Le fabricant de biscuits apéritifs Boehli basé à Gundershoffen, dans le nord de l’Alsace, a investi 6,7 millions d’euros l’an dernier. L’usine a augmenté sa capacité en s’équipant d’une septième ligne pour la production de bretzels et elle a gagné en efficacité logistique grâce à la construction d’un nouvel entrepôt entièrement automatisé.
Le marché de l’apéritif à croquer est en augmentation en France (+ 1,7 % en volume en 2024), et le bretzel connaît une progression encore plus marquée : + 4,8 %. L’Alsacien Boehli, qui fait partie de ses fabricants, surfe donc sur cette tendance positive. D’abord porté par la croissance des marques de distributeurs dans les années 2000, un secteur délaissé par son principal concurrent, il est aussi parvenu à imposer sa propre marque. L’an dernier, il a réalisé un chiffre d’affaires de 22,7 millions pour un résultat net de l’ordre de 8 % et la marque Boehli représente 40 % de l’activité.
L’évolution est spectaculaire : Nicolas Meckert, le PDG de l’entreprise de Gundershoffen (Bas-Rhin), rappelle qu’en 1998, quand son père Edouard l’a reprise, le chiffre d’affaires se limitait à 700.000 francs !
La PME de 90 salariés souhaite poursuivre sur sa lancée. En 2025, elle table sur une croissance de 5 % en volume et elle s’en donne les moyens. L’an dernier, le site de Gundershoffen s’est équipé d’une septième ligne de production, d’un nouvel entrepôt abritant un transstockeur et de plusieurs robots. L’investissement cumulé s’est élevé à 6,7 millions d’euros. La nouvelle ligne, démarrée en septembre 2024, qui a coûté 1,5 million d’euros, permet d’augmenter la capacité potentielle maximale de 31 à 42 tonnes par jour. Cinq lignes sont désormais dédiées aux bretzels et deux aux sticks. L’usine tourne 24 heures sur 24, cinq jours sur sept.
En 2024, Boehli a également construit un nouveau hall de stockage de 3.000 m2. Coût du bâtiment : 2 millions d’euros, auxquels s’ajoute un même montant pour l’achat d’un transstockeur qui permet de ranger automatiquement et de façon optimisée les palettes sur des racks jusqu’à 10 mètres de hauteur. Le volume de stockage est ainsi porté à 4.054 palettes, soit cinq fois plus qu’auparavant. Boehli peut désormais en expédier 250 chaque jour.
Poursuivre l’automatisation des process

Le hall logistique situé à 300 mètres du site de production est relié à celui-ci par une navette électrique automatique qui effectue l’aller-retour en 10 minutes, chargée à chaque fois de deux palettes. Ce robot circule en continu sans aucune intervention humaine. Il procure un gain de temps, de sécurité et d’énergie car il remplace l’équivalent de six semi-remorques qui feraient le trajet quotidien dans les deux sens.
De l’autre côté du hall de stockage, se trouvent la zone d’expédition et les quatre quais de chargement et déchargement. Là encore, la gestion des flux est automatisée. Seul le chargement des camions nécessite l’intervention du personnel. Quelques salariés restent tout de même présents dans le centre logistique pour des fonctions de supervision des machines. Les manutentionnaires ont été formés à d’autres tâches. « Nous avons réduit la pénibilité du travail », assure Nicolas Meckert.
Le dirigeant souhaite poursuivre la robotisation du site : « Si nous voulons rester compétitifs en termes de prix, nous n’avons d’autre choix que d’automatiser encore davantage notre production. » Les prochains investissements cibleront le conditionnement. En octobre de cette année, Boehli prévoit de débourser 1,5 million d’euros pour l’achat d’une machine d’encaissage qui permettra de former les cartons, d’y déposer les sachets de produits et de refermer les boîtes. Un nouveau robot de palettisation devrait aussi être installé début 2026.
Des bretzels jusqu’au Japon et à Dubaï

Grâce à ces innovations et à cette nouvelle organisation logistique, la PME a gagné en productivité et en capacité d’expédition en France et à l’international. Elle réalise 39 % de son chiffre d’affaires à l’étranger, principalement en Allemagne. Mais les bretzels de la marque alsacienne s'écoulent aussi au grand export : au Japon, en Chine, en Corée du Sud, à Dubaï…
Et en fonction des développements des marchés, l’entreprise nord-alsacienne possède encore un potentiel d’extension. « Nous avons une réserve foncière à côté du nouveau site logistique qui nous permettrait de doubler le bâtiment », prévient Nicolas Meckert. Le dirigeant envisage aussi de se diversifier dans les crackers apéritifs. De quoi alimenter largement le futur d’une société déjà riche d’un long passé : elle fête ses 90 ans cette année.











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