Traces Ecrites News prend ses quartiers d'été. Nous vous souhaitons également une belle pause régénératrice et vous proposons un retour sur des informations marquantes du second trimestre écoulé, avant de vous rendre compte de nouvelles actualités à partir du 28 août prochain. Aujourd'hui : Inocel. La société technologique française (à Grenoble) annonce le choix de Belfort, au Techn’hom dans un ancien bâtiment Alstom, pour la création de son usine de production de piles à combustible, représentant un investissement de 50 millions d’€ et visant à transformer au stade industriel le résultat de ses recherches.
ARTICLE PARU LE 11 MAI 2023. Quelque peu tapie dans l’ombre des dossiers plus médiatisés de McPhy à Fontaine (Territoire de Belfort) et de Gen-Hy sur le Technoland du Pays de Montbéliard (Doubs), le dossier Inocel vient apporter un étage de plus à la fusée hydrogène en voie de décollage dans le Nord Franche-Comté. Cette société technologique créée l'an dernier à Grenoble (Isère) a annoncé, le mercredi 10 mai, la création d’une usine « gigafactory » de piles à combustible à Belfort, sur le site du Techn’hom hérité de la grande époque d’Alstom.
Dans les 15.000 m2 de l'ancien bâtiment des Ailettes du groupe français, Inocel entend démarrer en septembre 2024 sa production grâce à la création de 150 emplois et un premier investissement de 50 millions d’€. A l’horizon 2030, la société affiche son ambition de 700 emplois, pour la fabrication, alors, d’environ 30.000 unités par an.
Un premier palier sera situé à 11.000 systèmes de piles en 2027, selon le plan de marche d'Inocel, qui compte s’adresser à trois marchés. « Nous démarrons par l’hydrogène stationnaire : alimentation de groupes électrogènes pour le BTP sur les chantiers, générateurs de secours, installations complémentaires d’énergie, ceci pour des gros consommateurs d’énergie comme les industriels, les data-centers ou les hôpitaux », décrit Jules Billiet, directeur général d’Inocel. « Il s’agit du segment le plus rapidement livrable, qui requiert des temps de développements plus courts. La seconde étape, en 2026, sera celle de la mobilité lourde (bus, camions, matériel ferroviaire, engins de chantier…) avant de viser le transport maritime », décrit le jeune dirigeant.
L’appellation « giga » peut s’accoler à ce projet au regard des commandes de la société, si l’on en croit ses données : « Nous avons engrangé 1 milliard d’€ de commandes », affirme son fondateur Mauro Ricci, désormais président du conseil stratégique après avoir cédé la présidence opérationnelle à son fils Benjamin.

La cause d’un tel engouement ? Les caractéristiques de la pile façon Inocel, qui se démarquent du marché et offriraient dès lors, des possibilités d’utilisation jusqu’alors inexplorées. Avec en particulier le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) dont elle est la voisine à Grenoble, la société technologique a mis au point une pile à combustible de 300 kilowatts, soit « la plus puissante à basse température du marché mondial », annonce-t-elle. « Une telle puissance équivaut à celle d’un moteur thermique pour un poids lourd de 44 tonnes. C’est donc une réelle alternative à l’énergie fossile dans le transport que nous apportons », précise Jules Billiet.
La société indique « maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur du système pile à combustible, de la plaque bipolaire aux composants auxiliaires. » Encadrée par une quinzaine de brevets, sa technologie repose en particulier sur l’optimisation de la surface active des plaques des piles et sur un pilotage informatique, au plus fin en association avec des partenaires dont l’un viendra à Belfort « dans les bagages » d’Inocel en y créant 15 emplois : Gecko, une société jusqu’alors à Nice que le spécialiste de la pile à combustible a récemment rachetée.
Belfort, un choix « de l’évidence »

Cette conception d’Inocel repose, en outre sur la modularité. L’ajout de modules permet de parvenir à un « attelage » de 3 mégawatts. Annoncée d’un rendement de 60 %, la pile mise au point se distingue aussi par sa compacité : « Nous plaçons dans 50 cm3 une puissance quatre fois supérieure à la moyenne du marché », souligne Jules Billiet. D’où un intérêt particulier dans l’application à des véhicules de transport : l’intégration y est aisée et la puissance ainsi concentrée doit permettre de réduire à son minimum le volume de batteries nécessaire, « voire à se passer de batteries », avance Benjamin Ricci.
Selon les données rapportées par Inocel, le marché mondial du plus de 300 KW pourrait s’élever à 15 milliards d’€ en 2030 au moyen d’une capacité de 125.000 à 150.000 unités annuelles tous compétiteurs confondus, qui se situent par ailleurs aux Etats-Unis et en Asie. Inocel pourrait alors en représenter quelque 20 %.
La société travaille à augmenter, en outre, son palier à 500 KW. L’arrivée à maturité de sa technologie « en seulement trois ans », relèvent ses dirigeants, l'amène à franchir le cap de l’industrialisation, elle qui se dédie pour l’heure à la R&D avec une équipe de 60 personnes à Grenoble, portée à 90 à la fin de cette année.
Il lui fallait donc trouver un terrain d’atterrissage pour cette nouvelle étape, et « le choix de la Bourgogne-Franche-Comté et de Belfort a relevé de l’évidence » pour Mauro Ricci et ses équipes. Référence à l’« écosystème de l’hydrogène » déjà ancien et qui continue à s’étoffer dans le Nord Franche-Comté, doublé de la « réactivité » des pouvoirs publics.
Des paroles en guise de pain bénit pour les représentants de l’Etat et les élus venus participer à la cérémonie d’annonce. Outre l’accompagnement du projet (préfectures, Agence économique régionale, services du Grand Belfort) et l’identification rapide des locaux au Techn’hom par la Sem Tandem, la puissance publique apporte sa contribution financière au projet : l’aide cumulée de l’Etat et de la région s’élève à 8 millions d’€, sachant que le dossier devrait pouvoir bénéficier aussi de crédits du fonds Maugis sous gestion privée issu des pénalités de General Electric pour non-respect de ses promesses de créations d’emplois à Belfort.
Inocel, pour sa part, va poursuivre les levées de fonds sur lesquelles reposent pour l’heure son modèle économique, en l’absence de génération de chiffre d’affaires. Une augmentation de capital de 16,5 millions d’€ a déjà été réalisée pour financer le début de l’industrialisation.






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