Neuf mois après l’incendie qui a ravagé son site de Krautwiller, le Moulin des Moines, spécialisé dans la transformation de céréales bio, a repris son activité à 90% en réorganisant sa production. L’usine se reconstruit sur une surface plus petite mais avec une meilleure productivité et un nombre de références réduites, centrées sur le domaine alimentaire. L’entreprise familiale aura investi plus de 20 millions d’€ au total pour son rebond.


Le 5 août dernier, un incendie a détruit la quasi-totalité du site historique du Moulin des Moines à Krautwiller dans le nord du Bas-Rhin. L’entreprise de 49 salariés a su se remettre du sinistre et rebondir. Elle a retrouvé, aujourd’hui, 90% de son activité comme de son chiffre d’affaires qu’elle prévoit d’un montant de 20 millions d’€ en 2023.

Certes, l’organisation de la production est devenue plus compliquée : de quatre lignes de production de farines et trois lignes d’ensachage de céréales, l’usine est passée à une de chaque. En conséquence, le personnel a adapté ses horaires pour travailler en mode 2x8.

Par chance, l’incendie n’a pas touché le moulin automatisé qui date de 2012. Et grâce aux autres entreprises du groupe, l’activité a pu reprendre rapidement. Les lignes de fabrication, le stockage des matières premières et la préparation des commandes ont pris place dans la Chocolaterie du Château, basée juste à côté à Krautwiller également. Dans un premier temps, l’ensachage des céréales a été installé chez Alsace Biscuit Tradition à Geudertheim (à 10 km du moulin), puis rapatrié à la chocolaterie début 2023.

 

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Depuis une vingtaine d’années, en effet, le Moulin des Moines ne se résume lus aux farines. Edouard Meckert, le président-directeur général du groupe familial, a racheté plusieurs entreprises : les bretzels et sticks Boehli, les eaux minérales Celtic, Alsace Biscuit, les biscottes Corvisart, les chocolateries Egly et du Château, ainsi que les jus de fruits Junatur. Le groupe emploie environ 400 personnes concentrées dans un rayon de 30 km dans le nord de l’Alsace et il couvre presque tout le spectre de l’alimentation en produits secs.

« Pour se faire indemniser, il faut fournir beaucoup de documents, et le temps que les premiers versements arrivent, cela a pris deux mois, donc nous avons dû puiser dans nos fonds propres. Même si nous étions assurés contre la perte d’exploitation, le plus important pour nous était de ne pas perdre de clients. Et ceux-ci nous ont soutenus, ils nous suivis dans les moments où nous avons enregistré beaucoup de retard dans nos commandes », raconte Clément Meckert, le directeur adjoint du Moulin des Moines.

 

« Faire mieux qu’avant »

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Le Moulin des Moines construit jusqu'à cet été une nouvelle unité pour la production de flocons de céréales.  © Moulin des Moines


Les circonstances ont débouché aussi sur une restructuration de l'offre du Moulin des Moines. Avant l’incendie, celle-ci comprenait 3.300 références, or cette gamme très vaste n’est plus à l’ordre du jour : elle est passée à 800 références, vendues comme précédemment en grande distribution et dans les magasins bio.

« Le fait de parvenir malgré cela à 90 % du chiffre d’affaires d’avant prouve que certains produits ne généraient pas d’activité significative. Et toutes les semaines, nous communiquons à nos clients un catalogue avec de nouveaux produits », précise Clément Meckert. « Nous allons en en créer d'autres, mais qui se situent dans la tendance actuelle et en nous recentrant sur le domaine alimentaire », annonce le directeur adjoint. En conséquence, les produits de cosmétiques et de jardinage sont sortis du catalogue, de même que les compléments alimentaires.

L’investissement pour l’ensemble de la reconstruction s’élève entre 20 et 25 millions d’€. Parmi les développements, le Moulin des Moines concrétise le projet qu'il allait engager avant l'incendie d'une unité de production de flocons de céréales (surtout d’avoine) actuellement fabriqués chez un façonnier en Allemagne. Le nouveau bâtiment est aujourd’hui en cours de chantier et sera opérationnel en juillet. « Nous n’avons pas abandonné le projet de floconnerie, mais dans un premier temps, ce bâtiment sera utilisé pour fabriquer de façon plus confortable », indique Clément Meckert.

 

ESC mulhouse

 

Cinq nouvelles lignes automatisées seront installées dans les 6.000 m2 concernés à partir du mois de septembre. Un autre bâtiment de 7.000 m2 sera construit et achevé d’ici à deux ans. Dès lors, les lignes y seront transférées et la floconnerie pourra démarrer dans son bâtiment dédié.

Avec cette construction, la PME alsacienne va passer la certification internationale IFS Food qui garantit la sécurité et la qualité des produits alimentaires. La nouvelle usine sera également équipée de machines plus productives, plus automatisées et moins énergivores. « Nous allons faire mieux qu’avant », assure Clément Meckert. Une nouvelle boutique de 400 m2 (contre 100 m2 avant l’incendie) verra également le jour, dans un an et demi.

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Clement Meckert, directeur adjoint, représente la nouvelle génération à la tête du groupe familial. © Julie Giorgi

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