Avec le concours de la société de transports de son fils et celui d'une entreprise de broyage, Sébastien Boillot commence à organiser la collecte, le tri et la préparation de portes et fenêtres usagées en vue du recyclage de leurs différentes matières. Il complète ainsi en aval l'activité de ses deux PME de menuiseries du bâtiment installées à Lavans-Quingey (Doubs) et Orgelet (Jura) et il rend service à l'environnement, par des solutions alternatives à l'enfouissement et à l'incinération. Entre la mise en place depuis un an et les nouveaux développements d'ores et déjà, l'investissement dépasse 1 million d'euros.
Le poseur de fenêtres s’en fait aussi le recycleur. Après avoir constitué un petit ensemble d’entreprises de fermetures du bâtiment, Boillot Fenêtres Fermetures fait un pas vers l’aval de son activité, en direction de la fin de vie des produits.
La société Menrec 25-39 que son dirigeant Sébastien Boillot a créée l’an dernier à Samson (Doubs) permet l’émergence d’une filière locale de collecte et de tri des différentes matières constitutives des portes et fenêtres, afin de les préparer à expédition vers les sites de leur valorisation, évitant ainsi l’enfouissement et l’incinération en décharge qui a (trop) longtemps présidé à leur destinée.
C’était avant, à savoir avant l’instauration du dispositif d’engagement des fabricants à trouver une solution d’élimination à leurs déchets, la REP (responsabilité élargie du producteur). Au fil de son déploiement, elle a fini par rencontrer le monde des fermetures. L’Etat l’a instaurée le 1er janvier 2023, autour de trois éco-organismes agréés : Valobat, Valdelia et Ecomaison.
Or Menrec 25-39 a su capter leur attention : la jeune société a obtenu son agrément auprès de chaque éco-organisme pour le département du Doubs et elle en a déposé le dossier pour les trois dans le Jura, ce qui explique les numéros constitutifs de la raison sociale de l’entreprise. Ainsi reconnue, elle a réussi son décollage. « Nous avons traité 200 tonnes en 2023, tandis que nous terminerons à 1.000 tonnes environ cette année et une nouvelle croissance est prévue l’an prochain », expose Sébastien Boillot.
Menrec a aménagé en conséquence un terrain d’1 hectare en sortie de Samson. Ce site lui a fourni l’espace pour s’organiser avec efficacité et clarté. Même si la surface se remplit vite ! A l’extérieur, les matériaux sont dirigés vers leur alvéole dédiée : le PVC, le verre, l’aluminium, le bois et la ferraille. Ils sont également stockés en partie dans le bâtiment couvert, une ancienne ferme reconvertie en atelier de démantèlement, qui sert en cas de mauvais temps ou en fonction d’autres impératifs.

Le PVC repart vers le centre de recyclage du fabricant Veka dans l’Aube (à Vendeuvre-sur-Barse) et le verre est dirigé vers l’usine Riou Glass de Salaise-sur-Sanne (Isère). Le bois, selon sa qualité, va rejoindre des chaufferies collectives ou l’usine Swespan (ex-Isoroy) à Lure (Haute-Saône) de fabrication de panneaux. Lorsqu’elles retournent à un fabricant, les matières usagées s’incorporent aux nouvelles productions. « 70 % des composants d’une menuiserie peuvent être recyclés », souligne Sébastien Boillot.
L’aluminium, pour sa part, fait l’objet de reprises locales. « Nous travaillons à la constitution d’une filière plus structurée de valorisation », indique le dirigeant. Ce sujet associe le « grand frère breton. » Avant d’essaimer en Franche-Comté, Menrec (pour Menuiserie-Recyclage) est en effet une création dans l’Ouest conjointe du fabricant de fenêtres Atlantem, de FenêtréA le fournisseur de menuiseries de Boillot, de Riou Glass et du transporteur Bohelay.
Pour sa phase de décollage, Menrec 25-39 a investi 500.000 euros. En 2025, le développement d’activité génère 668.000 euros additionnels. Cette seconde phase comprend la création d’une alvéole supplémentaire, la pose d’un revêtement béton sur le sol pour l’instant nu, et l’installation d’un pont à bascule. Il bénéficie des crédits de financement de la région Bourgogne-Franche-Comté, du département du Doubs et de la communauté de communes Loue-Lison.
Il va aussi renforcer l’effectif qui a commencé à se constituer. Avec une particularité : les quatre personnes qui le composent aujourd’hui sont toutes issues de l’insertion. Elles ont donc trouvé ici l’occasion d’un rebond dans la vie, sans critère d’âge puisqu’elles ont de 19 à 50 ans.
Réemploi avec la Ressourcerie du Haut-Doubs

Sébastien Boillot avance aussi sur une autre facette : le réemploi, solution encore plus vertueuse que le recyclage sur le plan environnemental, lorsque l’état de dégradation des produits le permet. Il va ainsi nouer un partenariat avec la Ressourcerie du Haut-Doubs à Vercel-Villedieu-le-Camps (Doubs) qui pourra proposer, dès les prochaines semaines, des fenêtres complètes à ses bénéficiaires.
La filière locale s’étend aussi à l’amont. Pour l'acheminement depuis les lieux de collecte, Menrec 25-39 fait appel au transporteur local SBTL (Société Boillot Transport Logistique) à La Chevillotte (Doubs), dont le dirigeant n’est autre que Teddy, le fils de Sébastien et associé dans la nouvelle société de Samson. L’expédition ensuite vers les lieux de valorisation requiert des camions à fonds mouvants de transporteurs plus importants. Quant au broyage des fenêtres, il est assuré, sur le site de Samson, par la société Sapolin Frères de Naisey-les-Granges (Doubs).
Ainsi se renforce un petit groupe qui reposait jusqu’alors sur deux pieds. Sébastien Boillot avait commencé en 2017 par reprendre Fenêtres Fermetures du Doubs créée sept ans plus tôt à Lavans-Quingey, puis en 2022, la PME Espace Fermetures Orgelet devenue Fenêtres Fermetures du Jura, dans cette commune jurassienne.
Le duo totalise 28 salariés pour un chiffre d’affaires annuel de 4,5 millions d’euros réalisé entièrement dans les prestations de pose, à 65 % pour les professionnels – une proportion qui a progressé dans le temps - et à 35 % pour les particuliers. Avec la société de transports, le groupe Boillot totalise 90 salariés dans son bassin d'emploi entre Besançon et Arbois.
La « nouvelle vie » qui sous-tend toutes les initiatives du dirigeant l’a concerné également à titre personnel : ancien militaire ayant servi pendant 25 ans, Sébastien Boillot s’est reconverti dans l’entrepreneuriat, au début de la quarantaine. « Une vocation familiale idéale pour concilier mon goût de la rigueur disciplinaire mais aussi de la pédagogie », tranche-t-il. L’alchimie paraît bien fonctionner. Et en bon stratège, il prépare l’avenir sans tarder. Ilona, sa fille de 24 ans, fourbit ses premières armes en vue de lui succéder, en dirigeant déjà l’entreprise de menuiseries du Doubs.

Pour attirer des candidats et fidéliser les salariés de ses sociétés en développement, Sébastien Boillot rencontre une double difficulté bien connue : face à la pénurie de main d’œuvre, le besoin d’aller la « chercher » assez loin, puis de lui trouver à loger à proximité. Alors, il a décidé de prendre les choses en main, en renouant avec une tradition des premiers capitaines d’industrie : faire habiter au pied du poste de travail.
En face du site de Menrec, lui-même distant de seulement 3 km de Fermetures Fenêtres du Doubs, le groupe a acquis une demeure qu’il restructure dans le but d' y aménager cinq logements réservé à des salariés du groupe. « Nous y réalisons 5 appartements deux et trois pièces qui sont proposés à nos jeunes collaborateurs, à un loyer réduit. Fenêtres Fermetures du Doubs se porte caution. Nous avons des personnes qui viennent de la zone de Pontarlier par exemple, et la pression du marché immobilier de Besançon se fait sentir au niveau des prix et de la tension de l'offre dans notre territoire », observe le dirigeant. Les travaux de 600.000 euros, entièrement autofinancés, démarrent en janvier, les logements devraient être disponibles en septembre prochain.


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