A Decize, SumiRiko Rubber Compounding et SumiRiko Sales Developpement perpétuent sous pavillon japonais plus de 80 ans de travail du caoutchouc longtemps assuré sous le nom de Kleber. Leur groupe d'appartenance est leader mondial dans le domaine des produits antivibratoires destinés à l’industrie automobile. Il érige ainsi son site nivernais en point névralgique de son développement européen, même si le marché connaît des difficultés et que les effectifs (150 salariés) n'ont plus rien à voir avec les 2.000 de la grande époque.
Avec 105 usines dans 23 pays, le groupe japonais Sumitomo Riko a les traits d'un géant mondial. Mais pour les habitants de Decize et environs, ses filiales locales, qui s’étendent sur pas moins d'un kilomètre au bord de la rivière Aron, restent avant tout « Kleber. »
« A une époque, chacun avait un membre de sa famille qui travaillait chez Kleber. Des salariés habitaient dans des maisons de Decize construites spécialement par l'employeur. Toute la vie du village tournait autour de notre site », introduit Aline Pautrat, responsable des ressources humaines chez SumiRiko Rubber Compounding et SumiRiko Sales Developpement.
Depuis l'origine du site en 1942, celui-ci a connu bien des changements. En 1982, Michelin en est devenu propriétaire. Il comptait alors quelque 2.000 salariés. En 2013, le Japonais Tokai Rubber Industries achète 100 % des parts de la société qui est renommée, quatre ans plus tard, SumiRiko Rubber Compounding et SumiRiko Sales Developpement. L'usine de Decize compte 150 salariés désormais.
Les deux entreprises qui la composent sont expertes en conception de solutions antivibratoires, principalement pour l’univers automobile. Les pièces fabriquées sur place consistent en des joints d’étanchéité, des systèmes de compensation et autres applications spéciales du caoutchouc. SumiRiko Rubber Compounding est aussi spécialisée dans la fabrication de mélanges de caoutchouc naturel et synthétique.
Une production de 6.500 à 7.000 tonnes par an

SumiRiko Sales Developpement réalise un chiffre d’affaires de 4 millions d'euros, tandis que celui de sa soeur Rubber Compounding atteint 24 millions d’euros. L'évolution de l'industrie automobile vers le bas en terme de volumes, que l'usine nivernaise juge structurelle depuis quelque sept à huit ans, ne reste pas sans répercussions sur elle. « Nous subissons de plein fouet une diminution de nos effectifs sur les dernières années. Le marché mondial automobile est en croissance, mais pas l'européen qui choisit de se tourner vers des acteurs extérieurs, les Chinois et les Américains », explique Stéphane Birebent directeur général des deux sociétés.
Pour autant, Decize produit 6.500 à 7.000 tonnes par an de caoutchouc issu de la production naturelle (de l’arbre hévéa qui pousse en Asie et en Afrique) ou synthétique pour tous les grands constructeurs et marques automobiles : Stellantis, Renault-Nissan, Dacia, etc.
Assurée par l'entité Rubber Compounding, 80 % de cette production est exportée dans les pays européens pour seulement 5 % qui est expédié hors du continent, 15 % restant en France. Deux lignes fabriquent 600 tonnes par mois de mélanges de caoutchouc. Ceux-ci font penser à une recette de pâtisserie mais en version industrielle : dans un malaxeur, le caoutchouc est brassé, différents produits y sont rajoutés tels que de l’huile, du noir de carbone, de la craie ou de la silice afin de lui conférer ses caractéristiques techniques nécessaires. Les boules de gommes passent ensuite sur des cylindres, de sorte à devenir des bandes plus fines d'une épaisseur jusqu’à 10 millimètres. Une fois refroidies, elles sont livrées aux clients le plus rapidement possible.
Douze millions d'euros pour rénover les immenses toitures endommagées par la grêle

© Déborah Levy
« Le caoutchouc est périssable ; sa durée de vie ne dépasse pas un à deux mois, sinon ses caractéristiques bougent », précise Aline Pautrat.
Sumiriko Sales Developpement est installé dans un bâtiment adjacent à l’usine. Ce centre technique de recherche et développement rassemble des chercheurs, ingénieurs et techniciens qui travaillent sur les solutions antivibratoires des véhicules de demain. « A partir d’une problématique nous allons inventer la pièce, du prototype à la maquette. Nous ne confectionnons pas ici la pièce finale, mais construisons les machines spéciales et les gabarits », explique Stéphane Birebent. Un robot analyse par exemple un nouveau ressort pour Renault entre la roue et le châssis qui absorbe les vibrations, sans les répercuter. Lors de la visite, un technicien est en train de séparer des grains de sable, du plus gros au plus fin, afin d'effectuer des tests sur ce nouveau produit. Dans le laboratoire, un ingénieur d'essais mesure en trois dimensions une pièce, dans le but de la caractériser de façon optimale.
Visiter SumiRiko, c’est aussi découvrir des bureaux qui semblent figés depuis les années 1980. Mais de nouveaux aménagements sont en cours. Ils permettront de rassembler sur un seul plateau 45 personnes des services administratifs et techniques. De façon incontestablement bien plus conviviale.
En outre, le site a fait d'un aléa climatique une opportunité : endommagée par la grêle en juillet 2023, la toiture a été refaite. Les travaux ont porté sur 55.000 m2 de couvertures abîmées, pendant un an et demi et et pour un montant de 12 millions d’euros. « Heureusement, nous sommes couverts par les assurances et c’est un mal pour un bien qui s'est produit finalement : une rénovation complète sera ainsi réalisée », expose Aline Pautrat.
















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