Enseignement supérieur. L’union sans la fusion : comme les collectivités locales alsaciennes, les universités de Strasbourg et Mulhouse opèrent un rapprochement soft. En attendant plus si affinités.

Tout comme pour les départements là encore, les réticences venaient du Haut-Rhin. Elles ont été en bonne partie levées. Mi-mars, le conseil d’administration de l’Université de Haute-Alsace (UHA), dont Mulhouse est le site principal, a approuvé à la quasi-unanimité le « rattachement » de l’établissement à son homologue de Strasbourg.

Un cas de figure unique en France, selon l’UHA. Le mot-clé est à comprendre selon sa définition très officielle du Code de l’Education : l’établissement rattaché «conserve sa personnalité morale et son autonomie financière», soulignent les administrateurs.

Eviter l'absorption

Strasbourg plaidait pour une fusion pure et simple, Mulhouse l’a écartée, estimant que dans les conditions proposées, «elle s’apparente plutôt à une absorption», car elle ne lui aurait pas laissé de place dans les organes de gouvernance.

Concrètement, l’université mulhousienne propose une dizaine de points de coopération, dont la création de laboratoires communs de recherche, l’habilitation respective de diplômes, une stratégie de  marketing et de communication partagée.

En volume, les deux pôles du nouvel ensemble ne boxent pas dans la même catégorie.

Pionnière du regroupement de ses différentes universités début 2009, Strasbourg est devenu par la même occasion la plus grosse université de France, forte de 42.000 étudiants.

L’UHA, de son côté, en aligne 8.000. Mais héritière de tout un enseignement supérieur qui a prospéré le long des piliers de l’industrie mulhousienne (chimie, textile), elle garde de cette histoire un certain «cachet» dans le paysage universitaire qu’elle ne souhaite pas engloutir dans la masse.

Pour son président Alain Brillard, les choses peuvent en rester là : «Il n’est pas nécessaire d’aller dans une fusion».

Son de cloche différent à l’Université de Strasbourg, dont le vice-président Michel Deneken commente ainsi la réponse mulhousienne : «Innovante, mais mesure transitoire vers autre chose».

Vers quoi ? On a pas fini de parler du sujet.

Crédit photos: UHA.

Commentez !

Combien font "1 plus 10" ?