La scierie possède aussi une unité de lamellé collé. Photo : Pascal Charoy.
La scierie possède aussi une unité de lamellé collé.
Photo : Pascal Charoy.

FILIÈRE BOIS. Démarré cet été, l'investissement de 13 millions d'€ de la scierie Monnet-Sève à Sougy-sur-Loire (Nièvre) illustre les thèmes du 9ème congrès de l'interprofession de la filière bois en Bourgogne qui ouvre aujourd'hui à Dijon : production, technologies, compétitivité.

Dotée des dernières techniques de sciage, la nouvelle ligne, opérationnelle dans le milieu de l'année prochaine, va améliorer le rendement de matière première de 5% et favoriser l'embauche de 25 personnes d'ici cinq ans. 

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La nouvelle ligne de production en cours d'implantation à la scierie Monnet-Sève à Sougy-sur-Loire (Nièvre), l'un des leaders du sciage de résineux en France, développe les dernières technologies de sciage : en courbe, décalé, en diagonale, mais aussi hors cœur et hors aubier.

Une traduction s'impose pour les non-spécialistes.

Les outils de sciage en courbe, décalé, en diagonale débitent les grumes sous différents angles dans le but de réduire le plus possible les chutes.

Hors cœur, la débiteuse ôte le cœur de l'arbre grâce à un système de repérage électronique. Partie la plus ancienne de l'arbre, le cœur est réputé pour avoir tendance à se déformer plus facilement.

Hors aubier, on élimine cette fois, le pourtour de la grume : « environ les 5 dernières années de croissance de l'arbre », précise Jean-Claude Sève, P-DG de Monnet-Sève. Un scanner repère la différence de couleurs entre les cernes du bois, les plus récentes étant plus claires.

Dans un contexte de hausse des cours du bois et de stagnation du prix de vente des produits transformés, l'économie de matière première est la première motivation de cet investissement de 13 millions d'€, opérationnel dans le milieu de l'année prochaine.

« A eux seuls, les trois postes de sciage en courbe, décalé et en diagonale améliorent le rendement matière de 5% », certifie le dirigeant.

A ce gain de matière, l'entreprise ajoute la recherche d'une meilleure qualité.

Monnet-Sève a fourni la charpente en lamellé-collé de la halle aux bestiaux de Luzy.  Photo : Gaëlle Cécile Romie.
Monnet-Sève a fourni la charpente en lamellé-collé de la halle aux bestiaux de Luzy.
Photo : Gaëlle Cécile Romie.

80% du chiffre d'affaires dans la construction

Le sujet est sensible dans le secteur de la construction, principal débouché de la scierie de Sougy.

Depuis la mise en route d'une usine de lamellé-collé en 2010, la construction représente 80% de son chiffre d'affaires, pour moitié avec du douglas du Morvan, l'autre avec de l'épicéa.

Les parties les moins nobles sont dirigées dans l'emballage et la fabrication de palettes.

L'investissement répond aussi à un développement des marchés à l'export qui représente aujourd'hui 25% du chiffre d'affaires. « La technique du sciage hors coeur va satisfaire une demande du marché japonais », se félicite le dirigeant.

Grâce à ce nouvel outil, l'industriel prévoit dans les cinq ans, la création de 25 emplois.

Ils se déploieront à la fois dans la scierie et dans l'usine de lamellé-collé qui la jouxte.

L'investissement de 13 millions d'€ est subventionné à hauteur de 1 million d'€ par les collectivités locales (conseil régional de Bourgogne, conseil général de la Nièvre) et les fonds européens.

Dans le cadre des aides à la réindustrialisation, l'Etat accorde un prêt de 3 millions d'€ à un taux zéro qui, selon le chef d'entreprise, avec toutes les expertises nécessaires au dossier administratif, n'est guère plus intéressant qu'un prêt bancaire classique...

Qui est Jean-Claude Sève ?

Le P-DG de Monnet-Sève est la 3ème génération aux commandes du groupe familial (115 millions d'€ de chiffre d'affaires, 470 salariés).

Avec 180 salariés, Sougy est la plus grosse scierie du groupe dont le siège se situe à Outriaz, dans l'Ain. Les autres sites industriels sont proches des massifs du Jura et du massif central, à Maîche (Doubs) et à Saint-Vulbas (Ain).

Ingénieur Arts et Métiers, Jean-Claude Sève est aujourd'hui président de l'institut technologique de la forêt FCBA, vice-président de la fédération nationale du bois et membre d'Aprovalbois.

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Le douglas représente la moitié de la production de Monnet-Sève.
Photo : Pascal Charoy.

Le congrès d'Aprovalbois

Pendant deux jours, l'interprofession bourguignonne fait le point sur les technologies de la filière, de la forêt à la transformation.

Des experts et des techniciens livreront l'actualité des process.

Plusieurs chefs d'entreprises témoigneront des perspectives offertes par leurs investissements.

Aujourd'hui 28 novembre, en plus de Jean-Claude Sève, Guillaume Cruzille, directeur de Fargeot Lamellé-Collé à Vérosvres (Saône-et-Loire) explique les changements dans l'organisation de son entreprise pour répondre à l'un de ses plus gros contrats, le stade de Nice.

David Chavot, directeur de Margaritelli à Fontaines (Saône-et-Loire) expliquera comment il a modernisé son outil de production pour résister à la vive concurrence dans le secteur du parquet.

Vendredi, Nicolas Félix, président de Sorec à La Charité-sur-Loire (Nièvre) présentera son logement en bois préfabriqué et prééquipé en usine, conçu pour les sans-abri, qu'il décline aujourd'hui pour les résidences universitaires.

Jean-Yves Caullet, président de l'Office National des Forêts (ONF), député de l'Yonne et rédacteur du rapport Bois et forêts de France, de nouveaux défis, clôturera le colloque.

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