Avec 27,35% des suffrages, les électeurs de Bourgogne-Franche-Comté placent Marine Le Pen en tête, à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle, avec un peu plus d’un point d’avance sur Emmanuel Macron. Dans le Grand Est, l’écart est plus grand. La candidate du Rassemblement National recueille 29,54% des voix, devançant le président de la République sortant de 2,26%. Dans l’est, elle est en tête partout sauf dans 5 des 18 départements : la Côte-d’Or, la Saône-et-Loire, le Doubs, le Bas-Rhin et le Haut-Rhin.


Le premier tour de l’élection présidentielle, dimanche 10 avril 2022, dessine une nouvelle fois une France des villes et une France des champs qu’accentue la relégation au second plan des partis historiques au profit des extrêmes. La France des villes a voté majoritairement pour Emmanuel Macron, la France des champs pour Marine Le Pen.

Jean-Luc Mélenchon a joué les trouble-fête en prenant la première place dans quelques villes, ou en repoussant la candidate du Rassemblement National à la 3ème place. Comme partout en France, Eric Zemmour (Parti Reconquête) occupe le 4e rang avec les scores respectifs de 7,15% en Bourgogne-Franche-Comté et 7,17% dans le Grand Est.

Le vote urbain pour Macron et Mélenchon, le rural pour Le Pen ? On retrouve ce schéma dans les deux régions. Les plus grandes villes y contribuent grandement. Les électeurs de la capitale régionale de Bourgogne-Franche-Comté, Dijon dont le maire PS François Rebsamen, avait déclaré son soutien au président de la République sortant, ont choisi ce dernier à 30% ainsi que sa voisine de Beaune (34%). A Nancy, la candidate du Rassemblement National est reléguée au 3e rang avec un piètre score de 11,32%, derrière Jean-Luc Mélenchon qui frôle les 30%, talonnant le président sortant (32%). Même scénario à Metz où E. Macron (30,40%) devance J.-L. Mélenchon (27,19%) et M. Le Pen (17,48%).

 

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Des villes plus petites font le choix du président sortant. C’est le cas en Saône-et-Loire de Chalon-sur-Saône, Le Creusot, Mâcon, Vesoul en Haute-saône et Nevers dans la Nièvre, en Alsace de Saint-Louis et de Colmar, dans les Vosges d’Epinal et de Vittel ; des villes qui aux municipales avaient diversement voté Les républicains, PS ou LREM.

La préférence va largement à Jean-Luc Mélenchon dans quelques grandes villes. A Mulhouse, il est en tête avec 36,06% et à Strasbourg avec 35,48% – Emmanuel Macron se plaçant second avec 30,70% dans la capitale du Grand Est et Marine Le Pen n’y réalisant de 11% –. Besançon, historiquement de gauche, met également en tête le candidat de La France Insoumise (32,31%).

Ce dernier a bénéficié de son statut de « mieux placé à gauche »  également dans Le Pays de Montbéliard (près de 30% à Montbéliard, près de 33 % à Sochaux, le berceau du constructeur automobile Stellantis). Il se place en tête à Belfort (29,54%). Bien que second, il fait aussi un beau score à Dijon (27%) reléguant Marine Le Pen à un modeste 15,11%. Sens  (Yonne), à la lisère de la région parisienne, met J.L. Mélenchon en tête, presque à égalité avec E. Macron.

Des exceptions cependant au constat « Les villes pour Macron et Mélenchon, les zones rurales pour Le Pen. » Des villes industrielles ont voté pour la candidate du Rassemblement National, traduisant un malaise ouvrier lié à des situations locales d’emploi et/ou de reconversion, et une confirmation du déplacement de l’électorat de gauche vers l’extrême droite déjà constaté en 2017 : Montceau (Saône-et-Loire), Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle),  Forbach, Saint-Avold, Hayange, Florange en Moselle où Emmanuel Macron n'occupe que la 3e position.

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Le candidat de la France Insoumise est arrivé en tête dans plusieurs villes de l'est, dont Mulhouse et Strasbourg © Source image : propagande du candidat.

 

Les territoires ruraux et leurs chefs lieux de canton où semblent se mêler un sentiment d’abandon et pour certains des problèmes d’emploi, ont largement plébiscité Marine Le Pen. C’est le cas de la Haute-Saône, du Jura, de l’Yonne (avec un score de 31%) et notamment les villes de Tonnerre et de Migennes, des Vosges (32,22%), de la Haute-Marne (36,60% devant E. Macron - 13 points de moins), également des Ardennes avec sensiblement le même écart avec le président sortant.  Egalement dans le Territoire de Belfort (27,37%) alors que le candidat de la France Insoumise l’emporte dans la ville centre, Belfort.

Il est également intéressant de regarder l’influence sur le scrutin des deux maires écologistes de l’Est élues en 2020,  Jeanne Barseghian à Strasbourg et Anne Vignot à Besançon. Satisfaction pour la maire franc-comtoise :  Yannick Jadot, le candidat Vert, fait mieux que son score national à Besançon, avec 6,39%. Mais à Strasbourg, il décolle à peine avec 4,96%, la moyenne nationale étant de 4,58%.

Après l'appel, dès dimanche soir, d'une majorité des candidats du 1er tour à voter Emmanuel Macron au second tour ou, à faire barrage à Marine Le Pen, plusieurs élus locaux de l'Est en ont fait de même lundi. Le président du Conseil départemental de Côte-d'Or, François Sauvadet (UDI), « parce que mon combat contre l’extrême-droite a toujours été clair » et François Rebsamen, le maire socialiste de Dijon : « Aucune voix ne doit manquer à Emmanuel Macron (...) L’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen serait une catastrophe non seulement pour notre pays, mais pour l’Europe. ». Egalement PS, David Marti, maire du Creusot et président de l'agglomération, Creusot-Montceau, appelle  « tous les électeurs qui se reconnaissent dans les valeurs républicaines à voter pour Emmanuel Macron. » Idem pour Jeanne Barseghian, maire EELV de Strasbourg, «sans aucune ambiguïté. »


Consulter les résultats par départements sur le  site du ministère de l’Intérieur.
Et les résultats France entière avec la même source, ici.
 

Relire l'analyse des résultats du second tour de l'élection présidentielle de 2017 dans l'Est sur Traces Ecrites News.

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