L'édification du château fort de Guédelon a démarré il y a 25 ans en pleine forêt dans l’Yonne, selon les techniques du Moyen-Âge. Elle devrait se poursuivre jusqu’en 2035 environ. Pour maintenir la dynamique d’un site touristique à succès, les propriétaires ont l’idée de bâtir un bourg castral.
A l’approche de cet été 2023, la construction du château fort de Guédelon, en pleine forêt sur la commune de Treigny, dans l’Yonne, aurait dû toucher à sa fin. Lorsque Michel Guyot, propriétaire du château de Saint-Fargeau, à 15 km de là, lança en 1997 ce chantier pharaonique avec les techniques et matériaux du 12e siècle, il estimait que l’aventure arriverait à son terme à la fin de 2025. Mis à part qu’il avait sous-estimé le succès de son entreprise, devenue l’un des premiers sites touristiques de Bourgogne avec 275.000 visiteurs (50.000 dès la saison d’ouverture à la visite en 1998). Il aurait été dommage de rompre une telle dynamique. L'édification va donc jouer les prolongations pendant une décennie supplémentaire.
Pour faire durer le plaisir, Maryline Martin, présidente du chantier médiéval et Florian Renucci, son conducteur de travaux (baptisé maître d’oeuvre au Moyen-Age), tailleur de pierre de profession, ont élaboré une double stratégie.

D’abord, l’ordre des étapes de réalisation n'est pas celui des 12-13ème siècles, la référence architecturale temporelle qui a été choisie. Le logis du seigneur a été achevé (2004-2012) avant l’enceinte défensive et ses six tours. Le visiteur peut ainsi déambuler dans la demeure seigneuriale, au rez-de-chaussée, arpenter la cuisine avec sa grande cheminée et son four à pain, le cellier et au premier niveau, la grande salle avec ses fenêtres géminées et ses peintures murales. Parallèlement, l’élévation des deux tours sur lesquelles s’appuie le logis a commencé. La tour de la chapelle fut la première à s'ouvrir à la visite, en 2019. Quant à la tour maîtresse, elle se dresse désormais aux deux tiers de sa hauteur finale de 28,50 mètres. Ses deux premiers niveaux donnent à voir la salle de tir et son impressionnante clé de voûte et au-dessus, la chambre du seigneur.
Entre archéologie expérimentale et spectacle

La tour du pigeonnier est l’une des attractions phares de cette saison touristique. Les charpentiers et couvreurs doivent parachever la couverture en tavaillons de chêne vert avant l’hiver. Les trois autres tours sont dans un état moins avancé : elles grandiront petit à petit au fil des années. « On a besoin de montrer un spectacle », justifie Sarah Preston, chargée des relations presse. L’autre opération très attendue cette saison consiste en l’installation de la herse au-dessus de la porte principale du château.
Pour jouer les prolongations, il a été par ailleurs décidé de bâtir un village au pied de l'édifice. La construction d’un moulin hydraulique à farine, à 500 mètres du chantier, tout comme celle d’un four banal qui sortira ses premières fournées avant la fin de la saison, formeront avec la chapelle, « projet imminent », les pièces maîtresses du futur « bourg castral » dont les contours ne sont pas encore complètement dessinés. 

Photo ci-dessus : l’atelier des couleurs fabrique des teintures végétales avec les plantes de l’herboristerie toute proche ainsi que des pigments minéraux issus des ocres et des argiles du lieu. © Traces Ecrites
Les faubourgs de ce bourg castral existent cependant déjà, avec les ateliers des artisans, installés dans le périmètre immédiat du chantier. Ils font partie du spectacle : les visiteurs assistent à l’extraction des blocs de grès dans la carrière à ciel ouvert au pied des remparts, à la fabrication des tuiles et pavements avec la terre argileuse des lieux, à la découpe des planches et des charpentes en provenance de la forêt du site et d’une seconde à une trentaine de kilomètres. Le chaufournier fabrique sur place la chaux qui sert de mortier pour le scellement des pierres. Un peu plus loin, l’atelier des couleurs montre la fabrication des ocres. Mélangées à du lait, de l’oeuf et du miel, elles serviront à décorer les intérieurs. L'artisan réalise aussi des teintures à partir de plantes pour l’obturation des fenêtres du logis seigneurial avec de la toile de lin.

Se mettre en scène devant le public et se rendre disponible pour répondre à toute question des visiteurs, fait partie du travail des artisans et ouvriers. « C’est un chantier pédagogique qui expérimente les anciennes techniques », rappelle Sarah.
Près de 70 salariés participent au projet, dont une quarantaine affectés à la construction, les plus anciens s’étant pour la plupart formés sur le tas. Les autres travaillent à l'accueil des visiteurs (billetterie, guides et animateurs pédagogiques, boutique, restauration) et à l’administration. Le chantier accueille aussi régulièrement des apprentis des métiers de la construction. Tout est autofinancé, insistent nos interlocuteurs. Les entrées et les ventes à la boutique d'objets, pour la plupart fabriqués sur place, génèrent un chiffre d’affaires de l’ordre de 5 millions d’€.

Informations pratiques
Entrée 15 € sur place, 14 € sur www.guedelon.fr - Moins de 17 ans, 12 € et 11 €. - Moins de 5 ans, gratuit. Egalement des pass famille.
Ouvert jusqu’au 5 novembre de 10h à 18h et de 9h30 à 18h30 pendant les vacances scolaires.


Photo du bas : Tout à gauche, la tour de la chapelle dont les ouvertures seront fermées par des toiles de lin peintes, en guise de vitres.
© Traces Ecrites
Le gîte et le couvert
• Le Bistrot du Château (10 rue du Petit Pont, 89344 Saint-Fargeau)

Laura Fronty ne ménage pas sa peine dans cette ancienne forge du château de Saint-Fargeau, dont certains éléments apparaissent encore. Gérante de ce restaurant depuis mars 2022, la jeune femme donne un élan plus que dynamique à son établissement installé aux portes du célèbre monument restauré depuis 1979 par les frères Guyot, grâce notamment à un spectacle historique mobilisant plus de 500 acteurs et 60 cavaliers. Laura et son équipe, dont un chef italien talentueux, proposent, avec 60 couverts et jusqu’à 150 personnes pour des séminaires, des menus et des plats qui varient au rythme des saisons. Les viandes sont ici vieillies - on dit maturées dans le métier - pour les rendre tendres et goûteuses à souhait. L’ambiance du lieu se veut décontractée : les exigeants sur tout et rien, les auteurs de commentaires de mauvaise foi, oubliez l’endroit ! Le restaurant ouvre 7 jours sur 7 de mai à novembre. Un belle adresse avec de surcroît une terrasse au bord de l’eau (Et oui, il y a parfois des insectes qui volent!). Informations : 03 86 44 23 69, info@bistrot-chateau.fr et https://lebistrotduchateau.com/contact/ (D.H)
• Chez l’Africaine de Puisaye, au Parc Naturel de Boutissaint (89520, Treigny-Perreuse-Sainte-Colombe)

Avant d’évoquer le magnifique parc à vision de grands animaux des forêts et montagnes, faisons une halte gourmande auprès de Laetitia Eliza Brun, cheffe d’un restaurant de plein air sous une magnifique halle où, à proximité, des hardes de cerfs et daims et parfois des compagnies de sanglier vivent une vie sauvage et paisible en parfaite harmonie avec le genre humain. Voici un vrai coup de coeur pour une cuisine du monde qui mélange à merveille textures, senteurs et saveurs de plusieurs continents. Jugez-en : salade d’Attieké, en entrée, qui est un mets traditionnel ivoirien à base de manioc. On poursuit, soit avec un Carnitas, plat mexicain à base d’épaule mijotée, ou une pintade Yassa mitonnée à la sénégalaise avec oignons frits et riz. Pour les plus jeunes, l’établissement évite nuggets et autres steaks hachés, pour proposer, par exemple, brochettes de maïs, chorizo doux, beignets de courgettes, le tout à la sauce rose. De quoi éduquer un peu mieux le palais des jeunes générations… Les prix sont attractifs : 30 € pour trois plats, 25 € deux plats et 12 € pour le menu enfant.
Bientôt des bisons d’Europe

Le parc de Boutissaint, vaste de 420 hectares, abrite pas moins de 400 grands animaux que l’on aperçoit ou voit évoluer parfaitement bien autour des sept points de nourrissage. Vanessa Beau, Pascal Paulmier et Charles Brunswick ont su négocier depuis juillet 2020 avec la famille de Pierre-Elie Borione (†), propriétaire et fondateur du parc animalier en 1968, son exploitation sur vingt ans. Il était temps. Parmi les projets à très court terme, l’arrivée de bisons d’Europe, puis des hébergements adaptés, de type écolodges, qui auront un impact limité sur l’environnement. Pour l’heure, les animations autour, entre autres de la ferme, du soin des animaux et des randonnées de pleine lune, ainsi que les parcours en VTT en allées cavalières, démontrent le potentiel d’un lieu unique en pleine renaissance. Petit conseil, les animaux font aussi la sieste et se cachent à l’ombre en début d’après-midi. Pour en savoir bien plus : 07 82 56 27 67 et https://www.boutissaint.com/ (D.H)
• Le Moulin de Corneil (3 place Lucien Gaubert, 89130 Mézilles)

Une jolie adresse tant par le cadre que la table. On se gare en passant devant le bar de la Mare aux Fées qui domine la rivière du Branlin où existait un gué, naguère. L’établissement appartient au même propriétaire que le restaurant Le Moulin de Corneil. Il propose des tapas faits maison, invite à des concerts le jeudi soir et à un brunch le dimanche (ouvert tous les soirs sauf le mardi). Un peu plus loin dans un parc d’un hectare, Cornélius, l’hôte des lieux, met en oeuvre, avec ses deux chefs, Adrien Genet et Arthur Sicé, une cuisine élaborée sans chichis, et copieuse, à base de très bons produits frais. Le service virevolte avec dextérité entre les tables en raison d’une belle affluence, tant l’endroit fort bien noté attire. On retiendra les indélogeables de la carte : côte de boeuf et, en été, l’épaule d’agneau. En entrée, la carte propose régulièrement différentes déclinaisons de tiramisus et pour les amateurs, les ris de veau s’assimilent à une tuerie. La salle de 40 couverts double l’été avec une terrasse de même capacité. De juin à juillet, le Moulin de Corneil ouvre tous les jours, sauf le mercredi et deux chambres invitent à des nuits champêtres. Plus d’informations : 03 86 45 41 94, lemoulindecorneilchambreshotes@gmail.com et https://www.lemoulindecorneil.fr/ (D.H)




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