Le spécialiste des équipements sportifs Abéo, implanté à Rioz (Haute-Saône), poursuit sa croissance. Avec l’acquisition de deux nouvelles sociétés, et le lancement d’une offre pour devenir actionnaire majoritaire d’une troisième, la société familiale ne cesse de grandir.
Avec un chiffre d'affaires de 248,7 millions d’euros, Abéo est resté sur la même lignée en 2024-2025 que lors de son exercice précédent (*). « C’est une année contrastée, nuance cependant le président-directeur général de l’entreprise haute-saônoise, Olivier Estèves. Si la France reste sa plus grosse part du marché, le chiffre d'affaires réalisé dans notre pays a reculé de 7% : « Nous avons souffert des conditions politico-économiques, analyse Olivier Estèves, car une bonne partie des budgets qui alimentent notre activité ici provient de la puissance publique, et surtout des collectivités locales, qui ont été soumises à une incertitude politique et budgétaire. » Autre explication plausible de ce recul : l’effet JO de l’année précédente, qui avait boosté l’activité de l’équipementier.
La division historique de l’entreprise, dédiée à la fabrication de produits d’aménagement de vestiaires collectifs, et qui occupe une large partie des 120 salariés du site de Rioz, « se porte bien », assure Olivier Estèves. « Elle est un peu affectée par le climat économique français, mais reste très performante », rassure-t-il. Pour rappel, c’est dans la commune de Haute-Saône qu'Abéo est née en en 2002, en résultante du rapprochement de l’entreprise familiale France Equipements et de Gymnova. Le site a conservé l’activité historique ainsi que le siège social, les quelques 1.600 autres salariés du groupe étant répartis entre les différentes filiales, un peu partout dans le monde.
Car l’international est devenu le principal pilier d’activité. Abéo réalise hors de France 75% de son chiffre d'affaires. Au cours de l'exercice dernier, il y a enregistré une croissance de 3 %, en contraste avec un léger recul dans l’Hexagone. Les marchés étrangers ont également dopé les prises de commandes en hausse de 6,1 % sur un an.

Pour adresser l’Europe, l’Amérique du Nord, et l’Asie, Abéo mise depuis ses débuts sur le rachat d’entreprises du secteur : pas moins de 22 sont entrées dans son giron depuis 2002. Le mouvement s’est poursuivi cette année. Deux nouvelles sociétés ont rejoint le groupe, qui augmentent ainsi ses effectifs de 260 personnes : Eli Play, l’un des leaders européens d’équipements de loisirs intérieurs (aires de jeux, parcs de trampolines…) installé aux Pays-Bas, et Sodex, fabricant français implanté au Vietnam, et spécialisé dans les équipements sportifs tels que les buts de football, les filets de tennis, ou encore les haies d’athlétisme.
Chacune de ces acquisitions vise deux objectifs principaux : « Compléter notre gamme de produits et étendre notre empreinte géographique », explique Olivier Estèves. Le dirigeant développe à propos de Sodex : « cette société est très présente dans l’outdoor, alors qu’historiquement, Abéo ne l’est pas. Et son implantation au Vietnam va nous permettre de développer davantage nos ventes dans cette partie du monde, tout en faisant bénéficier à certaines de nos entités de coûts de fabrication performants, pour attaquer des marchés où la concurrence est très agressive. C’est notamment le cas dans les pays dits ‘émergents’, où les ressources consacrées au sport sont limitées, et où nous connaissons donc une forte pression sur les prix, surtout face à la concurrence chinoise », détaille le PDG. Celui-ci affirme qu’« aucun transfert de production » n’est prévu de la France vers ces pays.
Un « cap supplémentaire » avec Vogo, le partenaire pour la digitalisation

Abéo a annoncé une autre opération d’ampleur à concrétiser d’ici la fin de l’année 2025 : une offre publique d’achat d’actions de l’un de ses partenaires depuis 2019, l’entreprise montpelliéraine Vogo. « Ce n’est pas une opération financière, c’est un projet industriel », avance Olivier Estèves. Dans sa logique de diversification, le fondateur d’Abéo voit en Vogo une opportunité pour conquérir les les sports collectifs, mais surtout pour intégrer des solutions digitales : « Cette entreprise propose des solutions audio et vidéo pour le monde sportif, et notamment pour les disciplines collectives, dont le football, segment sur lequel Abéo est insuffisamment présent », note Olivier Estèves.
Le patron d'Abéo dit « croire beaucoup dans la digitalisation progressive des équipements. Nous pensons que le matériel devra à terme intégrer une telle dimension, afin de capter ou délivrer des informations liées à la performance, à la santé des athlètes, à l’arbitrage… » L’offre de rachat doit encore faire l’objet de différentes validations, dont celle de l’Autorité des Marchés Financiers, Abéo comme Vogo étant cotées en Bourse. C’est à l’issue de cette offre que l'on saura si le groupe franc-comtois deviendra ou non majoritaire au sein de son partenaire.
De son côté, le conseil d’administration de la société montpelliéraine a « accueilli favorablement l’offre », selon un communiqué. Celle-ci « ne devrait pas entraîner d’incidence particulière sur les effectifs de Vogo, sa politique salariale ou la gestion de ses ressources humaines », affirme encore le document.
Le 15 juillet prochain, la Haute-Saône accueillera l’assemblée générale annuelle d’Abéo. Outre la classique approbation des comptes et des décisions correspondant à la gestion courante de l’entreprise pour 2024-2025, les actionnaires procéderont au vote sur l'opération Vogo.
(*) clôture au 31 mars
Photos fournies par l'entreprise













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