Le laboratoire pharmaceutique dijonnais, également implanté à Gray (Haute-Saône), améliore le traitement des réactions allergiques avec un médicament sans allergènes, plus stable et mieux injectable. Il séduit par ailleurs Allemands et Américains pour le traitement des crises d’épilepsies avec, pour ses derniers, une formulation parfaitement adaptée aux attaques terroristes d’agent neurotoxique.

 

Zenoe®, l’auto-injecteur sans aiguille (aux 400 brevets) mis au point par Crossject, fera bientôt merveille pour traiter dans urgence les chocs anaphylactiques, c'est-à-dire des réactions allergiques graves. La formulation médicamenteuse d’adrénaline qu’il contient a été revue et considérablement améliorée pour ne plus contenir dorénavant d’allergènes, notamment de sulfites, déclencheurs d’intolérance.

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Ce médicament d’urgence est par ailleurs annoncé avec une durée de vie beaucoup plus longue que celle de ses concurrents actuellement sur le marché et injectable dans sa quasi-totalité.
« Sachant que l’on peut mourir en dix minutes d’une piqûre de guêpe et en vingt minutes d’une allergie à l'arachide, posséder sur soi un traitement non périmé et parfaitement injectable permettra de sauver de nombreuses vies », certifie Patrick Alexandre, le président du directoire et fondateur du laboratoire dijonnais. De quoi créer un « blockbuster » mondial tant les besoins s’avèrent de plus en plus cruciaux.
L’entreprise ne s’y est d’ailleurs pas trompée en rachetant les droits de commercialisation de ce médicament accordé au niveau mondial à un partenaire exclusif en 2013. Ce qui lui permettra, selon une stratégie dorénavant affinée, de revendre à d’autres opérateurs une licence, cette fois-ci par pays ou zones mondiales de plusieurs pays, mais beaucoup plus cher.

 

Une capacité annuelle de 6 millions d’unités

Crossject (80 collaborateurs) vient d’ailleurs de le faire au second semestre 2019 en signant un accord commercial avec le laboratoire d’outre-Rhin DESINTIN Pharma pour une décennie concernant son second médicament phare ZENEO® Midazolam dédié aux crises d’épilepsie.
Ses performances intéressent aussi fortement outre-Atlantique, la Food and Drug Administration (FDA) et le département américain de la Défense (DoD), car cet auto-injecteur de benzodiazepine est « un traitement de référence pour les victimes d’attaque avec un agent neurotoxique du type organo-phosphoré [contenant du phsphore, ndlr ]. »

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Crossject prépare ici les kits à remplir, confiés ensuite à l'entreprise française Cenexi qui assure cette tâche et achève l'assemblage de l'auto-injecteur. © Crosjject

La crise sanitaire actuelle modifie le développement de Crossject qui prévoyait le dépôt en France des autorisations de mise sur le marché (AMM) cette année pour une commercialisation en 2021. Il pourrait aller plus vite en Allemagne et aux Etats-Unis, tout aussi exigeants mais moins tatillons, voire pinailleurs, sur les procédures.

 

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En attendant, le laboratoire dijonnais s’est doté avec son double site de Gray (Haute-Saône) d’un outil industriel d’une capacité de 6 millions d’unités. Ce qui lui permettra d’attendre trois à quatre ans avant d’investir entre 10 et 20 millions d’€ pour réaliser sur 30.000 m2 un site industriel flambant neuf  de  7.000 à 10.000 m2 à Gray.

Une entreprise toujours négative financièrement, mais…

Crossject assure sur son exercice 2019 près de 6 millions d’€ de produits d’exploitation, soit presque le double de l’an dernier (3,524 millions). Ne pouvant toujours pas commercialiser le moindre de ses médicaments et en conséquence ne générer que très peu de chiffre d’affaires, le laboratoire pharmaceutique demeure négative quant à son résultat net, mais beaucoup moins que l’an dernier : - 7,174 millions d’€ contre  - 10,711 millions.
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