L’industriel franc-comtois, coté en bourse et spécialiste pour l’automobile des gaines de protection des câblages électriques et des tubes en plastique dédiés au transport de fluides, entre par la grande porte dans le club des entreprises qui font bouger l’industrie. Il décroche comme première entreprise de Franche-Comté le label Vitrines Industrie du Futur et est exposant au salon BE 4.0, aujourd'hui et demain, 19 et 20 novembre, au Parc des expositions de Mulhouse, en compagnie de la start-up WuDo qui fait partie de sa communauté digitale.

 

Gérald Streit, PDG du groupe franc-comtois Delfingen, n’est pas peu fier de voir labellisé Vitrines Industrie du Futur son site historique d'Anteuil (Doubs) et siège du groupe.
L’équipementier automobile qui réalise 80% de son activité dans les solutions de protection des réseaux embarqués et les tubes techniques pour transfert de fluides, entre ainsi dans le club de la petite centaine d’entreprises reconnues pour faire bouger l’industrie, notamment via les nouveaux outils numériques du 4.0.

 

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Mais qu’à donc fait Delfingen pour mériter une telle distinction, née en 2015 et décernée par le comité de l’Alliance Industrie du Futur (association loi de 1901), dans le but de moderniser les procédés industriels grâce au digital, mais pas seulement ?

L’entreprise apprenante

« Il y a trois ans, nous avons voulu changer petit à petit la culture du site d’Anteuil, mais aussi que cela vienne de nos 260 collaborateurs présents sur place et se fasse au sein de notre écosystème : l’UTBM, le Pôle Véhicule du Futur (PVF), le Campus des métiers et des qualifications… », justifie Kevin Appointaire, le directeur des affaires juridiques.
Dans cette optique,  naît en 2017 la Delfingen Academy, centre de développement des compétences, tout spécialement dans le digital. « Une journée par mois, baptisée l’Atelier, et par brique de 30 minutes, nos salariés peuvent s’initier au 4.0 : réalité virtuelle, cobot, automatismes… »

Le groupe Delfingen Industry

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L'unité d'Anteuil, dans le Doubs, distinguée comme usine du futur. © Delfingen
C’est en 1954, que Emile Streit, originaire de Radelfingen (Suisse) crée la société Sofanou à Anteuil (France). Son fils, Bernard Streit, rejoint l’entreprise le 1er août 1973. Il en prend la présidence en 1984 et engage un virage stratégique : Sofanou passe alors de l’ère artisanale à l’ère industrielle. L’entreprise se spécialise et s’oriente dans l’extrusion de gaine annelée pour la protection des faisceaux électriques embarqués pour la filière automobile.
L’internationalisation débute en 1992 avec les premières acquisitions à l‘étranger. En 1996, l’équipementier entre au second marché de la bourse de Paris, et s’implante sur le marché américain deux ans plus tard. C’est en 2007 que Sofanou change de nom et devient Delfingen, en hommage à ses origines suisses.
L’année 2015 marque un tournant historique. Gérald Streit, fils de Bernard Streit, qui a rejoint le groupe en 2011, prend la direction générale de Delfingen. (source Wikipédia). Le chiffre d’affaires 2018 atteint les 204 millions d’€ et l’effectif s’élève à 2.600 personnes, réparties sur une trentaine de sites dans 20 pays.

Cette démarche met aussi en avant « l’intrapreunariat ». Il consiste à favoriser l’émergence de projets innovants par les salariés eux-mêmes pour les transformer en activité à part entière. Chez Delfingen, cela s’appelle The Annex : les idées proposées font l’objet d’un vote, via une plateforme, puis sont en suite éprouvées dans un « openlab » qui prochainement sera ouvert sur l’extérieur.
Depuis juillet 2018, quatorze projets entrés en phase d’accélération bénéficient d’un budget. « Ce n’est pas tout à fait du 4.0, mais dans la droite ligne de notre ambition globale, un jardin en permaculture sera ouvert aux enfants du village et a l'ambition de devenir un lieu de rencontre », indique le directeur des affaires juridiques.

 

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Le pendant de cette initiative a pour nom cette fois «  interpreneuriat » et se fixe d’innover à plusieurs entreprises. Une plateforme informatique, WuDo, fondée par des collaborateurs de Delfingen, les met en relation. Il suffit de déposer un projet et elle fait le lien et le liant en suscitant le partage de compétences entre les membres, voire en faisant appel à des experts extérieurs. Cette communauté d’intelligence collective fédère entre autres : Lisi AutomotiveMetalis (automobile), OCI (informatique) et PVF.

Qui est Gérald Streit ?
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Gérald Streit, président et directeur général (au centre), Christophe Cler, vice-président exécutif en charge des services supports (RH, Finance, Juridique et Communication), à gauche, et Marc Lemke, Vice-Président exécutif en charge des systèmes d'information (informatique). © Delfingen
Le patron de Delfingen, âgé de 43 ans, ne serait jamais entré dans l’industrie sans une bonne dose d’atavisme. Troisième génération aux commandes de l’entreprise familiale, devenue au bout de plus de 25 ans un groupe international, Gérald Streit suit une formation de médecin en rhumatologie puis devient de 2005 à 2007, chef de clinique au CHU de Besançon. Il part ensuite dans le privé exercer le métier de rhumatologue, et se forme deux jours par semaine aux métiers de Delfingen. Le déclic d’abandonner l’univers médical pour plonger au cœur des fabrications de l’entreprise des aînés, vient-il de ce mois de juillet 2011 ? De direction en direction jusqu’à la générale, pour enfin devenir l’an dernier le PDG avec la bénédiction de son père Bernard.
1 commentaire(s) pour cet article
  1. Gerard Valletdit :

    Bravo à Delfingen pour cette récompense, mais surtout pour ce qu'elle fait au sein de notre territoire

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