Installé dans la zone industrielle de Longvic dans l’agglomération dijonnaise, le centre de formation Preventalis agit dans la prévention des risques professionnels. Dans un contexte de hausse des accidents du travail en Bourgogne–Franche-Comté, l’entreprise dirigée par Joseph Bendjerad poursuit sa croissance et élargit son offre pour accompagner les entreprises face à leurs obligations réglementaires.

Le premier exercice de la société Preventalis, en 2013, devait être arrêté à un montant de 45 000 euros. Il a finalement doublé. Et continuer de croître depuis. Le chiffre d’affaires a grimpé à 800.000 euros l’an dernier et le dirigeant, Joseph Bendjerad, espère poursuivre sa progression vers le million d’euros dans deux ans.

Certifiée Qualiopi et Système de Gestion de la Sécurité (SGS) dans la prévention des accidents majeurs, l’entreprise propose des formations certifiantes et qualifiantes couvrant les six grandes recommandations du Caces (certificat d'aptitude à la conduite en sécurité) : gerbeur à conducteur accompagnant, chariots élévateurs, nacelles, ponts roulants, grues auxiliaires et engins de chantier. À cette offre s’ajoutent les habilitations électriques, le travail en hauteur, les échafaudages fixes et roulants ainsi que les formations de sauveteur secouriste du travail (SST). « Nous couvrons, de fait, l’ensemble des formations de sécurité liées à l’entreprise », résume Joseph Bendjerad.

 

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Industrie, logistique, travail intérimaire, bâtiment et travaux publics, administrations ou encore particuliers via le CPF (compte personnel de formation) : la clientèle est diversifiée. Les sessions se déroulent soit dans les locaux du centre, soit directement dans les entreprises sur leurs équipements de travail (excepté pour le Caces qui ne peut se passer en interne).  

Pour accompagner cette montée en puissance, Preventalis investit régulièrement. En 2025, près de 25.000 euros ont ainsi été consacrés à l’acquisition d’échafaudages fixes et roulants et de matériel complémentaire. Une nouvelle nacelle devrait rejoindre le parc en 2026, tandis qu’une extension de 200 m² est à l’étude. Preventalis dispose déjà de 1.300 m² de bâtiments complétés par 600 m² de plateforme extérieure, permettant de reproduire des situations proches de la réalité opérationnelle.

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En haut : : Lors d'un examen, un jeune stagiaire de la formation, effectue des réglages sur une nacelle. En bas : Preventalis propose des formations Caces pour caristes © Sabrina Dolidze

« Nous avons conçu nos espaces de façon à ce que les stagiaires soient confrontés à des conditions similaires à celles qu’ils rencontreront en entreprise », souligne le dirigeant. « La réglementation évolue, les référentiels se renforcent. Nous devons disposer d’équipements conformes et récents de façon à garantir la qualité des formations » explique Joseph Bendjerad.

Preventalis a également digitalisé ses processus administratifs, permettant une délivrance rapide des certificats à l’issue des sessions, un mode opératoire salué par des entreprises souvent contraintes par des délais opérationnels serrés. Elles apprécient également le fonctionnement du centre dijonnais, qui conçoit les cursus en fonction des demandes des clients, et non l’inverse. « C’est une qualité à laquelle nous tenons beaucoup, même si elle engendre un vrai casse-tête pour élaborer les plannings » soutient le directeur.

L’entreprise prévoit également de recruter deux personnes à l’horizon 2027. Elle compte aujourd’hui huit formateurs permanents, épaulés par des intervenants indépendants fidélisés. « Nous recrutons des professionnels issus du terrain. Ils ont travaillé sur des chantiers ou en industrie. Cette expérience est essentielle pour transmettre les bons réflexes » insiste Joseph Bendjerad.  

Proposer de nouvelles activités pour se différencier

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Les stagiaires sont formés à l'utilisation du harnais pour assurer leur sécurité.© Sabrina Dolidze

Au-delà des formations Caces traditionnelles proposées par la plupart des acteurs du marché, Préventalis élargit son positionnement avec une offre plus spécialisée. L’organisme dispense notamment des formations à la conduite d’engins de service hivernal (ESH), de tracteurs faucheuses-débroussailleuses ainsi que de tondeuses autoportées. Un segment de niche pour lequel il s’appuie sur des formateurs aux compétences techniques pointues. Il entend capitaliser sur ce savoir-faire dans le but d’enrichir encore son catalogue dès cette année 2026. Parmi les projets à l’étude figurent le lancement de la certification PASI (passeport sécurité intérim), destinée à sensibiliser les travailleurs temporaires aux risques dans leur entreprise d'affectation, ainsi qu’une certification dédiée aux risques chimiques.

Le développement de Preventalis s’inscrit dans un contexte régional marqué par une hausse des accidents du travail. Selon les données de la Dreets (*), 43.690 accidents ont été déclarés en 2022 en Bourgogne–Franche-Comté, dont 21.515 avec arrêt, soit une progression de 1,3 % par rapport à 2021. Surtout, 27 accidents mortels ont été recensés cette année-là, contre 22 un an auparavant. « La formation constitue l’un des leviers essentiels pour faire reculer ces chiffres. Il faut renforcer la prévention », martèle Joseph Bendjerad. Les chutes de hauteur, notamment, figurent parmi les principales causes d’accidents graves, justifiant le développement de modules spécifiques.

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Ce nouvel échafaudage fait partie des derniers investissements de la société. © Sabrina Dolidze

Au-delà de l’obligation réglementaire, la sécurité devient un enjeu de performance globale pour les entreprises. « Former, c’est protéger les salariés, mais aussi sécuriser juridiquement l’employeur et préserver la continuité de l’activité », plaide encore le dirigeant de Preventalis 

Un parcours dentrepreneur né dun tournant professionnel
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Le directeur Joseph Bendjerad, entouré des formateurs Stéphane et Patrice. © Sabrina Dolidze

Si Preventalis affiche aujourd’hui une trajectoire solide, elle puise son origine dans un tournant personnel. En 2013 en effet, à la suite d’un licenciement économique, Joseph Bendjerad décide de créer sa propre structure après plusieurs années passées comme formateur salarié. « J’avais cette envie d’entreprendre depuis longtemps, mais on ne quitte pas facilement une situation stable. Le licenciement a été un déclencheur », confie-t-il. Parti de 200 m² à ses débuts, il a progressivement agrandi les locaux et structuré l’équipe pour faire de Préventalis une société dont la croissance progresse tranquillement, mais sûrement !    

(*) Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités

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