Nous marquons la première pause de la saison 2024/25 à l'occasion de cette semaine de congés. Nous vous proposons de revenir sur des actualités qui ont jalonné la vie économique de la rentrée en Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand Est. Aujourd'hui : Delfingen. L'équipementier automobile a connu une décélération de son chiffre d’affaires et de ses résultats au premier semestre 2024. Il engage une « restructuration » donnant la priorité aux marges sur les volumes. En, conséquence, 450 postes dans le monde seront supprimés. Les fondamentaux de la croissance du groupe ne sont pas remis en cause, insiste sa direction.
Article publié le 24 septembre 2024.
Les vents récents ont été plus porteurs pour Delfingen. Mais aujourd’hui, les tempêtes du marché automobile viennent souffler sur l’équipementier basé à Anteuil (Doubs). Dans une certaine mesure, relativement limitée, mais qui font basculer l’ETI familiale habituée aux « + » (elle a presque doublé de taille en trois ans) dans les cases « moins » : baisse du chiffre d’affaires semestriel 2024 de 5,6 % (*) soit un montant de 224,7 millions d’euros, - 8,3 % d’Ebitda (**) et, in fine, un résultat net négatif de 5,6 millions d’euros.
La diminution des effectifs représente l'impact le plus visible de la « restructuration » décidée en réaction par la direction du groupe. Delfingen va supprimer 450 de ses 4.000 postes de travail dans le monde. La mesure touchera principalement une usine au Mexique qui va se séparer de 220 salariés et celle de 180 personnes en Slovaquie, à Zlate Moravce, qui va fermer.
Elle viendra aussi effleurer le siège d’Anteuil de 275 salariés : celui-ci perdra « 10 à 15 » postes, « par non-remplacements de départs et quelques licenciements », annonce le vice-président exécutif aux finances Christophe Clerc. Anteuil part ainsi à rebours du programme d’embauches qui avait été prévu à son bénéfice l’an dernier. Sur les différents sites concernés, les mesures sociales sont appelées à prendre effet « entre la fin du 1er trimestre et du 1er semestre 2025 », ajoute le dirigeant.
« Le groupe n’est pas en difficultés », ne manque pas de préciser Christophe Clerc. Sa marge brute a augmenté au d’1,5 point au premier semestre pour représenter 50,9 % du chiffre d’affaires, par l’effet toutefois avant tout de prix d’achat de matières moins élevés. Son Ebitda de 22,8 millions d’euros maintient ceui-ci dans le ratio significatif de 10 % du chiffre d’affaires, son endettement diminue sur un an de près de 4 millions d’euros (à 119,8 M€, en hausse par contre de 800.000 euros sur un semestre). Par ailleurs, la direction souligne qu’il convient de relativiser l’évolution, du fait d’une « base de comparaison défavorable », à savoir un premier semestre 2023 qui, lui, avait été exceptionnellement bon.
Mais sans surprise, les soubresauts du marché automobile se répercutent sur Delfingen. C’est ainsi que le « ralentissement et le retard de démarrage de certaines plateformes électriques aux Etats-Unis et en Allemagne » pèsent sur le bilan de début 2024. Le vice-président aux finances rappelle aussi la « forte compétition sur les prix. »
Priorité aux tubes à valeur ajoutée

Ce contexte n’étant toutefois pas appelé à s’estomper dans un futur proche, Delfingen engage sa réorganisation, dénommée Impulse 2026. Elle s’adresse en premier lieu à la division de tubes pour les transferts de fluides dans l’automobile, dans le sens d’une réduction de sa voilure, selon le mot d’ordre « prioriser la valeur aux volumes. » « Lancée il y a dix ans, cette activité n’a cessé de représenter un foyer de pertes », rappelle Christophe Clerc.
Et dans la situation du moment, l’équipementier estime ne plus pouvoir les supporter. D’où ses décisions pour les sites du Mexique et de Slovaquie, celui-ci allant disparaître de sorte à concentrer en Roumanie les capacités d’Europe de l’Est. L’essentiel de la fabrication de ces tubes, qui pèsent environ 1/6ème du chiffre d'affaires, représente « une faible valeur ajoutée, celle-ci venant des éléments qui s’y raccordent, comme les connecteurs et valves », expose Christophe Clerc. La stratégie consiste, dès lors, à recentrer la division sur l’extrusion de tubes techniques, générateurs de meilleures marges. Elle permet aussi de préparer la fin du moteur thermique, que les tubes Delfingen « standards » équipent.
A contrario, l’activité phare des systèmes de production est confortée, tout en passant par une phase d’« optimisation. » Delfingen revendique une place parmi les leaders mondiaux des solutions de protection de câbles, par tubes plastiques et aussi par gaines textiles. Enfin, la diversification vers d’autres débouchés industriels va se poursuivre, après être entrée dans une nouvelle dimension au printemps 2023 à la faveur du double rachat des sociétés Reiku en Allemagne et Ahn Chem en Corée du Sud.

L’objectif d’ « accélération » guide l’ETI franc-comtoise pour cette spécialité qui a représenté 17 % du chiffre d’affaires de janvier à juin 2024. La croissance externe en demeure un axe stratégique de court terme. La restructuration qui s’engage doit la servir. « Nous prenons les mesures qui nous permettent de conserver les marges de manœuvre pour notre développement », expose Christophe Clerc, avant d’ajouter : « Après une forte croissance, un temps de pause est bienvenu dans une certaine mesure. »
En millions d’euros (M€) et en évolution organique par rapport au 1er semestre 2023
Chiffre d’affaires : 224,7 M€ (- 5,6 %)
dont automobile 187,1 M€ (- 5,6 %) et industrie 37,6 M€ (- 5,4 %)
Ebitda : 22,8 M€ (- 8,3 %)
Marge opérationnelle courante : 11,7 M€ (- 26,9 %) soit 5,2 % du CA
Résultat net part du groupe : - 5,6 M€ ( contre + 7,0 M€)
Endettement net :119,8 M€ (-3,2 %)
Ratio de gearing (dette nette/capitaux propres ) : 84,8 % (contre 80,5 %)
Photos fournies par l'entreprise.
(*) à périmètre constant et après neutralisation des effets de taux de change
(**) bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements
















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