rougeotOENOTOURISME. Dans le vignoble du Mâconnais, un viticulteur développe une activité d'oenotourisme avec des hébergements qui épousent la forme du tonneau.

 

Deuxième étape de cette nouvelle rubrique parrainée par l'entreprise de travaux publics, Rougeot à Meursault (Côte-d'Or), qui se déroule comme un voyage à travers les régions Alsace, Bourgogne, Champagne-Ardenne et Franche-Comté, à la rencontre de gens, d'expériences et d'initiatives... insolites, originales, décalées, avant-gardistes, traditionnelles que ne renierait pas Jack Kerouac dans son "Sur la route", livre fondateur de toutes les Road-movies du monde.

 

closdesgrandsbois 

 

Pressentant le goût des citadins pour des séjours à la campagne atypiques, Antony Lafarge, jeune viticulteur à Lugny, dans le Mâconnais, a choisi la forme du tonneau pour ses nouveaux gîtes. De toute évidence, la taille de ces "tonneaux-couchettes" n'ont rien à voir avec ceux dans lesquels il élève les vins de sa propriété. Avec un diamètre de 2,40 m et une longueur de 5,40 m, ceux-là peuvent héberger à l'aise quatre personnes (à raison d’un couchage double et de deux couchages simples).

 

A chaque extrémité, une large ouverture vitrée apporte la lumière naturelle et évite la claustrophobie. Ils sont fabriqués dans un pin de Finlande. « C'est un sauna qui m'a donné l'idée d'adapter la construction à cette forme », précise Antony Lafarge pour répondre à notre interrogation sur la non-utilisation du bois local, abondant en Bourgogne.

 

Depuis le printemps dernier, cinq tonneaux - qu'il baptise oeno-tonneaux - trônent à l'entrée du domaine du Clos du Grand Bois. Et à en croire le propriétaire, l'idée plaît surtout aux étrangers.

 

Belges, Allemands, Hollandais, Suisse constituent 80% de sa clientèle ; le reste du Nord Est de la France. Le bouche à oreille fait l'essentiel de la promotion de ces hébergements pour le moins peu ordinaires. Le domaine bénéficie de l'acquis de ses cinq chambres d'hôtes et de la table d'hôtes installées en 2011 dans le corps de la ferme. 5000 personnes y ont été accueillies en trois ans.

 

Education au vin

 

tonneauxinterieur

 

10ème génération de viticulteurs, Antony Lafarge, la trentaine, a repris les 13 hectares du domaine familial en 2010. Tout de suite, il a fait le pari de l'oenotourisme. Et il y croit fort au point d'avoir investi près d'un million d'€.

 

Aux travaux de rénovation des bâtiments et d'installation des tonneaux, s'ajoute celle d'une chaudière de bois déchiqueté pour chauffer l'ensemble. Alimentée par les bois de la propriété, elle brûlera prochainement, espère le viticulteur, les sarments de vigne issus de la taille ainsi que les piquets endommagés.

 

L'activité touristique est gérée par la même société civile d'exploitation qui s'occupe du domaine viticole. Diversification dans un vignoble dont les marges financières sont plus modestes que les fameuses côtes de Beaune et de Nuits-saint-Georges, l'oenotourisme est aussi « l'opportunité de désacraliser le métier du vin que beaucoup de gens réduisent aux vendanges et à la dégustation », estime t-il.

 

Chaque location est systématiquement associée à une découverte du travail de la vigne, à n'importe quelle période de l'année. « La visite du domaine permet d'expliquer que le vigneron est à la fois un agronome, un chimiste, un vendeur… et que son travail requiert une notion du temps dont on se rend pas compte de premier abord ».

 

Reconstitué avec le soutien du conseil régional de Bourgogne, un verger conservatoire, constitué d’essences locales d'arbres fruitiers, complète l'éducation des visiteurs.

 

lafarge
Antony Lafarge (en haut à gauche) avec sa famille.

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