INVESTISSEMENT/ALSACE. C’est un petit signe encourageant pour l’économie alsacienne.

Sodiv, la société régionale publique-privée de prêt aux entreprises, a réalisé en 2014 la meilleure activité de son histoire : elle a accordé son financement à 40 entreprises.

 

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Estelec, fabricant de cartes électroniques à Scherwiller (Bas-Rhin). ©Christian Robischon.

 

En fin d’année dernière, Sodiv avait effectivement cassé sa tirelire pour 39 entreprises, représentant 3,3 millions d’€ de prêts. Et c’est bien pour dynamiser le tissu régional que la société régionale publique-privée de prêt aux entreprises est intervenue : à l'instar d'EstelecArc-en-Ciel ou Iréal, 30 des dossiers concernent des développements de PME, quatre des créations, contre cinq soutiens à des entreprises en difficulté. 

 

« Le nombre d’emplois créés se situe dans la droite ligne des années précédentes : 300. En ajoutant les 117 consolidés, l’an dernier, nous restons à notre niveau habituel de 11 emplois nouveaux ou maintenus par dossier », expose Dominique Schilling, P-DG. Avec 7 900 € par emploi en moyenne, le soutien de la Sodiv n’est pas parmi les moins efficaces du « marché » des aides publiques…

 

On notera simplement que le dossier moyen recule de 10 % sur un an pour s’établir à 84 000 €, ce qui explique qu’en 2013, le total des prêts était légèrement supérieur (3,6 millions d’€ décaissés) malgré trois dossiers en moins.

 

La répartition des soutiens par secteurs d’activité a bougé entre 2013 et 2014.  L’habitat s’affiche en retrait (9 dossiers financés contre 13). Il est supplanté par l’industrie passée de 13 à 18 : la classification recouvre des domaines très variés, injection plastique, peinture industrielle, câblage, etc., hors le couple mécanique/équipements industriels, objet d’un pointage spécifique (stable à 6 dossiers). La santé progresse aussi, avec 5 soutiens contre un seul en 2013.

 

Complémentaire au système bancaire

 

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La société de traitement de surface Arc-en-Ciel est l'une des bénéficiaires des prêts de Sodiv. ©Christian Robischon.

 

L’emprunt que Sodiv attribue est atypique, ce qui permet à la structure de proposer une offre complémentaire au système bancaire. Il s’agit du prêt participatif qui  s’assimile à une intervention en quasi-fonds propres, sans caution. Il dure cinq ans.

 

Sa version standard a connu l’an dernier un recul de 30 %, à un peu plus de 1,7 million d’€. Car son taux de 5 % devient moins attractif aujourd’hui. En revanche, sa version adossée à une convention de revitalisation a progressé.

 

Ces conventions sont imposées à toute entreprise de plus de 1 000 salariés qui déclenche un PSE local, dans le but de  recréer sur le territoire autant d’emplois externes qu’elle-même en détruit. Pour s’acquitter de ce devoir, le groupe en question choisit le plus souvent de verser une contribution financière, à charge pour le territoire d’en faire le meilleur usage.

 

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« Ce concours financier permet d’abaisser le taux. Pour la convention inter-entreprises de Colmar/Centre-Alsace, il est ramené à 1 % », poursuit Dominique Schilling.

 

Sodiv se fait sa place dans ces dispositifs où l’Etat (à travers la Direccte) est libre de choisir son partenaire. Elle en totalisera 7 courant avril : de nouvelles conventions bas-rhinoises Bestfoods (Molsheim-Schirmeck) et NLMK (ex-Sollac à Strasbourg) s’ajouteront aux cinq en cours : Delphi et Steelcase pour le bassin de Strasbourg, Steelcase encore à Molsheim-Schirmeck, Burstner en Alsace du Nord et la convention mutualisée de Colmar/Centre-Alsace entre Timken, Cordon (ex-Sony), SCA, Wrigley et Mahle. 

 

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Les développements du menuisier Ireal ont reçu le soutien de Sodiv Alsace, qui a octroyé un premier prêt participatif de 50 000 €. ©Christian Robischon.

 

Ancienne société de reconversion du bassin potassique

 

Sodiv est aujourd’hui une trentenaire alerte. La structure est née en 1984 comme société de reconversion du bassin potassique alsacien, avant d’être reprise en 2008 par la Région Alsace, devenue son premier actionnaire (45 % du capital) devant Safidi société de participations d’EDF, la Caisse des dépôts, les banques et CCI.

 

Ses fonds propres sont stabilisés à 14 millions d’€, suite à une augmentation de capital en 2012/2013.  L’inquiétude venait de ses résultats : de 2011 à 2013, elle a perdu 1,3 million d’€. De ce point de vue, le bénéfice 2014 même symbolique de 32 000 € marque un signe encourageant.

 

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Dominique Schilling, P-DG de Sodiv Alsace. ©Christian Robischon.

Une plus-value au titre de son activité marginale de capital-risque y a certes grandement contribué, à savoir la vente à BioMérieux de la start-up en microbiologie Advencis de Mutzig (Bas-Rhin),  dans laquelle Sodiv détenait une participation  Mais, souligne Dominique Schilling, «  c’est aussi le résultat d’un travail de gestion ».

 

La structure doit avancer en  permanence dans un couloir étroit : entre la maîtrise de ses comptes et la tout aussi nécessaire prise de risques.

 

La très grande majorité des prêts participatifs sont garantis par BPI France qui a injecté l’an dernier en Alsace, 705 millions d’€ pour le soutien à 2 347 entreprises.

 

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