Polyvia, qui fédère les professionnels du plastique de la région, lance sa marque employeur et mobilise les industriels sur les enjeux environnementaux : recyclage, incorporation de matière première recyclée, travail en boucles locales. Il en va aussi de l’image et de l’attractivité de la filière.
Devant les professionnels de la filière réunis à la Maison régionale de l’innovation à Dijon jeudi dernier 12 octobre, Christine Millet, présidente de Polyvia et dirigeante de Millet Plastics Group (Lavans-lès-Saint-Claude, Jura), donne d’emblée le ton : « Nous faisons face à un véritable plastic bashing. »
Mise au banc des accusés pour son impact sur l’environnement, l’industrie plasturgique n'est pas un poids plume en Bourgogne-Franche-Comté. Elle rassemble 250 entreprises, et représente un chiffre d’affaires cumulé de 2,3 milliards d'€ et plus de 9.300 emplois soit 8 % des effectifs nationaux de la branche. Mais face à une génération Z préoccupée par l’état de la planète, elle rencontre des difficultés de recrutement exacerbées.
Pourtant, au regard des enjeux environnementaux, « le plastique est une solution, pas un problème », martèle Xavier Chastel, directeur général de Polyvia. « Nous sommes bel et bien engagés dans la transition écologique », ajoute-t-il après avoir démonté le mythe d’un monde sans plastique. « Comment ferions-nous sans lui qui est omniprésent dans notre quotidien, irremplaçable pour bien des usages au regard de ses qualités de légèreté, de résistance, de flexibilité ou de rigidité extrême, de biocompatibilité, d’innocuité ou encore d’isolation ? »
Et les plasturgistes de la région, exemples à l’appui, de mettre en avant l’ampleur de leurs efforts sur les différents sujets relevant de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). À commencer par le recyclage. « C’est l’enjeu numéro un, souligne Xavier Chastel. On sait recycler 75 % des plastiques, mais dans la réalité, seulement 25 % le sont. » La faute à une collecte peu ou mal organisée dans certains territoires, à un manque de citoyenneté des habitants, mais aussi à des limites techniques : « Certaines résines ne sont pas recyclables, il faut en limiter l’usage. C’est le cas des plastiques multicouches, l’avenir est aux monomatériaux », assure le directeur général de Polyvia.
Réutiliser la matière, une nouvelle étape décisve

Avant de se préoccuper de leur devenir, la réduction des déchets en entrée de process s’impose. Les initiatives ne manquent parmi les entreprises de la région. Toutherm, à Joigny (Yonne), mesure ainsi avec précision l’impact carbone de ses produits, en incluant toutes les externalités (logistique, transport…) : « Nous faisons de la pédagogie auprès de nos partenaires sur la nécessaire réduction de notre empreinte environnementale, explique Ludovic Gautard, directeur général. Nous sommes déjà convaincus qu’il faut introduire un maximum de matière recyclés dans nos produits. »
Chez Berry (RPC Emballages) à Moirans-en-Montagne, entreprise jurassienne labellisée More (MObilisés pour REcycler) depuis 2020, « nous avons déployé une économie circulaire vertueuse, nous récupérons de la matière pour la réintégrer dans la production, explique le directeur général, Rudolf Pfeiffer. Le produit final peut s’avérer plus coûteux en raison des contrôles de qualité supplémentaires nécessaires. »
L’engagement environnemental concerne enfin les process de production. « Nous récupérons l'intégralité de l’énergie fatale de nos compresseurs pour notre chauffage, nous mettons en œuvre des protocoles contre les fuites de particules plastiques dans la nature, nous avons digitalisé l’usine afin de récupérer nos données de production et optimiser notre consommation énergétique » , témoigne Wilfried Griessner, directeur de l’usine United Caps à Messia-sur-Sorne (Jura).
Encore des marges de progrès sur le recyclage
« Consciente des enjeux, la profession investit lourdement, confirme Sylvia Blond, directrice de Paprec Plastiques 71 à Chalon-sur-Saône et responsable territoriale Est pour le groupe de valorisation de déchets. Elle s’est organisée également, autour de la responsabilité élargie des producteurs (REP), avec les éco-organismes comme Citeo (ex-Eco Emballages), Valobat et d’autres, qui collectent des fonds pour organiser la collecte et le tri. »
À vrai dire, les industriels n’ont pas le choix : les textes imposent une réduction de 9 millions de tonnes des rejets de CO2 par la filière, sur les 14 actuels, soit une baisse drastique de 64 %. Les plastiques à eux seuls représentent 3,8 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre, dont 60 % pour les emballages ménagers et industriels. L’extension des consignes de tri, au 1er janvier dernier, a déjà produit ses effets : 32 % des 1,2 million de tonnes d’emballages plastiques du marché sont désormais collectés, contre 20 % en 2020, mais on est encore loin de l’objectif de 55 % à 2030.
Sur tous ces sujets, la clé vient de l’innovation et de l’écoconception, ainsi que de travail en boucles locales, avec les acteurs du territoire. À l’image de la stratégie engagée chez Novassu, à Chassal-Molinges (Jura) près de Saint-Claude : « Nous collaborons avec des partenaires locaux sur l’ensemble de la chaîne de valeur, de la conception à la réalisation en passant par les achats et les approvisionnements », explique Gérard Paris, directeur général.
L’enjeu concerne aussi l’image de la profession, qui lance aujourd’hui sa « marque employeur » pour séduire les talents, alors que les candidats manquent sur les postes de technicien de maintenance notamment. Pour capter les compétences et anticiper une probable pénurie, demain, de matière recyclée, il est donc essentiel de ne pas rater le train de la transition écologique.
































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