2020 est en Bourgogne-Franche-Comté, l’année de l’accélération d’EDF dans les énergies renouvelables. « Indispensable et vital », commente le délégué régional Yves Chevillon. C’est dans le photovoltaïque et l’hydrogène que l’électricien sera le plus présent.


Ce n’est pas dans l’éolien qu’EDF s’illustrera le plus en Bourgogne-Franche-Comté dans sa feuille de route vers les énergies renouvelables, conformément au plan national qui prévoit qu’en 2035, la moitié de l’électricité ne sera plus d’origine nucléaire (70-75% aujourd’hui). L’électricité éolienne n’a pas le vent en poupe auprès de la population, et la Bourgogne-Franche-Comté ne fait pas partie des régions qui ont le plus fort potentiel de production contrairement à la Champagne voisine, du fait de son relief et des grandes étendues peu peuplées.
De plus, l’électricien a pris du retard dans la région, concurrencé par de nombreux acteurs. EDF n’exploite que 10 éoliennes sur les 440 installées sur le territoire, celles du Lomont, dans le Doubs, que l’entreprise envisage de renforcer à 20 mégawatts (MW) en les remplaçant par une nouvelle génération de machines plus hautes et plus puissantes.

 

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L’an prochain, un second parc éolien sera opérationnel à Massangis, dans l’Yonne, sur le site de la ferme photovoltaïque qu’EDF exploite depuis 2012. Ces 7 éoliennes auront une belle capacité de production, de 25,2 mégawatts (MW). Puis en 2021, la construction d’un troisième parc sera achevée, à Vermenton, également dans l’Yonne, et comptera 4 éoliennes d’une capacité de production de 14,4 MW. « Il y a d’autres appels d’offres en cours et naturellement, nous nous positionnons », précisait Yves Chevillon, délégué régional, hier 28 novembre, lors d’une conférence de presse bilan de l’année.


Cap sur le photovoltaïque et l’hydrogène

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Le parc éolien du Lomont, dans le Doubs, le seul qu'exploite EDF à ce jour, et qu'elle avait racheté en 2015 à Vélocita Energies. © Velocita

Aussi c’est plutôt sur le photovoltaïque et l’hydrogène que se positionne le groupe en Bourgogne-Franche-Comté. Dans les deux années à venir, dans la région de Dijon, près de 13.000 habitants utiliseront de l'électricité photovoltaïque.
Récemment, le permis de construire d’une ferme sur l’ancienne décharge de produits inertes de Dijon Métropole, à la sortie nord de Dijon, a été accordé. L’électricien exploitera à partir de 2021, et pendant 30 ans, un parc d’environ 16 hectares d’une capacité de production de 18.000 mégawatts, l’équivalent de la consommation de 8.000 habitants. EDF a remporté un autre marché, celui de la reconversion du centre d’enfouissement de Lux (Côte-d’Or) où sera déployée sur 12 hectares une centrale de 8,6 mégawatts qui approvisionnera 4.700 habitants. « Et il y a aussi un potentiel sur les friches industrielles, évalué sur toute la France à 30.000 hectares », précise le délégué régional.

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Côté hydrogène, EDF s’inscrit pleinement dans la politique du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté qui souhaite « un usage massif de l’hydrogène d’ici 2030 », et a adopté tout récemment un plan de soutien aux projets publics et privés de 90 millions d’€ sur la période 2020-2030.
L’énergéticien s’estime bien placé pour produire de l’hydrogène décarbonaté, produit à partir de l’électrolyse qui n’émet pas de CO2 contrairement au vaporeformage, le procédé actuellement le plus utilisé qui consiste à brûler du méthane. Avec sa nouvelle filiale Hymanics, EDF a fait de cette énergie un axe stratégique de développement, car « l’hydrogène est aussi une réponse au problème de stockage de l’électricité. »
Deux projets de stations de production et distribution sont sur les rails. À Auxerre (Yonne), au sein d’une société de projet avec Hynamics et la communauté d’agglomération de l’Auxerrois, il s’agit de produire ce nouveau carburant pour faire rouler, le 1er janvier 2021, cinq bus sur la principale ligne urbaine, de la gare à la zone commerciale des Clairions, en passant par le centre-ville. Les bus (appel d’offres en cours) seront équipés d'une pile à combustible permettant de parcourir 300 kilomètres par jour.

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La ferme photovoltaïque de 200 hectares de Massangis, dans l'Yonne, l'une des plus vastes de l'hexagone. © Traces Ecrites

La station d’hydrogène est également prévue pour alimenter les futurs trains à hydrogène que le conseil régional veut faire circuler en 2023 sur la ligne non électrifiée d’Auxerre à Migennes (Yonne) en remplacement des trains diesel.
Le second projet dont EDF est partenaire est celui de l’entreprise Rougeot de Meursault (Lire ici l’article de Traces Ecrites News) et de Dijon Métropole. Une station de compression d’hydrogène sera construite d'ici 2021 pour faire rouler les camions benne de collecte des ordures ménagères de l'agglomération.
Sa singularité montre la diversité des technologies pour produire de l’électricité verte. C’est l’électricité produite par la combustion des ordures ménagères de l'agglomération de Dijon qui sera utilisée pour recharger les piles à combustible.

 

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Recrutements chez Framatome et Enedis

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Soudeur, un profil très recherché chez Framatome.
Le groupe EDF en Bourgogne-Franche-Comté compte aussi un site industriel de plus de 2.000 salariés, le fabricant de cuves et composants pour les centrales nucléaires, Framatome (ex-Areva) à Chalon-sur-Saône et Le Creusot (Saône-et-Loire). Les besoins en personnels sont de l’ordre de 300 à 350 personnes par an pour compenser les départs, notamment à la retraite, et intégrer de nouvelles compétences.
« Framatome n’a pas réussi à boucler son plan de recrutement de 2019 qui s’élevait à 300 personnes, 70 postes n’ont pas été satisfaits », précise Yves Chevillon, délégué régional EDF en Bourgogne-Franche-Comté. Les profils les plus recherchés sont soudeurs, chaudronniers, robinetiers. 
Enedis, la filiale maintenance du réseau d’électricité, recrute aussi des électriciens sur toute la région.
EDF participe aussi aux besoins de recrutement de ses sous-traitants de la mécanique et de l'usinage pour le nucléaire avec l'école de production de Chalon-sur-Saône qui a accueilli en 2019, sa 3ème promotion en CAP et Bac pro.

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