Dans ce laboratoire devraient naître des molécules du futur pour des formulations résines, peintures et composites.
Dans ce laboratoire devraient naître des molécules du futur pour des formulations résines, peintures et composites.

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT. Un laboratoire de recherche qui se crée, l’événement est suffisamment rare pour ne pas passer inaperçu.

Les élus mulhousiens ont donc salué en masse l’arrivée de Mäder Research. D’autant qu’elle s’inscrit dans un gros programme de R&D pour l’allègement des véhicules automobiles.

Contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, Mäder est un groupe français, il a son origine et son fief dans le Nord-Pas-de-Calais. Comptant parmi les leaders européens des peintures et composites techniques, il emploie 850 salariés répartis en France, Suisse, Allemagne, Chine et Inde, pour un chiffre d’affaires de 180 millions d’€ en 2011. En somme, c’est l’une de ces méconnues  ETI (entreprises de taille intermédiaire) dont la rareté est souvent déplorée en France.

Mäder est présent par une implantation industrielle dans le Haut-Rhin, la société de béton polymère Polycomposite de Cernay qu’il a rachetée il y a six ans.

Il vient donc compléter sa présence locale avec cette unité de recherche qui marque à la fois un aboutissement et un départ.

Composé d’une dizaine de personnes, Mäder Research vient en effet consacrer une longue collaboration avec l’université de Haute-Alsace à Mulhouse. Elle a débuté en 2005 par une thèse Cifre, s’est poursuivie deux ans plus tard avec le Laboratoire de photochimie et d’ingénierie macromoléculaires ce qui a débouché sur un brevet en photochimie.

Plusieurs thèses Cifre et projets coopératifs ont suivi, par exemple pour de nouveaux procédés de moulage des composites à basse pression et basse température.

« Dans ce nouveau laboratoire, nous entendons créer les molécules du futur pour des formulations résines, peintures et composites », souligne Antonio Molina, président  du conseil de surveillance du groupe.

Le programme développera  de nouveaux composites thermoplastiques plus légers.
Le programme développera de nouveaux composites thermoplastiques plus légers.

La production à des cadences automobiles devient imaginable 

L’inauguration fin mars coïncidait aussi avec un lancement : celui du projet "Compofast". Enjeu : l’allègement des véhicules. Le programme développera  de nouveaux composites thermoplastiques plus légers. Mäder y apporte sa contribution par son procédé de photopolymérisation (utilisation de la lumière pour favoriser la polymérisation rapide) cobreveté  avec l’université de Haute-Alsace (UHA) et le CNRS.

« Le procédé est connu dans les vernis, les peintures, la microélectronique ou la fabrication des prothèses  dentaires.  L’innovation permet de lever un verrou à l’application de la photochimie aux revêtements épais. Les premiers résultats obtenus sur plusieurs millimètres de fibres montrent une réduction considérable de la durée de mise en œuvre :  les temps de cycle passent de quelques dizaines de minutes à quelques dizaines de secondes. De ce fait, la production à des cadences automobiles (plus de 500 pièces par jour) devient imaginable », souligne l’UHA. "Compofast" vise à construire un démonstrateur du procédé à un stade semi-industriel.

Si l’objet est la légèreté, le montant du programme comme ses acteurs s’inscrivent dans la catégorie "lourd".

Compofast se chiffre à 21 millions d’€. Il mobilise un consortium piloté par le chimiste Arkema où l’on retrouve, outre Mäder, Plastic Omnium, A.Raymond et 8 autres entreprises.

Labellisé par les pôles Véhicules du Futur et Plastipolis, il reçoit l’aide de l’Ademe au titre du programme Investissements d’avenir. Cette conjonction a fini par retenir l’attention de PSA et de Renault qui suivent les travaux de près.

Photos : Christian Robischon.

 

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