Après deux premières éditions en 2019 et 2021, le salon de la prévention était de retour jeudi 21 et vendredi 22 novembre dans l’enceinte du Parc Expo 70 à Vesoul, en Haute-Saône. Unique en son genre en Bourgogne-Franche-Comté, l'événement est désormais organisé par la chambre de commerce et industrie bi-départementale Saône-Doubs. Avec 100 exposants et 40 conférences, il a offert aux professionnels un large panel de solutions pour mieux protéger leurs collaborateurs, leurs bâtiments et leurs données informatiques. Nous avons rencontré quelques-uns de ces experts de la sécurité et la prévention des risques, sortes d’anges gardiens des entreprises.
• EITE-Strasser met de l’IA dans ses caméras de vidéosurveillance

Un panneau « Souriez, vous êtes filmés » aurait pu être installé devant le stand d’EITE-Strasser. Née en 2022 de la fusion des deux sociétés dont elle conserve les noms, l’entreprise d’électricité est implantée à Montbéliard, Thise (Doubs) et Vesoul. Filiale du groupe Vinci Energies comptant 65 salariés, elle s’est dotée d’un pôle dédié à la sûreté, spécialisé dans l’installation et la maintenance de caméras de vidéoprotection, de dispositifs de contrôle d’accès et d’alarmes anti-intrusion. Cette activité représente un peu plus de 15 % du chiffre d’affaires d'un montant total de 8,25 millions d’euros en 2023. EITE-Strasser gère notamment les réseaux de vidéosurveillance urbaine de Besançon, Montbéliard et Belfort. « Nous avons également décroché en août dernier un marché de quatre ans avec le département de la Haute-Saône pour l’installation et la maintenance de la vidéoprotection et du contrôle d’accès des bâtiments de la collectivité », annonce Frédéric Tapia, responsable affaires.
Au salon vésulien de la prévention, EITE-Strasser a exposé les derniers modèles de caméras de la marque suédoise Axis intégrant de l’intelligence artificielle. « L’IA native facilite les recherches pour les opérateurs à partir, par exemple, de la couleur d’une voiture. Son utilisation s’effectue dans le strict respect de la législation puisque le système n’est pas relié à une base de données qui permettrait d’identifier des personnes », souligne Benoit Jund, technicien vidéo.
• MAPE aide les industries à analyser leur environnement

Avec sa centaine de salariés répartis sur le territoire national, le groupe MAPE (acronyme de « Mesure Analyse Process Environnement ») revendique le statut « d’acteur français de référence » dans le contrôle, l’analyse et la métrologie appliqués, en particulier, aux process industriels. Au salon de la prévention, ce prestataire de services discret se sent presque à la maison: créée en 1991 par Gino Maucieri, la PME, aujourd’hui présidée par sa fille Charlotte, a installé son siège social et l’un de ses laboratoires d’analyse à Etupes, près de Montbéliard (Doubs). Elle dispose également d’un centre technique à Vesoul, en plus de ses sites de Paris, Rouen, Lens, Lyon, Toulouse, Bordeaux et Pau.
Analyse de la qualité de l’air, contrôle des rejets aqueux, mesures d’odeur, prélèvement des eaux souterraines…MAPE a développé une expertise du contrôle environnemental, un domaine en plein essor. « On constate une diversification des demandes liée aux évolutions des attentes règlementaires et au durcissement des normes », témoigne Julien Cornu, responsable des deux agences franc-comtoises. Ce dernier cite l’exemple des PFAS, substances chimiques considérées comme des polluants éternels : « pour se conformer à un arrêté (ndlr : de juin 2023), les 15.000 entreprises concernées en France ont dû s’organiser en vue d’effectuer trois séries de contrôles en neuf mois. Nous avons défini un protocole de prélèvement et d’analyse et recruté deux nouveaux collaborateurs afin d’absorber le surcroit d’activité généré par les PFAS en 2024 ». En « recrutement constant » pour compléter ses équipes de techniciens, le groupe a enregistré, ces trois dernières années, une croissance moyenne de 10 %. Son chiffre d’affaires s’est établi à 9,36 millions d’euros en 2023.
• Knowllence digitalise la gestion des risques professionnels

Rédiger son document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) sur papier ou même dans un tableur électronique, voilà qui n'est pas une bonne idée selon Flore Gadiolet. « Depuis une loi de 2021, le DUERP doit être conservé de manière à être lisible et facilement accessible pendant 40 ans », rappelle l’experte métier de la prévention chez Knowllence. Cette société basée à Val d’Usiers, près de Pontarlier (Doubs), conçoit et fabrique des logiciels professionnels d’analyse des risques. Elle édite notamment la solution TDC Sécurité qui centralise tous les référentiels santé et sécurité au travail, dont le DUERP, les évaluations du risque chimique et des risques psychosociaux, le suivi et l’analyse des accidents du travail, la gestion des habilitations et des formations, etc.
Fondée en 2001 par Thierry Baujon, Knowllence compte « 250 références clients », entreprises et collectivités. Elle emploie une vingtaine de salariés dans le haut-Doubs et une quinzaine dans ses agences de Paris, Lyon et Toulouse. En 2018, elle a rejoint le groupe français Bassetti, spécialisé dans l’édition et l’intégration de progiciels pour le monde de l’industrie. Cet adossement « nous a permis de nous développer à l’international », indique Yassine El Ouagani, ingénieur d’affaires. La PME franc-comtoise, qui exporte ses logiciels jusqu’aux Etats-Unis et en Chine, a réalisé un chiffre d'affaires de 3,2 millions d’euros en 2023.
• PhysiOsteo Entreprise prend soin de la santé des salariés

La société PhyiOsteo Entreprise a été lancée en 2017 à Besançon (Doubs) par un trio composé d’Alexandre Guyot, enseignant en activité physique adaptée, Vincent Gaume, ostéopathe et Renaud Simerey, responsable santé et sécurité au travail. Opérant dans toute la France, elle propose aux employeurs des formations en santé, bien-être et sécurité. « Pendant longtemps, quand un collaborateur avait un problème, il attendait que l’entreprise lui apporte une solution miracle. Or le plus efficace, c’est souvent de changer de posture, d’effectuer des exercices réguliers et de privilégier une approche globale », explique Alexandre Guyot. L'entreprise fait appel, selon les besoins, à des experts de l’aménagement des postes de travail, de la nutrition, du sommeil ou de la gestion du stress.
Pour la prévention des troubles musculosquelettiques et des risques psychosociaux, l’organisme de formation indique être déjà intervenu dans 250 entreprises, du gros groupe industriel au petit domaine viticole, en passant par le centre hospitalier universitaire de Besançon ou les collèges de Haute-Saône. « Au départ, je ciblais les métiers les plus physiques, impliquant par exemple le port de charges lourdes, poursuit l’enseignant en activité physique adapté qui a démarré sa carrière dans l’industrie agroalimentaire au sein de la fromagerie Monts et Terroirs. Et puis je me suis rendu compte de l’impact énorme de la sédentarité et des risques de maladies cardiovasculaires, inhérents au travail de bureau : la chaise tue plus que le tabac ! »























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