Basées au nord de Nancy, MS Techniques et sa société-sœur Transluminal continuent de progresser depuis leur rachat il y a quatre ans par le géant français des matériaux Saint-Gobain. Les deux entités accompagnent leurs clients dans le développement des cathéters de demain, des tubes utilisés en chirurgie mini-invasive permettant de réduire autant que possible les incisions.
En Lorraine, le nom de Saint-Gobain est davantage associé aux imposants tuyaux en fonte fabriqués par l’usine de Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle) qu’à de petits tubes de haute technologie utilisés en médecine. Le géant français de 160.000 salariés a pourtant acquis en septembre 2020 deux pépites régionales, MS Techniques et sa société-sœur Transluminal, spécialistes de la conception et de la production de tubes ou « cathéters » pour la chirurgie mini-invasive.
Créées respectivement en 1992 et 2006 à Pompey (Meurthe-et-Moselle) au nord de Nancy, elles sont venues enrichir l’entité « Life sciences » du groupe positionnée sur les composants polymères pour la pharmaceutique, le médical, l'agroalimentaire, l'électronique, etc. Le tandem totalisant 180 salariés (chiffre d’affaires non communiqué) continue de croître à un rythme élevé, avec plus des trois-quarts de sa production destinés à l’export. Bien implanté sur le marché de la cardiologie, les deux sociétés recrutent actuellement une dizaine de profils supplémentaires.
« Nous codéveloppons des dispositifs médicaux en partenariat avec notre clientèle, constituée aussi bien de grands groupes que de start-ups. Nos produits sont utilisés dans le traitement de certaines pathologies, notamment cardiaques, en pratiquant de petites incisions afin d’exploiter les voies naturelles du corps », détaille Cécile Dalle-Ferrier, la directrice des deux sites.
MS Techniques, la première née des deux sociétés cofondées par Etienne Malher et Sylvain Siegel, déploie ses savoir-faire dans l’extrusion de thermoplastiques de haute précision. Dans l’une de ses salles blanches, deux opérateurs déposent, un à un, de fins tubes d’environ 80 cm de long sur des plateaux, en sortie d’extrudeuse. « Tous nos équipements sont montés sur roulettes. Cela nous permet d’organiser chaque ligne sur mesure, en fonction du dispositif médical à fabriquer », note la directrice. Les ateliers sont par ailleurs répartis autour d’un couloir central de contrôle, point névralgique avec lequel ils communiquent via des sas.
En 2006, l’opportunité de participer à un projet innovant de remplacement de valves aortiques a poussé MS Techniques à aller au-delà de ses compétences en extrusion, pour se diriger vers l’assemblage de tubes. La petite sœur Transluminal est née de cette volonté. Elle a notamment été développée avec Medtronic CoreValve, fabricant d'un cathéter spécifique pour la mise en place de valves cardiaques par voie mini-invasive.
Cette véritable révolution médicale a permis de remplacer les interventions longues et risquées jusqu’alors pratiquées, avec ouverture du thorax, mise en place d’une circulation sanguine extracorporelle, etc. A Pompey, chaque cathéter peut cumuler entre 10 et 100 étapes d’assemblage. « L’extrémité doit être molle et arrondie afin de favoriser l’entrée dans le corps. Mais ensuite, le tube a besoin de davantage de rigidité, afin d’être en mesure de remonter le long d’un vaisseau sanguin par exemple. De même, au niveau de la poignée que manie le chirurgien pendant l'intervention, il faut que le cathéter puisse s’orienter dans différentes directions », illustre la responsable des sites.
Thérapies cellulaires, robots chirurgiens…
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© Philippe Bohlinger
Les défis en terme de recherche-et-développement ne manquent pas. Jean-Baptiste Pourchet, directeur des opérations de Transluminal, cite celui du « remplacement des autres valves cardiaques, plus difficiles d’accès », mais aussi l’avènement des robots-chirurgiens « sur lesquels nos cathéters doivent venir se connecter. »
Les thérapies cellulaires qui permettent de restaurer la fonction d’un tissu ou d’un organe grâce à l’injection des cellules souches demandent également le recours aux cathéters, dans le but de s'approcher au plus près des zones à soigner. Sur ce dernier point, Saint-Gobain « a l’avantage d’être déjà présent sur le marché de la pharmaceutique lui fournissant des solutions pour la production industrielle de médicaments », rappelle le directeur des opérations de Transluminal.
Afin de progresser sur son marché de niche, le duo d’entreprises joue la double carte de la fabrication de prototypes et de moyennes séries. Elles représentant la production d’une cinquantaine de pièces jusqu’à une centaine de milliers.
Cécile Dalle-Ferrier a pris la direction des sites MS Techniques et Transluminal en avril 2023, mais c’est dans la recherche-et-développement qu’elle a débuté sa carrière, en 2011 au centre transversal de R&D de Saint-Gobain à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). L’intérêt de cette Normalienne pour la production industrielle l’a ensuite conduite à piloter l’extension de l’usine de fabrication de verres plats du groupe à Cologne, outre-Rhin, avant de diriger son usine Norpro de Steinefrenz, toujours en Allemagne, productrice de billes de céramique.
Si le groupe Saint-Gobain est majoritairement tourné vers les métiers de la construction, Cécile Dalle-Ferrier insiste sur le fait que « les solutions hautes performances auxquelles sont intégrées les composants médicaux représentent 21% du chiffre d’affaires et 23% de son résultat d’exploitation. » A Pompey, la dirigeante pilote des équipes qui ont vu grandir les deux entreprises au fil du temps, à l’exemple de Jean-Baptiste Pourchet. L'actuel directeur opérationnel de Transluminal a fait partie de ses trois premiers salariés en 2006.



















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