EVASION. Tous les ans, c'est le même empressement. Entre les derniers jours d'avril (un peu plus tard cette année, disent les habitués) jusqu'à la Saint-Jean, les menus des auberges allemandes affichent au menu l'asperge blanche.

La fièvre gagne la zone frontalière alsacienne. Mais outre-Rhin, 1er producteur européen, l'asperge est une véritable  institution : musées, route touristique, et même un concours de Miss.

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Chaque année, entre 90 000 et 100 000 tonnes sont produites en Allemagne, estime l'office central d'information sur les marchés des produits agricoles (ZMP), loin devant l'Espagne, 2ème européen avec 50 000 tonnes.

En France, où l'on produit 18 000 tonnes, l'Alsace se situe dans le trio des régions françaises après l'Aquitaine et le Val de Loire.

Si chez nous, ce légume ultrafrais se cantonne généralement aux hors d'œuvre, les Allemands en font un plat de résistance. Le Blume à Auenheim, au nord de Kehl (face à Strasbourg) les proposent avec des tranches de jambon blanc et fumé ou tout autre viande blanche, voire du saumon.

Arrosées à la discrétion de chaque convive, d'une sauce jaune, style hollandaise, d'une mayonnaise ou d'une vinaigrette aux cives, elles s'accompagnent aussi d'une Pfannkuchen, à mi-chemin entre la crêpe et l'omelette.

Ne pas oublier les pommes de terre à la vapeur et voilà un plat roboratif, arrosé de bière ou mieux, de Grauburgunder (pinot gris).

Avec notre moutarde de Dijon, le Comté ou encore la choucroute alsacienne, on ne sait pas faire mieux. L'asperge dispose d'au moins trois musées, dont un «européen» à Schrobenhausen, zone de culture qui approvisionne l'agglomération de Munich.

Il existe aussi une route touristique des asperges du pays de Bade, la Spargelstrasse Voir ici : 130 km aux alentours de Karlsruhe et de Baden-Baden, à contempler les champs d'asperges…

Certains Länder élisent même une miss Asperge. De ce côté-ci du Rhin, on fait guère mieux. Miss France 2012 a été conviée en avril dernier par la confrérie de l'asperge de Village-Neuf (Haut-Rhin), au premier piquage d'asperges … chaussée de bottes de caoutchouc, précise notre confrère L'Alsace. Voir les photos ici

Rabat-joie, la section Jean Moulin du parti socialiste de Metz met les pieds dans le plat. Sur son site, il reproduit un article du journal Le Monde pour dénoncer la concurrence des cueilleurs allemands - pour beaucoup des polonais - qui travaillent 7 jours sur 7 à 6 € de l’heure, alors que les saisonniers en France sont payés 12 €. Lire ici

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