ECO)BREF. Cela s'est passé cet été... Le contournement ouest de Strasbourg touche à son but. La Papeterie de Raon reprend vie avec CVB Ecologistics. Mécatherm dans le giron d’Unigrains. La Compagnie vosgienne de la chaussure cherche repreneur. Les Grands Moulins d'Alsace en redressement. Apidis associé au miel d’Arnaud Montebourg. Fruits de la Terre va bâtir une usine de frites dans l’Aube.  L’association d’insertion Ressources face à la justice.

 

• Le contournement autoroutier de Strasbourg va se mettre en chantier.

 

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La traversée de la couronne ouest de Strasbourg par la future autoroute de 24 km. © Arcos.

 

Cette fois-ci, le contournement ouest de Strasbourg (COS) touche à son but… c’est-à-dire le début de ses travaux. De longues années de péripéties ont - sauf coup de théâtre - pris fin la semaine dernière. Le 30 août 2018, le préfet du Bas-Rhin a signé les arrêtés d’autorisation de démarrage de chantier maintes fois retardés, pour ce tronçon autoroutier de 24 km dont 22 à péage sous concession pendant 54 ans du groupe Vinci.

Le major du BTP devrait ainsi être en mesure de mettre le COS en service courant 2021. Les retards et les compensations environnementales supplémentaires font grimper un peu plus le montant de l’investissement, à 593 millions d’€ désormais.
Dans l’immédiat, l’Etat va devoir gérer au mieux l’évacuation de la – somme toute modeste – ZAD (zone à défendre) de sorte à ce que les travaux de déboisement puissent s’effectuer avant la date-butoir du 15 octobre pour la faune.
Selon les projections retenues par l’Etat, mais qui ne font pas l’unanimité, le COS baissera de 9 % le trafic actuel (165.000 véhicules/jour en pointe) sur l’A 35 longeant Strasbourg. « Le report atteint 15 % si l’on intègre l’évolution du trafic sans le COS, d’ici à sa mise en service », appuie la préfecture.

Pour les poids lourds, le « gain » se monterait à 40 %. Entre 6.200 et 7.500 poids lourds sont attendus chaque jour sur le COS, selon ses sections, soit 23 à 31 % du trafic prévisionnel doit osciller entre 20.000 et 32.000 véhicules journaliers.
Le grand enjeu reste la capacité à dévier effectivement le transit national et international de l’actuelle A 35 vers la nouvelle autoroute. « Loin d’un long contournement, celle-ci fait au contraire gagner 3 km par rapport à la traversée actuelle de l’agglomération », plaide Jean-Luc Marx, préfet du Grand Est et du Bas-Rhin.

Signalétique et contrôles vont conjuguer leurs efforts, mais jusqu’à quel point seront-ils suivis ? Surtout par les transporteurs allemands qui voient la traversée de Strasbourg comme un moyen pratique d’échapper à l’écotaxe de leur réseau ? Les questions restent ouvertes.
D’autre part, le COS ne réussira que s’il s’accompagne d’autres mesures en faveur du délestage de l’A 35. Mais de ce postulat, tous les décideurs sont convaincus et certaines dispositions commencent à se mettre en place, comme l’achèvement de la Voie de liaison intercommunale ouest (VLIO) sur près de 12 km : l’Eurométropole de Strasbourg en a démarré le processus fin juin en lançant de premières consultations de maîtrise d’œuvre, avec l’espoir de boucler les travaux au milieu des années 2020. M.N.

 

LCR

 

• La Papeterie de Raon reprend vie avec le néerlandais CVB Ecologistics.

 

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La papeterie de Raon, dans les Vosges. © Google Map.


Liquidée en février 2018 au prix de 68 licenciements, la Papeterie de Raon à Raon-L’Étape (Vosges), spécialisée dans le recyclage du carton à des fins alimentaires, est reprise par le néerlandais CVB Ecologistics, recycleur de matériaux.
La Papeterie de Raon va réactiver une partie de ses marchés : la sacherie destinée à l’industrie agro-alimentaire et le fast-food (notamment l’emballage des hamburgers de Mc Donald) ainsi que les fabricants de serviettes de table jetables.

Lionel Clerc, manager de l’usine, dit également vouloir développer la transformation en granulés, du polyéthylène contenu dans les briques de lait dont il recycle le carton, une activité qui selon lui, était sous commercialisée par l’équipe précédente. L’es équipements vont être modernisés au prix d’un investissement de 3 millions d’€ sur trois ans. L’effectif, d’une quinzaine de personnes au début de l’été, pourrait doubler rapidement.
Avec la reprise de l’outil de production de la Papeterie de Raon, CVB Ecologistics affirme dans un communiqué, avoir trouvé « une solution durable » d’approvisionnement pour la fabrication de papier d'emballage blanchi et non blanchi de 18 à 50 grammes. Une partie de cette matière première provenait de Chine dont les conditions d’importation se sont complexifiées. C.P.

 

bpalcseconde

 

• Wendel sur le point de céder l’Alsacien Mecatherm à Unigrains.

 

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Mécatherm fabrique des lignes de panification. © Mecatherm.

 

Le 31 juillet, Wendel actionnaire de Mecatherm depuis 2011 est entré en négociation exclusive avec Unigrains, société d’investissement contrôlée par les céréaliers français, pour la cession du fabricant de lignes de fabrication de boulangerie de Barembach (Bas-Rhin) d'une « une valeur d’entreprise de 120 millions d’€, soit environ 10 fois l’Ebitda attendu fin 2018. », précise un communiqué. L’opération devrait se finaliser au quatrième trimestre 2018.
Unigrains, qui gère aujourd’hui 1 milliard d’€ dans près de 150 entreprises, voit dans le projet Mecatherm « la possibilité de se doter d’un savoir-faire unique dans le domaine de l’équipement pour les industriels de la panification. »
Mécatherm (chiffre d’affaires de 100 millions d’€, 459 salariés) présidée par Olivier Sergent, devrait trouver avec son nouvel actionnaire les moyens de poursuivre son développement à l’international marqué ces dernières années par l’ouverture de bureaux au Mexique et à Kuala Lumpur, en Malaisie, et une poussée sur les marchés africains. C.P.

 

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La CVC est l’héritière du savoir-faire des usines André implantées en 1896 à Nancy. © CVC.

• La Compagnie vosgienne de la chaussure cherche repreneur à son pied.

 

Le groupe allemand Hanse Industriekapital jette l’éponge, un an et demi après le rachat de la Compagnie vosgienne de la chaussure (CVC) basée à Champigneulles (Meurthe-et-Moselle). Le tribunal de commerce de Nancy a prononcé le 24 juillet 2018 le placement en redressement judiciaire de l’entreprise (130 personnes, 11,6 millions d’€ de CA en 2017).

Une période d’observation de six mois a été ouverte pour permettre de trouver un repreneur à cette usine labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV). « Hanse Industriekapital affichait un beau projet, celui de repositionner l’entreprise dans le moyen-haut de gamme. Cette ambition n’a malheureusement pas pu se concrétiser », déplore Francisco Rodrigues, délégué CGT à la CVC. Les éventuels repreneurs ont jusqu’au 11 septembre pour se faire connaître auprès de l’administrateur judiciaire.
Héritière du savoir-faire des usines André implantées en 1896 à Nancy, la CVC a été cédée par Vivarte au holding allemand le 23 décembre 2016. Le groupe français ne parvenait plus à rentabiliser la fabrication dans l’hexagone de produits d’entrée et moyen de gamme pour ses marques La Halle aux Chaussures, André, Minelli, San Marina, Besson, etc. P.B.

 

 

cdjura

 

• Les Grands Moulins d'Alsace en redressement judiciaire.

 

Dans l’impossibilité de payer ses créanciers, la minoterie d’Alsace, cotée à la bourse de Paris, et sa principale filiale GMS Meunerie, ont été placées en redressement judiciaire fin août auprès du Tribunal de grande instance de Strasbourg. Les autres filiales du groupe (chiffre d’affaires de 219,1 millions d’€, 441.000 € de résultat net), logées dans des entités juridiques distinctes, ne sont pas à ce jour en état de cessation des paiements.

Le groupe (25 à 30 millions de sachets de farine par an) qui exploite 8 moulins en France et 3 en Allemagne, et emploie 180 personnes à Strasbourg, a des difficultés de trésorerie depuis plusieurs années. Selon la direction, la goutte d’eau serait la perte de son principal marché export, l’Angola, associée à des charges générées par un conflit d’actionnaires et un refus de l'administration de geler des sommes dues au titre de la taxe sur la farine.

L’Union des Syndicats des Travailleurs de l’Agroalimentaire et des Forêts (USTAF) CGT dénonce « des fautes graves de gestion » avec la « condamnation pour entente illicite par l’Autorité de la Concurrence », des opérations commerciales aventureuses en Afrique, et une croissance externe galopante ces dernières années. Une nouvelle audience au TGI de Strasbourg aura lieu le 22 octobre. C.P.

 

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• Apidis associé au projet de miel « Belu Blanc Ruche » d’Arnaud Montebourg.

 

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Le projet mené avec le producteur de miel dijonnais Apidis veut encourager le développement des ruches pour abeilles méllifères. © Apidis.

 

C’est avec la société Apidis, l’un des principaux producteurs français de miel, basée Dijon, qu’Arnaud Montebourg, l’ancien ministre de l'Economie et du Redressement productif et ancien député de Saône-et-Loire, va concrétiser sa reconversion dans le miel avec la création d’une marque « Bleu, Blanc, Ruche », a annoncé ce dernier début août.
Apidis conditionnera et distribuera le miel acheté auprès d’apiculteurs français « à un prix supérieur au marché, de quelques dizaines de centimes », en contrepartie d’un engagement à augmenter leur parc de ruches.
La marque qui vise le label « Origine France garantie » et se positionne comme une oeuvre en faveur de la survie des abeilles mellifères, sera lancée le 10 septembre 2018 sur la plateforme de financement participatif Ulule, avec une prévente de pots de miel disponibles à partir d’octobre.
Le projet est piloté par la Société d'élevage et de repeuplement des abeilles dont Arnaud Montebourg est actionnaire à hauteur de 35% aux côtés de plusieurs apiculteurs. En janvier, elle prévoit d’ouvrir à Dijon une École des Hautes Études Apicoles, qui formera en alternance 10 à 20 élèves pendant 6 mois au métier d'apiculteur. C.P.

 

carrefourdesmaires

 

• Fruits de la Terre élabore un projet d’usine de frites dans l’Aube.


Le producteur, conditionneur et grossiste en pommes de terre les Fruits de la Terre, à Torcy-le-Petit (Aube) porte le projet d’une usine de frites surgelées, rapporte Les Petites Affiches Metot Braine.
L’unité d’une capacité de 50.000 tonnes de frites par an représente un investissement de 40 millions d’€ et pourrait être opérationnelle fin 2019. Parallèlement, Thierry Laporte, PDG de l’entreprise (chiffre d’affaires de 19,78 millions d’€ en 2017), a mobilisé des agriculteurs champardenais pour lancer 1.500 à 1.800 hectares de culture de variétés adaptées.
Le projet contribuerait à renforcer la filière transformation de la pomme de terre en Champagne Ardenne qui, 3ème région de production en France, cultive principalement de la pomme de terre de conservation. C.P.

 

négociants

 

• L’association d’insertion par l’économique Ressources à Dijon face à la justice.


L’association loi 1901 Ressources à Dijon a déposé le bilan fin juillet. Elle emploie une quarantaine de personnes qui forme et place des personnes en situation de difficultés professionnelles et/ou personnes (chantiers d’insertion notamment).
L’association d’insertion par l’économique s’est vue refuser une subvention de 150.000 € du conseil départemental de la Côte-d’Or, faute d’avoir transmis les documents nécessaires à cet agrément. Les salariés, mobilisés, dénoncent une « gestion calamiteuse » du précédent président, Didier Proriol. Le procureur de la République a d’ailleurs été saisi.

Une audience au tribunal de Dijon est prévue le 7 septembre à l’issue de celle-ci, la liquidation judiciaire de l’association pourrait être prononcée. En savoir plus  en lisant les deux articles de notre partenaire k6fm 

ici et ici. C.P.

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