EMBALLAGE. Gagner en valeur ajoutée pour résister dans un secteur traditionnel et très concurrentiel, les Papeteries du Rhin en prennent le bon chemin.

Depuis son investissement en 2009 et 2010 qui l’a clairement réorienté vers le moyen-haut de gamme,  le fabricant de cartons pour tubes d’Illzach (Haut-Rhin) tourne à pleine capacité et fait bondir son chiffre d’affaires.

Si l’avenir paraît bien consolidé, Fabien Blanchard, le président, garde l’œil rivé sur un indicateur : les prix de la matière première. Les cours du papier recyclé subissent  des flambées régulières.

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La mise en rapport de quelques chiffres dit déjà beaucoup : «En 2009, nous avions produit 64 000 tonnes pour 20 millions d’€ de chiffre d’affaires, l’an dernier nous sommes passés à 70 000 tonnes et 34 millions d’€», décrit Fabien Blanchard, président de l’entreprise de 72 salariés.

Le mouvement a été impulsé par la maison-mère, le fabricant de tubes familial allemand Kunert. Depuis sa prise de contrôle à 100 % en 2005, celui-ci a d’abord augmenté la capacité à 65 000 tonnes/an - 2011 a donc même marqué un dépassement de ce seuil nominal -, puis injecté 6 millions d’€ en matériel pour modifier le mix produit.

Il s’agissait de passer de cartons standards à des produits plus sophistiqués, par exemple des cartons de plus en plus résistants qui permettent de fabriquer des tubes pour l’enroulement de grosses bobines de papier.

«Le moyen-haut de gamme représente désormais 95 % de notre production», souligne Fabien Blanchard. Ce repositionnement produit s’est vite répercuté dans les ventes, car le principal client (80 %) se trouve être … Kunert.

Les vieux bâtiments hérités d’une activité industrielle de plus de 150 ans ne sauraient tromper : à l’intérieur des murs, c’est le matériel dernier cri qui règne en maître.

Pour expédier la production, le transport commence par un exercice de slalom.

Rattrapé par l’urbanisation en périphérie de Mulhouse, le site n’est séparé que de quelques mètres des premières maisons alentours. Une situation pas facile, dont l’entreprise a appris à s’accommoder.

Si l’avenir paraît bien consolidé, Fabien Blanchard garde l’œil rivé sur un indicateur : les prix de la matière première.

Les Papeteries du Rhin s’approvisionnent exclusivement en papiers recyclés, dont les cours sont soumis à des flambées régulières, sous l’effet notamment d’exportations de France vers…la Chine (tant mieux pour la balance commerciale, tant pis pour les bilans carbone).

Après une accalmie au second semestre 2011, le phénomène a repris de plus belle ces dernières semaines : «sur nos qualités de papier, les cours ont grimpé de 55 euros, soit 50 % environ», constate le dirigeant.

Photos: Papeteries du Rhin.

1 commentaire(s) pour cet article
  1. Freddit :

    Bravo pour ce succès à partir de papier exclusivement recyclé! Je suis en revanche cloué d'apprendre que l'on exportait autant et si loin, perdant ainsi une grosse partie de l'empreinte carbone économisée. Le recyclage (comme le bio) a surtout du sens (et un impact) en terme de production et consommation locale.

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