rachat s’effectue à travers une holding avec le soutien du Crédit Agricole et de Bpifrance. La région Bourgogne Franche-comté lui fait une avance remboursable pour financer ses investissements matériels. Le Réseau Initiative Côte d'Or lui accorde un prêt d’honneur ainsi que Réseau Entreprendre Bourgogne.
Ce dernier, de 30.000 €, est doublé par l'Union des Industries et Métiers de la Métallurgie Côte d'Or (UIMM 21), dans le cadre d’une toute nouvelle convention à l’échelle nationale avec le réseau Entreprendre destinée à « favoriser la reprise d’entreprises par des cadres face aux nombreux départs à la retraite de dirigeants de PME », précise Michel Guérit, président de l’UIMM 21.

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L'atelier de Varanges est spécialisé dans les petites séries pour des clients de l'industrie : électronique, automobile, médical, métallurgie etc. © Sandrine Bourgeois/Activalliance.

Malgré tout cette première année ne fut pas un long fleuve tranquille. La perte d’une grosse commande bouleverse le business plan à court terme. « Il a fallu chercher de nouveaux marchés et heureusement aujourd’hui, nous avons rattrapé le retard », affirme Michel Réveillon. Si bien que de nouveaux investissements sont à l’ordre du jour.
Le plus important, d’un montant de 450.000 €, concerne le site de Gray (hérité de la reprise de l'activité usinage d'une société en dépôt de bilan) qui sera doté en octobre d’une fraiseuse à commande numérique de grande capacité. Ses six salariés travaillent sur des moyennes séries de pièces et ensembles mécano-soudés. À Varanges (18 salariés), le parc d’une vingtaine de machines d’usinage et de fraisage, dont certaines à commande numérique et d’autres plus « vintage »,  est dédié aux petites séries jusqu’à 500 unités.
« Il nous arrive souvent de ne faire qu’une seule pièce, un prototype », précise le dirigeant qui s’emploie également à développer une autre activité, la fabrication de machines spéciales, depuis la réalisation des outillages, au montage et à la mise au point. Il souhaite aussi renforcer ses compétences en CFAO et déployer une organisation en Iso 9001 pour renforcer ses chances de réussir son objectif de porter le chiffre d’affaires à 3 millions d’€ d’ici 4 ans avec l’embauche de 5 personnes. Pour l’heure, le dirigeant cherche à remplacer un fraiseur qui part prochainement à la retraite et à en recruter un supplémentaire.


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Au départ, fut Visa Reprise

Créé en 2008 à l’initiative de la CCI du Doubs, Visa Reprise a pour but de détecter les futurs repreneurs aptes à pérenniser les PME industrielles, de BTP et de services à l’entreprise, dont leur dirigeant part à la retraite. Les candidats à la reprise sont invités à démontrer leur détermination et leurs compétences avant que ne leur soit présenté une ou plusieurs entreprises à reprendre, dans le secteur d’activité qui leur sied le mieux.
L’accompagnement du candidat s’achève lorsque la reprise est effective, sachant, comme le souligne Pierre Lacanal, l’animateur du dispositif, « que le temps moyen pour reprendre une entreprise se situe de façon quasi invariable entre 18 et 24 mois. »
Visa Reprise est dorénavant sous gouvernance commune des CCI du Doubs, du Territoire de Belfort, du Jura et de Haute-Saône, du Comité régional de la Fédération Bancaire Française, du Conseil régional de l’ordre des experts-comptables Bourgogne Franche-Comté, de la Chambre interdépartementale des notaires de Franche-Comté et de l’ordre des avocats du barreau de Besançon. Tous ces partenaires constituent le comité de qualification du postulant qui évalue ses capacités entrepreneuriales et la cohérence de son projet.
« J’ai recueilli des conseils très avisés, dans de nombreux domaines. Et la relation avec les membres du groupe de pilotage m’a permis d’élargir considérablement mon réseau », commente Michel Réveillon, le repreneur de MGO.
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Michel Réveillon (à droite) a présenté à ses invités les salariés du site de Varanges. © Traces Écrites.
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Michel Réveillon en compagnie des cédants : de gauche à droite, Roland Sauvain et Francis Ravier, les fondateurs en 1984, et Patrick Zanella qui les a rejoint quelques années plus tard. © Traces Écrites.


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