La petite société familiale de Port-sur-Saône a été rachetée en fin d’année dernière par Antony Chabod. Le nouveau dirigeant entend s’appuyer sur le savoir-faire de ses chaudronniers pour poursuivre le développement de l’entreprise, déjà leader dans son domaine.
Touché par le « virus de l’entrepreneuriat » quand il était salarié du maroquinier franc-comtois SIS, Antony Chabod a dû patienter plusieurs années avant de réussir à concrétiser son projet de reprise (lire ci-dessous). « Créer une nouvelle affaire, ce n’était pas pour moi. Je cherchais plutôt à racheter une société industrielle ayant pignon sur rue et en bonne santé financière », explique le jeune quadragénaire établi dans le Doubs.

Sa quête l’a finalement conduit dans la Haute-Saône voisine : le 15 décembre dernier, il est devenu le patron des 18 salariés de Saire, à Port-sur-Saône. Avec un chiffre d’affaires annuel de 3 millions d’€, cette entreprise de chaudronnerie fine se revendique leader français de la conception et fabrication de moules mécano-soudés pour l’industrie du béton.
Antony Chabod s’est associé à un partenaire « dormant » (qui ne s’implique pas dans la gestion quotidienne) pour racheter la SAS (société par actions simplifiée) à Michaël Saire. « Il y avait d’autres candidats », indique le repreneur, mais le vendeur souhaitait transmettre la société familiale « à quelqu’un », et non à un groupe anonymisé, précise le nouveau dirigeant.
De 10 kilos à 10 tonnes

Loin de chercher à tout révolutionner, Antony Chabod entend conforter les positions de la PME fondée en 1990 par Jean-François, le père de Michaël. Depuis bientôt 35 ans, la tôle d’acier est découpée, pliée, roulée, soudée, meulée et peinte dans l’atelier de 2.200 m2. Les quatorze chaudronniers, dont deux apprentis (*) façonnent ainsi des moules sur mesure dans lesquels seront coulées des pièces de béton destinées à l’assainissement, l’aménagement urbain, les réseaux, le génie civil, la préfabrication ou le secteur funéraire.
« On meule bien plus que l’on soude, souligne Antony Chabod. Il faut que le bord soit le plus plat et le plus propre possible pour éviter les défauts de surface du béton. » Constituées d’un noyau intérieur et de « joues » mobiles extérieures, ces pièces pèsent de 10 kilos à 10 tonnes. Les moules les plus imposants, hauts de 3 mètres, donneront naissance à des transformateurs électriques ; ils sont équipés de vérins hydrauliques afin d’en faciliter la manipulation.
Le coup d'envoi d’un marathon


Conscient que la réussite de Saire repose sur le savoir-faire de ses chaudronniers, le néo-entrepreneur a conservé les horaires de travail adoptés pendant la crise sanitaire : de 6h à 13h20. Il poursuit également le déploiement de potences de levage individuelles dans le but de diminuer la pénibilité des gestes. « L’équipe est top, on travaille vraiment en confiance, se réjouit Antony Chabod. Cela me permet d’avoir l’esprit libre pour me projeter sur le développement de la boîte. »
Fort d’un carnet de commandes offrant « cinq à six mois de visibilité », celui qui endosse aussi les fonctions de commercial envisage de prospecter de nouveaux clients en France, voire en Suisse. Mais chaque chose en son temps : « Quand on devient chef d’entreprise, on s’engage dans un marathon, pas dans un sprint », observe-t-il.

Titulaire d’un DUT en logistique-transports et d’une licence en gestion de la production, Antony Chabod a travaillé chez Groupe Maillard Industrie à Autechaux (Doubs) avant de rejoindre le sous-traitant pour l’industrie du luxe SIS. A son poste de responsable de l’un des sites du maroquinier à Avoudrey (Doubs), il côtoie Jean-Pierre Tolo, le fondateur du groupe, qui l’encourage à tenter l’aventure entrepreneuriale.
Dans cette optique, il intègre Formacadre, un dispositif de formation continue d’ICN Business School à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Au cours de ce cursus, il participe à l’élaboration de la nouvelle stratégie du groupe franco-suisse de microtechnique FM Industries-Sycrilor, qui l’embauche comme directeur des opérations en 2021.
(*) Les compétences dans ce domaine étant rares et recherchées, Saire a conclu des partenariats avec les lycées professionnels Luxembourg de Vesoul et Raoul-Follereau de Belfort, deux établissements proposant des formations en chaudronnerie industrielle.












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