Le leader mondial de l’appareillage orthopédique Proteor étend ses ateliers de Seurre dans un mouvement de recentrage partiel de la production sur le site phare du groupe, en conséquence indirecte d'une croissance externe. Les 2.200 m2 de nouveaux ateliers en voie d'être mis en service mobilisent un investissement de 6,5 millions d'€ et doit déboucher sur 30 nouveaux emplois.
La désormais plus que centenaire Proteor est devenue l'un des leaders mondiaux de la prothèse orthopédique. L'entreprise conforte cette place enviable par l'extension en cours de ses ateliers à Seurre (Côte-d'Or) où elle fabrique des prothèses pour des membres amputés ainsi que des orthèses, supports de compensation des membres abîmés. L'investissement s'élève à 6,5 millions d'€, pour la construction de 2.200 m2 supplémentaires et l'acquisition de nouvelles machines (d'un montant de 800.000 €) qui entrent en service progressivement, jusqu'à septembre prochain. Ce développement doit créer 30 emplois à terme.
Créée en 1913, l’entreprise s’était installée à Seurre guidée par son besoin en matière première, le bois, après avoir repéré un nombre de saules importants dans la région. Avec le temps, elle s'est familiarisée avec de nouveaux matériaux comme le titane, ou encore le carbone et la fibre de verre.
Sa croissance a porté Proteor à un chiffre d'affaires annuel de 150 millions d’€ qui la situe dans le top 5 mondial de sa spécialité. L’entreprise est implantée en France, aux Etats-Unis, en Tchéquie, au Luxembourg, en Chine ou encore au Maroc. Le groupe dont le siège est situé à Saint-Apollinaire à côté de Dijon compte ainsi un effectif total d'un millier de salariés, dont 300 à l'étranger, et 160 à Seurre.
Une influence mondiale croissante

Proteor « occupe 25% du marché des prothèses et orthèses en France », précise Philippe Signoret, le directeur de l’usine. Son activité a nettement crû avec le rachat en 2018 de l’entreprise Ability Dynamics située aux Etats-Unis dans l’Arizona. Ce spécialiste des prothèses de pied en composite de verre, lui offre un...pied à terre pour son expansion en Amérique du Nord.
Dans la même logique, le groupe a racheté Freedom Innovations aux Etats-Unis en 2020, spécialisée notamment dans le genou controlé par microprocesseur. Les compétences de ces deux fabricants, succédant au rachat de la licence américaine Hydracadence dans les années 1960, ont permis à la société bourguignonne de créer sa toute nouvelle prothèse bionique Synsys (voir ci-dessous).
Une extension pour réorganiser la production suite à un processus de numérisation

L’activité de Proteor est aujourd’hui structurée en trois catégories : l’appareillage sur mesure, la fabrication de composants orthopédiques et dernièrement, la numérisation des appareillages. Cette dernière spécialité, nommée Orten, résulte du rachat en 2016 de la société basée à Lyon.
Elle a doté Proteor de la capacité à concevoir des produits sur la base de fichiers numériques, ce qui conduit à une réorganisation de la production débouchant sur l'extension en cours à Seurre.
Dans son fonctionnement en effet, Proteor répartit jusqu'à présent la fabrication entre l'usine bourguignonne, à raison de 30.000 unités par an, et (pour 60.000 unités) les 60 centres orthopédiques installés sur tout le territoire national, d'un effectif de 2 à 40 salariés suivant les lieux, dont la fonction premère consiste à travailler en proximité avec les patients des structures de soin et de réadaptation afin de leur proposer des petits appareillages adaptés.
L’activité de production de certains appareillages auparavant située dans ces centres orthopédiques migre progressivement vers Seurre, dans les ateliers qui servent aussi de stockage de la matière volumineuse, auparavant sous-traitée à Dijon.


L'innovation est une première mondiale. Synsys de Proteor est une prothèse connectée qui permet de coordonner les mouvements de la cheville et du genou. Un microprocesseur est connecté grâce à une application reliée par bluetooth. Les capteurs permettent de reconnaître et d’anticiper la marche humaine et de réaliser des gestes habituellement compliqués avec une prothèse comme fléchir sa cheville ou encore s’accroupir. Il aura fallu plusieurs millions d'€ sur 10 ans pour parvenir à cet objectif. Le ministère de la Défense y a apporté des subventions, soucieux d’apporter « le meilleur » à ses victimes de guerre. L’entreprise a déposé une demande auprès de la sécurité sociale afin de permettre la prise en charge de cette prothèse dont le prix se situe entre 80.000 et 100 000 €.





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