Ergorecherche conçoit et fabrique à partir de solutions digitales des semelles orthopédiques pour les podologues de toute la France. Son concept inspiré de la sous-traitance fait gagner du temps à ces spécialistes. Un marché de niche fructueux pour l'entreprise de 17 salariés installée à Saint-Apollinaire, près de Dijon, émanation de la côte-d'orienne Proteor.


A l’approche des fêtes de Noël, il régnait une douce ambiance chaleureuse chez Ergorecherche. « Ici, chacun est invité à décorer son poste de travail », introduit Xavier Grosbellet, directeur commercial. Il travaille avec Guillaume Perrin, le créateur en 2012 d'Ergorecherche qui était précédemment affiliée au pôle podologie de Proteor. Lorsqu’elle était exploitée à Seurre (Côte-d'Or) au sein du site de fabrication du leader mondial de l'appareillage orthopédique, la technologie d’Ergorecherche bénéficiait au départ d'une approche québécoise. « Là-bas, il y a des magasins tous publics de semelles orthopédiques sur mesure. Ouvrier en fabrication puis directeur à Montréal, je travaillais au départ pour Ergorecherche Canada puis j’ai rejoint l'entité France, lorsque nous avons pris notre indépendance », explique Xavier Grosbellet.

C’est avant tout grâce au bouche-à-oreille qu’Ergorecherche s’est peu à peu développée, jusqu'à compter aujourd’hui 17 salariés. Peu à peu, la technologie numérique de la société a gagné les bassins des grandes villes. « Nous avons apporté la solution à bien des problématiques des podologues en région parisienne notamment : nous leur faisons gagner du temps – nous assurons une livraison en 5 jours maximum ouvrés – en fabriquant leurs semelles. Nos prix sont très concurrentiels », développe Guillaume Perrin.

 

CCI 21-71

 

Depuis 2018, la PME a déménagé dans l’Ecoparc Dijon Bourgogne à Saint-Apollinaire. Ce bâtiment neuf s'étend sur 1.000 m2 .Forte d'un chiffre d’affaires annuel de 3 millions d’euros, elle fournit aujourd’hui 400 podologues en France et au Benelux. « En moyenne au niveau national, ces spécialistes fabriquent 160 paires de semelles par an. La moitié réalise également des actes de pédicurie. Notre concept de sous-traitance les aide à dégager du temps mais aussi de l’espace dans leur cabinet. Sans parler des poussières occasionnées par la production des semelles », précise Guillaume Perrin. 

L'offre d'Ergorecherche consiste en un logiciel numérique qui modélise le pied, de sorte que les semelles soient précises et confectionnées dans des matériaux performants. « Grâce à lui, nous permettons ànos clients de sous-traiter la fabrication de leurs semelles orthopédiques, tout en gardant la pleine maîtrise sur leur expertise. Les podologues apportent toutes les corrections qui doivent être apportées pour soulager les patients », ajoute Xavier Grosbellet.

 

200 000 à 300.000 euros d'investissement par an

ergodeveloppement dirigeant
Xavier Grosbellet, directeur commercial, à gauche et Guillaume Perrin, PDG d'Ergorecherche. © Déborah Levy


Dans l’atelier, les panneaux solaires procurent en outre l’énergie nécessaire au bâtiment et les calories des machines sont recyclées afin de réchauffer les bureaux. Un conducteur d’installation surveille les machines qui travaillent jour et nuit à la fabrication des semelles.

La société dijonnaise compte dix postes de travail. Sur chacun d'eux, le salarié prend en charge une paire de semelles de A à Z. Depuis 2016, Ergorecherche dispose de son propre logiciel de conception « Nous sous-traitons le développement du codage pour la modélisation de nos produits. Tous les ans, nous sortons une nouvelle mise à jour qui nous demande d’investir entre 200.000 et 300.000 euros par an », précise le dirigeant. 

Les semelles fabriquées par Ergorecherche sont en EVA . « Nos semelles sont très légères et la retouche des semelles à la livraison reste possible puisque cette matière se travaille très bien à la ponceuse », ponctue le dirigeant.

 

Pourquoi l’EVA ? 

L’utilisation de l’EVA (éthylène-acétate de vinyle) permet un contrôle parfait de la dureté de l’orthèse et une grande précision de l’usinage. Le matériau présente une haute saturation en acétate, ce qui le rend non-thermoformable et ainsi très peu sensible à la chaleur du pied dans la chaussure. Les corrections en deviennent plus durables et plus précises. « Notre approvisionnement d’EVA s'opère directement chez un fabricant répondant à un cahier des charges précis et exigeant. Lors de l’usinage, nous récupérons toutes les chutes, qui sont recyclées à 100% », développe Guillaume Perrin.

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