Un rayonnement UV qui permet le durcissement instantané de surfaces, un procédé cobreveté par Mäder et l’Université de Haute-Alsace. © Christian Robischon.
Un rayonnement UV qui permet le durcissement instantané de surfaces, un procédé cobreveté par Mäder et l’Université de Haute-Alsace.
© Christian Robischon.

RECHERCHE. Photocomposite fournit un exemple de la génération spontanée d’association. Sans demander quoi que ce soit aux pouvoirs publics, sept entreprises et organismes de recherche ont donné naissance en début d’année à cette structure qui a tenu sa manifestation de lancement le 5 juin à Mulhouse (Haut-Rhin).

La coopération classique entre deux de ses membres en R&D lui a servi de tremplin.

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La petite histoire de Photocomposite naît du rapprochement entre l’industriel Mäder, dont le centre de R&D est installé à Mulhouse, et des laboratoires de l'Université de Haute-Alsace (UHA).

Société franco-suisse de peintures industrielles et composites, Mäder emploie 850 salariés dans le monde pour 180 millions d’€ de chiffre d’affaires l’an dernier.

A Mulhouse, l’entreprise travaille avec le LPMI (Laboratoire de photochimie et ingénierie macromoléculaires) sur une technologie cobrevetée très prometteuse de photopolymérisation qui permet le durcissement instantané de surfaces à partir de rayonnements UV.

« Le LPMI est l’une des quelques références mondiales en photochimie », salue Hervé Farge, directeur du centre de R&D Mäder de Mulhouse. Le tandem s’intègre dans le programme de recherche Compofast de 21 millions d’€ coordonné par Arkema.

 « Au fil de présentations techniques et de visites d’entreprises, nous nous sommes aperçus que nos travaux présentaient un intérêt dans d’autres secteurs. Des entreprises textiles y ont vu par exemple un potentiel pour durcir la colle sur tissu ou éviter la succession des séchages/humidifications dans leur process. Même intérêt marqué dans l’automobile car notre procédé permet d’envisager des fabrications en série.», relate Hervé Farge, président de l’association.

« Il faut dire que le saut technologique que nous préparons présente de belles perspectives en terme de réductions des émissions et d’allègement de pièces structurelles et semi-structurelles », poursuit-il.

A gauche, Hervé Farge, directeur du centre R&D Mäder à Mulhouse et président de l'association Photocomposites, et Philippe Grasser, directeur de programmes au Pôle Véhicule du futur et trésorier de l’association. © Christian Robischon.
A gauche, Hervé Farge, directeur du centre R&D Mäder à Mulhouse et président de l'association Photocomposites, et Philippe Grasser, directeur de programmes au Pôle Véhicule du futur et trésorier de l’association.
© Christian Robischon.

L’Alsace et la Franche-Comté, principales cibles

Quelques PME de ces deux secteurs ont donc rejoint le tandem pionnier Mäder/UHA et le Pôle Véhicule du Futur Alsace/Franche-Comté, ces trois structures se partageant les fonctions exécutives de la jeune association.

En ajoutant le laboratoire d'essais Cetim-Cermat, Photocomposite compte 7 membres fondateurs. Mais l'association ne va évidemment pas en rester là : les représentants de tous secteurs d’activités ainsi que d’autres établissements d’enseignement supérieur sont invités à la rejoindre, moyennant une cotisation d’entrée de 200 €.

Au niveau géographique, l’Alsace et la Franche-Comté constituent les cibles principales.

Le potentiel de leurs travaux a capté l’attention de l’Agence Nationale de la recherche (ANR). Elle les a retenus pour constituer l’une des trois seules « chaires industrielles » de France.

Ce dispositif consiste à soutenir financièrement des projets de R&D entreprises/laboratoires à hauteur des montants que mettent les partenaires. Dans le cas présent, 600 000 € de l’ANR s’ajoutent sur 4 ans à une somme équivalente mise sur la table par Mäder.

Un autre projet sur le traitement du bois

L’inauguration de cette chaire a formé le prétexte à l’officialisation aux décideurs de l’existence de Photocomposite.

Ce terme ne désigne pas une discipline scientifique. Elle est la contraction de photochimie et de composites, les résines plastiques étant celles sur lesquelles les chercheurs mulhousiens planchent.

 « Les applications possibles sont multiples, dans l’industrie des biens d’équipement, celle des loisirs, la micro-électronique, etc. », poursuit Hervé Farge, à la tête d’une équipe mulhousienne de 7 permanents.

La machine du programme Compofast qui traite le même sujet de recherche mais dans un cadre élargi coordonné par Arkema. © Christian Robischon.
La machine du programme Compofast qui traite le même sujet de recherche mais dans un cadre élargi coordonné par Arkema.
© Christian Robischon.

Riches en potentiels pour les économies d’énergie aussi, les travaux de R&D mulhousiens déclenchent un autre projet sur le traitement du bois, labellisé par le Pôle Fibres Grand Est.

« Plein de voies nouvelles s’ouvrent », remarque Philippe Grasser, qui représente le Pôle Véhicule du Futur dans la nouvelle association. Il ne reste qu’à s’y aventurer.

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