Ils ont marqué l’histoire de leur époque, de leur région et suscitent encore beaucoup d’intérêt, à finalité touristique notamment. Ils ou elles s’appellent Colette, Courbet, Jacques Copeau, ou encore Philippe Le Hardi, Lamartine, Vauban, Buffon, Victor Hugo… Leur demeure ou leur atelier, étiquetés du label du ministère de la Culture « Maisons des illustres », fait revivre ces personnages éternels, hommes et femmes de l’art, des sciences, influenceurs du temps passé. Notre confrère Bourgogne Magazine vient d’éditer un numéro spécial consacré aux 18 maisons de Bourgogne-Franche-Comté ouvertes au public. Singularité, ce sont les personnages eux-mêmes qui racontent l’histoire de leur lieu de vie ou de travail. L’occasion de pousser la porte de quelques-uns d’entre eux.

• La Maison natale de Colette  (1873-1954) à Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne)

Tout dans ce village de la Puisaye rappelle l’écrivaine. Sa demeure natale reconnaissable par ses volets bleu lavande où elle passa les 18 premières années de sa vie, et le musée dans le château qui résume sa vie et son oeuvre.
« Sur la façade bourgeoise de la grande maison grave, revêche avec sa porte à clochette d’orphelinat, son entrée cochère à gros verrou de geôle ancienne (citation de La Maison de Colette, 1922), le disque de marbre rose « Ici est née Colette » est également resté à sa place. Elle me projette des années en arrière, en ce jour de 1925 où, exceptionnellement revenue à Saint-Sauveur pour l’inauguration de cette plaque, je fus huée par des villageois menaçants et ne pus descendre de voiture (…) Il faut dire que je n’ai pas toujours été tendre avec eux dans mes écrits et que ma vie libre de toute convention les a toujours choqués. » (Auteur : Geoffroy Morhain)

Maison natale de Colette, 8-10 rue Colette, 89500 Saint-Sauveur-en-Puisaye. Jusqu’à fin juin, du mercredi au dimanche de 10h à 13h et de 14h à 18h ; juillet au 8 septembre, tous les jours de 10h à 13h et de 14h à 19h. Dernière entrée une heure avant la fermeture. Une collecte de dons est organisée pour poursuivre la reconstitution des décors de l'enfance de Colette.

Le département de l'Yonne où se trouve la « Maison des illustres » de Colette, est particulièrement bien doté de lieux labellisés par le ministère de la Culture, avec pas moins de trois maisons à Vézelay, dédiées aux écrivains Romain Rolland et Jules Roy, et au critique d'art Christian Zervos.

colettebesancon
La Maison Colette à Besançon, exceptionnellement ouverte les 22 et 23 juin 2019. © Jean-Charles Sexe/Ville de Besançon.

Un autre lieu (pas labellisé) qui porte la mémoire de Colette ouvre exceptionnellement ses portes au public, les 22 et 23 juin. C’est sa maison des Monts-Boucons à Besançon, une discrète et toute simple maison de campagne sur les hauteurs de la cité de Vauban, que son mari Henri Gauthier-Villars, dit Willy, Jurassien, avait acheté. Elle y écrivit La Retraite sentimentale et y séjourna, six mois l’an, de 1901 à 1905. La ville de Besançon la racheta en 2001 dans le but d'y installer des résidences d'artistes. Pour l'heure, elle n'a fait que l'entretenir notamment le parc de plus de 3 ha, qui dit-on, mérite vraiment le coup d'oeil.

Maison Colette, 41 chemin des Montboucons, Besançon. Ouverte samedi 22 juin de 14h à 18h et dimanche 23 juin de 10h à 18h.

 

 caissedepargnebf

 


• Le musée Gustave Courbet (1819-1877) à Ornans (Doubs)

mingcourbet
Portrait de Gustave Courbet par Yan Pei-Ming  2019, huile sur toile. Photographie : André Morin ˝ Yan Pei-Ming, ADAGP, Paris, 2019

Il est doublement sous les feux de l’actualité au-delà de la visite quasi-privée du Président de la République ce lundi de Pentecôte, pour le 200ème anniversaire de sa naissance et une exposition exceptionnelle d’un voisin contemporain, le sino-dijonnais Yann Pei-Ming qui se dit fasciné par Gustave Courbet depuis l’enfance, lorsqu’il découvrait les oeuvres du « maître » à travers des reproductions en noir et blanc dans des journaux de propagande en Chine.  Un face-à-face imaginé par le Conseil département du Doubs, propriétaire des lieux qu’il a magnifiquement rénovés il y a quelques années, sur des sujets communs aux deux artistes, portraits, paysages, animaux.
« Ornans a toujours été mon lieu de refuge. Comme en cette année 1849 où, poussé au retour au pays par les révoltes parisiennes, je me suis révélé à la peinture de la vie. L’Après-dinée à Ornans, Les paysans de Flagey [ le village de la ferme familiale, à 15 mn d’Ornans, Ndlr ] revenant de la foire, puis, plus que tout oeuvre, Un enterrement à Ornans, en sont les inaltérables témoignages. » (Auteur : Dominique Bruillot). 

Musée Courbet, 1 place Robert Fernier, 25290 Ornans : ouverture tous les jours sauf le mardi, jusqu’à fin juin de 10h à 12h et de 14h à 18h ; de juillet à septembre de 10h à 18h. Exposition temporaire de Yann Pei-Ming jusqu’au 30 septembre. La ferme familiale de Flagey et son dernier atelier 10, avenue Maréchal de Lattre de Tassigny à Ornans où Yann Pei-Ming fut le premier à y faire une résidence d’artiste, se visitent aussi. Voir le site du musée.

 

 

negociants



• La Maison Jacques Copeau à Pernand-Vergelesses (Côte-d’Or)

copeaupernand
Stage de mise en scène avec le Hongrois Arpad Schilling, à la Maison Copeau à Pernand-Vergelesses. © Maison Copeau.

Jacques Copeau (1879-1949) est peu connu du grand public et pourtant, c’est à lui, que l’on doit d’avoir démocratisé le théâtre, de l’avoir sorti des faubourgs parisiens pour l’installer en province : la décentralisation bien avant l’heure !
C’était en 1926. L’esprit demeure aujourd’hui, préservé par une association présidée par Catherine Dasté, la petite-fille de Jacques Copeau, et réunie autour de son propriétaire actuel, le metteur en scène Jean-Louis Hourdin.
« De jeunes comédiens en résidence vont s’attabler et décortiquer les textes contemporains qu’ils répètent sous la gouverne d’un metteur en scène. Ce genre de rencontre est fréquent. C’est la principale activité de ma maison devenue un haut lieu de résidences, de créations, de stages et de formation professionnelle pour les comédiens. Le beau temps les pousse dehors, à l’ombre des érables sycomores où leurs discussions s’entrecoupent de chants, de musique et de restitution de leurs travaux. Des auteurs viennent aussi peaufiner leur ouvrage (…) » (Auteur : Eric Perruchot)

Maison Jacques Copeau, 4 rue Jacques Copeau, 21420 Pernand-Vergelesses. Visite sur rendez-vous du lundi au samedi sur demande, ou à l’occasion des événements réguliers qui s’y déroulent. Informationswww.maisonjacquescopeau.fr On visite aussi les jardins, en pleine rénovation.

copeaucolline
Moment studieux dans les jardins de la Maison Copeau avec en toile de fond, la colline de Corton. © Maison Copeau.


Pour connaître les 18 Maisons des illustres et leurs anciens occupants : www.dijonbeaunemag.fr/

Commentez !

Combien font "1 plus 7" ?