Après avoir conforté sa présence à Sens, Nevers, Chalon-sur-Saône et ouvert de nouveaux sites à Dole et Montbéliard, l’établissement public d’enseignement supérieur vient d’inaugurer son antenne de Vesoul. Ce maillage, renforcé dans le cadre du programme national « Action cœur de ville », vise à faire du Conservatoire national des arts et métiers un acteur de la revitalisation territoriale par la formation dans toute la Bourgogne-Franche-Comté.
« Docet omnes ubique » : enseigner à tous et partout. Plus de deux siècles après sa naissance, en 1794, le vénérable Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) entend demeurer fidèle à sa devise latine d’origine. L’établissement public d’enseignement supérieur lui donne même une nouvelle résonance, en multipliant les implantations hors des métropoles. Il devient ainsi « un aiguillon de la réindustrialisation » selon les mots de Christophe Decreuse, son directeur en Bourgogne-Franche-Comté où il propose, en proximité, une cinquantaine de parcours de formation, de bac + 1 à bac + 5.
Le Cnam a ainsi récemment renforcé sa présence régionale à Sens (Yonne), Nevers (Nièvre) et Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) tout en ouvrant des antennes à Dole (Jura), Montbéliard (Doubs) et Vesoul (Haute-Saône). Dans cette dernière ville, les locaux – un bureau d’accueil et des salles d’examen mis à disposition par la communauté d’agglomération - ont été inaugurés mardi 14 novembre au sein de la Maison des Services récemment aménagée dans les anciens locaux de la délégation militaire départementale (DMD), aussi anciens que son nouvel occupant puisque remontant aussi à la fin du XVIIIème siècle.
Un effectif étudiant doublé en sept ans
Ce déploiement s’opère dans le cadre d’une convention signée en 2019 avec le ministère de la Cohésion des territoires. Ce partenariat national a offert aux villes moyennes retenues par le plan de revitalisation « Action cœur de ville » l’opportunité de consolider leur attractivité en développant une offre d’enseignement supérieur et de formation professionnelle, avec la possibilité d’un concours financier de la Banque des Territoires, émanation de la Caisse des dépôts. En Bourgogne-Franche-Comté, Vesoul a été la première à répondre à l’appel à manifestation d’intérêt lancé par le Cnam.
Une offre de formation s’y est donc progressivement mise en place avec une licence professionnelle « gestionnaire de paie » en octobre 2021 (dans les locaux du Greta-CFA) suivie, un an plus tard, d’une licence professionnelle en métrologie au lycée Edouard-Belin. En Haute-Saône, les étudiants peuvent également préparer des diplômes à distance. Un budget d’1,3 million d’€ sur trois ans est consacré à cette implantation vésulienne, abondé par la Banque des Territoires, l’agglomération et le Cnam. « Au bout de la quatrième année, nous devrons pouvoir autofinancer l’activité grâce à nos recettes », précise Laura Dupey, directrice adjointe.
Basée à Belfort, la délégation régionale compte 20 collaborateurs directs et 272 intervenants. Outre ses centres d’Auxerre (Yonne) et Dijon (Côte-d’Or), elle dispense également des formations à Mâcon (Saône-et-Loire), Poligny et Mouchard (Jura), Besançon, Mamirolle, Exincourt et Morteau (Doubs). En 2022-2023, 1.795 étudiants étaient comptabilisés en Bourgogne-Franche-Comté, soit le double de l’effectif enregistré en 2016.
Le panel de formations du Cnam en Bourgogne-Franche-Comté découle de partenariats conclus avec des lycées (publics et privés), des universités, des organismes consulaires ou des branches professionnelles comme l’UIMM. Reposant principalement sur des parcours en alternance, l’offre est construite de façon à répondre aux besoins du tissu économique local, en continuité avec les formations secondaires existantes, à l’image de la licence professionnelle « luxe et microtechniques » démarrée en septembre dernier à Morteau.
Le Cnam dispose également d’un important catalogue de « formations ouvertes à distance », allant jusqu’à bac + 8. Adaptée aux problématiques d’enclavement rencontrées par certains territoires ruraux, cette alternative dématérialisée répond à une demande, jugée croissante, de formation en autonomie, à domicile ou sur le lieu de travail.





















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