Une des oeuvres de Voyage à Nantes : le mètre géant de Lilian Bourgeois.
Une des oeuvres de Voyage à Nantes : le mètre géant de Lilian Bourgeois.

EVASION. En quête de reconversion post-industrielle, plusieurs villes de l'est -Chalon-sur-Saône, Besançon pour ne citer qu'elles- cherchent dans la culture un nouvel eldorado.

La rédaction de Traces Ecrites News est allée découvrir une initiative souvent citée comme exemplaire, loin de ses racines, sur la façade atlantique.

Embarquement pour un Voyage à Nantes.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Sous ce vocable, se déroule jusqu'au 1er septembre, une manifestation culturelle ponctuelle qui prolonge une démarche continue : mettre l'art contemporain à la portée de tous, en premier lieu dans la rue.

La découverte se fait en suivant une ligne verte de 15 km matérialisée au sol qui relie les expositions et les installations éphémères artistiques ou végétales, dans les lieux culturels et les espaces publics. Au passage, l'architecture se renouvelle.

Imposants souvenirs des chantiers navals.
Imposants souvenirs des chantiers navals.

Regroupés au sein d’une société publique locale, les principaux équipements culturels de la ville : les plus anciens notamment le château des ducs de Bretagne et les plus récents nés de la reconversion des chantiers navals (les machines de l'île) et de la biscuiterie Lu (Le Lieu Unique) véhiculent le même message que la foultitude de projets de nouveaux quartiers : tourner la page et changer d'époque.

Avec la culture comme support de reconversion d'une industrie ancestrale -les chantiers navals relayés partiellement jusqu'en 2002 par Alstom- et la friche qui en découle : 334 ha au beau milieu de la Loire, ce que l'on appelle l'île de Nantes.

Le maire et premier ministre Jean-Marc Ayrault prédit 1000 emplois, rien que dans l'industrie culturelle et créative.

Belle opération de communication, me direz-vous… Quelques éléments pour vous en faire juge.

Un ingénieux système de mécanismes donne vie à l'éléphant géant en bois exotique.
Un ingénieux système de mécanismes donne vie à l'éléphant géant en bois exotique.

Au pays de Garguantua

Sans tout à fait tourner la page de l'univers des chantiers navals, fermés en 1987, qui occupaient une grande partie de l'île de Nantes, l'original projet artistique développé par la Compagnie La Machine est une sorte de parc d'attraction sans clôture qui accueille plus de 300 000 visiteurs par an.

La vedette est un  éléphant 12 m de haut qui embarque sur son dos une cinquantaine de passagers : il encore plus surprenant de regarder depuis le sol, ses pattes articulées s'actionner.

Œuvre de Pierre Orefice et François Delarozière, il a pour compagnie depuis l'an dernier, le carrousel : un empilement de trois manèges qui raconte l'univers marin à travers des créatures toutes plus curieuses les unes que les autres.

Encore plus ambitieux -et à la recherche de financements- L'arbre aux Hérons est un gigantesque arbre en acier de 50 m de diamètre et 35 m de haut, surmonté de deux oiseaux, auquel s'accrocheront des jardins suspendus:  une branche prototype accrochée à la façade des Nefs se visite déjà.

Tout se fabrique dans l'atelier, installé dans les anciens ateliers de chaudronnerie que l'on peut observer depuis une coursive.

Dans la mouvance, des petites sociétés culturelles s'installent dans le périmètre.

L'immeuble Manny sur l'île de Nantes : 3000 lames d’aluminium perforées forment un brise soleil.
L'immeuble Manny sur l'île de Nantes : 3000 lames d’aluminium perforées forment un brise soleil.

Délire architectural

La reconversion des grandes halles industrielles donne lieu à une véritable émulation encouragée par les pouvoirs publics qui veulent s'offrir des architectes de renom...

Peut-être en écho à la maison radieuse de Le Corbusier, unité de vie construite peu après celle de Marseille, que l'on aperçoit depuis de nombreux points de vue dans la ville.

L'architecte Alexandre Chemetoff et le paysagiste nantais Jean-Louis Berthomieux dessinent une première transfiguration de l'île en 2000.

De jeunes audacieux suivent le mouvement, à l'instar du bâtiment Manny signé de l’agence nantaise Tetrarc construit à l’initiative du designer Coupechoux dont le showroom occupe le rez-de-chaussée : 3000 lames d’aluminium perforées servent de brise soleil et font des cliquetis avec le souffle du vent.

L'imposant et austère palais de justice de Jean Nouvel a ses adeptes et ses détracteurs.

Bientôt, l'école des Beaux-arts s'installera dans un hall de 10 000 m2, maintenu en l'état et recomposé de l'intérieur.

Cet élan créatif contamine jusqu'à la vieille ville. La tour Bretagne dont le 32ème étage offre une vue panoramique de 360° accueille le Nid, un lieu curieux où  d'énormes coquilles d'œufs font office de sièges et de tables et le corps couché d'un héron, de comptoir de bar.

Vue sur la pointe de l'île de Nantes et l'une de ses grues historiques, depuis la rive.
Vue sur la pointe de l'île de Nantes et l'une de ses grues historiques, depuis la rive de la Loire.

Anciens chantiers de Nantes

Le quai des Antilles rappelle le passé de port négrier de Nantes : plus de 1800 expéditions ont été recensées entre le 15ème et le 19ème siècle. Les historiens évaluent à plus de 550 000 personnes déportées pour être vendues comme esclaves.

Épisode historique longtemps rejeté de la mémoire collective, il ressuscite en 2012 sur le quai de la Fosse avec un imposant mémorial : les textes historiques et contemporains couvrent 5 siècles et proviennent de tous les continents concernés par la traite des esclaves.

Témoins de l'activité industrielle, deux grues Titan (dont une jaune tristement célèbre par un fait divers récent) restent plantées dans un vaste parc public en devenir. Au passage, le hangar 32 donne, avec une grande maquette et des outils 3D, une idée des aménagements futurs.

Installée pour l'été sous une structure provisoire, la cantine propose des plats à base de produits maraîchers (le pays Nantais se déclare le premier producteur de mâche), des volailles de la coopérative d'Ancenis  et d'autres spécialités locales.

Vue sur la cour du château, d'une coursive parfois ouverte au public.
Vue sur la cour du château, depuis une coursive parfois ouverte au public.

L'histoire au château

Construit par François II, le dernier duc de la Bretagne indépendante et entretenu par sa fille Anne de Bretagne qui devint deux fois reine de France, le château des ducs de Bretagne est aujourd'hui un musée passionnant. Derrières ses façades en tuffeau -la pierre dont furent construits plus tard les châteaux de la Loire-, il résume l'histoire de la ville.

Tout près, le quartier du Bouffay et ses rues étroites remplies de restaurants évoquent la cité médiévale dont il ne reste plus guère de traces. Les 18ème et 19ème siècles sont plus présents. Les belles maisons du quartier Feydeau rappellent que de riches armateurs y vécurent.

Le passage Pommeraye déploie sur ses trois niveaux qui épousent le relief de la ville, boutiques et parures ornementales. Il sera restauré et  agrandi en 2014. Des installations d'art contemporain pérennes et éphémères gagnent la vieille ville.

Gloire à la biscuiterie nantaise sur cette façade au village de Trentemoult.
Gloire à la biscuiterie nantaise sur cette façade au village de Trentemoult.

Un village de pêcheurs

Sur la rive gauche de l'estuaire de la Loire, à une quinzaine de minutes en voiture ou, plus pittoresque pour les touristes et plus pratique pour les autochtones, dix minutes en navette fluviale, Trentemoult est un ancien village de pêcheurs et de caps-horniers couru à la belle saison pour ses guinguettes et le charme suranné de ses petites maisons colorées.

Une façade rappelle que le petit beurre LU est fabriqué à Nantes, même si l'usine a quitté ses bâtiments historiques art déco du centre-ville, transformés en bar-restaurant baptisé le Lieu Unique.

Neuf vignerons se sont regroupés pour produire un muscadet baptisé Le Pallet.
Neuf vignerons se sont regroupés pour produire un muscadet baptisé Le Pallet.

Les vins de l'Atlantique

Trait d'union avec l'est, le vignoble le plus connu du pays nantais produit du Muscadet : 11 500 ha en melon de Bourgogne, un cépage quasiment disparu en Bourgogne, en pinot gris comme en Alsace, mais aussi en Gros plant.

La mention sur lie du Muscadet indique que le vin, lors de sa vinification, a été en contact pendant au moins six mois, avec des dépôts de levure qui lui donne son côté perlant caractéristique.

Ces vins sont vendus à prix de propriété à la maison des vins de Nantes gérée par l'interprofession des vins du Val de Loire.

www.levoyageanantes.fr

Photos : Traces Ecrites.

1 commentaire(s) pour cet article
  1. LE NEELdit :

    Bonjour Christiane, j'ai lu l'article et il est clair et concis mais il comporte quelques données inexactes : la ligne est verte (capitale verte européenne) et non jaune! l'école qui doit ouvrir dans l'une des anciennes halles Alsthom est l'école des Beaux Arts et non l'école d'Architecture qui a ouvert sur l'île en 2008 et le LU n'a pas de cinéma cela ne changera pas grand chose pour vos lecteurs j'espère que nous aurons le plaisir d'accueillir des francs comtois et bourguignons bonne continuation et peut être à une autre fois Cordialement Servane LE NEEL, Guide local

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