La PME familiale fabricante de toiles de plafonds tendus a été retenue pour habiller le Pavillon France de la prochaine exposition mondiale, le temps de deux semaines consacrées à la biodiversité en septembre. Elle voit dans cet « immense honneur » une validation de l’évolution de ses solutions vers des procédés favorables à l’environnement. Elle ne découvrira pas le Japon : ce pays constitue un pilier depuis 40 ans, soit presque depuis l'origine, de son internationalisation aujourd’hui très complète.


Les plafonds de Barrisol vont rayonner vers le monde entier depuis Osaka. Le fabricant alsacien installera en effet ses productions de toiles tendues pendant deux semaines à la prochaine Exposition universelle qui se tiendra dans la mégalopole japonaise. Ce « moment » Barrisol interviendra du 16 au 30 septembre, au sein du Pavillon France, durant la séquence du rendez-vous mondial qui sera consacrée à la biodiversité.

 

PE Mulhouse

 

Le président de la société Barrisol-Normalu, Jean-Marc Scherrer, ne cache pas sa fierté d’avoir été retenu sur cette thématique. « C’est un immense honneur pour nous, et nous y voyons une reconnaissance des efforts que nous estimons consacrer avec sincérité au développement durable, par l’évolution de notre activité et de nos solutions », confie le dirigeant à Traces Ecrites.

La sélection de la PME familiale d’un peu plus de 100 salariés de Kembs (Haut-Rhin) sur ce sujet de la biodiversité est intimement liée à quinze années d’adhésion au « Club Entreprendre pour la Planète » du WWF (World Wildlife Fund) France, survenue à l’occasion d’une campagne pour la protection des tigres. Mais Jean-Marc Scherrer veut aussi retenir la « cohérence » avec la mutation des produits de l’entreprise vers des procédés plus « verts. » Ainsi, le fabricant habillera temporairement le Pavillon France au moyen des toiles « Biowood ».

 

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La PME de Kembs (Haut-Rhin) accumule les références depuis quatre décennies au Japon, comme ci-dessous l'habillage du grand auditorium Node Hall dans la capitale Tokyo. © Barrisol


Après plusieurs années et 1 million d’euros d’investissements de mises au point, celles-ci figurent pleinement dans son offre depuis l’an dernier. Elles sont confectionnées à partir de plantes et de résidus de bois, d’où leur nom, « elles se composent ainsi de 92 % d’ingrédients naturels, et elles sont entièrement recyclables, à l’instar de l’ensemble du reste de notre gamme », relève le président. Leur déploiement s’opère de façon accélérée. « Nous nous fixons l’objectif que Biowood représente 100 % de notre offre, et sa part atteint déjà 50 % actuellement », affirme Jean-Marc Scherrer.

L’autre innovation récente mise en exergue à Osaka, les toiles « Miroir », consiste à créer un tel effet et à incorporer des fonctions (acoustique, éclairage, climatisation, …), à partir d’une base Biowood désormais. Le travail sur la colorimétrie et d’autres propriétés améliorent les caractéristiques de luminosité. Avant de se poser à Osaka, ces gammes étonnamment rafraîchissantes ont trouvé l’une de leurs premières applications dans un lieu de prestige, et même « pharaonique » dans tous les sens du terme : l’immense nouveau musée à la gloire de l’Egypte antique, que le régime du Caire a implanté au pied des pyramides de Gizeh en 2024.

 

Des percées au Moyen-Orient et en Afrique

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Barrisol perçoit sa sélection comme prestataire du Pavillon France de l'Exposition universelle d'Osaka comme une reconnaissance de l'orientation vers le développement durable qu'elle a engagée. © Coldefy & CRA -Carlo Ratti Associati

 

L’aventure Osaka, que Barrisol-Normalu va notamment partager parmi les participants alsaciens avec l’entreprise de spectacles aquatiques Aquatique Show de Furdenheim, ne va pas pour autant dépayser la PME haut-rhinoise cinquantenaire. D’une part, les expositions universelles, elle connaît. Elle avait déjà déployé son savoir-faire lors des éditions de Séville en 1992 et plus récemment de Dubaï en 2021-2022.

Quant au pays hôte, ce champion alsacien de l’export - il réalise à l'étranger les deux-tiers de son chiffre d’affaires stabilisé à 22 millions d’euros en 2024 - en est tout aussi familier. « Nous sommes présents sur le marché nippon depuis 40 ans », souligne Jean-Marc Scherrer. L’Empire du Soleil Levant, avec son niveau de développement et son pouvoir d’achat, forme un terrain de prédilection pour l’implantation des solutions Barrisol bien adaptées aux immeubles de standing et de prestige, au sein du continent asiatique lui-même devenu un pilier de leur développement international.

Parmi les plus de 100 pays où il vend ses solutions, le fabricant de Kembs a réussi ses percées récentes les plus spectaculaires au Koweït avec la pose de pas moins de 70.000 m2 de ses plafonds dans le nouvel aéroport de l’émirat moyen-oriental, et ses plus inédites en Afrique : il a trouvé ses distributeurs notamment au Nigéria et au Kenya, des pays dont l’économie décolle. Le monde continue de s’ouvrir à Barrisol.

 

Cessions aquisitions

 

Sérénité mais vigilance dans les Etats-Unis de Trump

L’amplitude de la présence internationale de Barrisol ne pouvait ignorer les Etats-Unis. Ceux-ci représentent un marché « significatif et encore à potentiel de croissance », souligne son président. Dès lors, la PME alsacienne pourrait se retrouver au premier rang des exposées à la frénésie de relèvement des taxes douanières à laquelle se livre Donald Trump depuis son investiture le 20 janvier, face aux micros du moins pour l’instant.

Pas de quoi s’inquiéter outre mesure Jean-Marc Scherrer, du fait du degré d’intégration de fabrication sur place. « Aux Etats-Unis comme dans de nombreux autres pays, nous produisons des éléments localement, sous licence, notamment les systèmes de fixation. Ce choix confère une image positive pour nos distributeurs sur place et il réduit les transports liés à la production, donc les émissions de C02. Dans le cas américain, nous fabriquons dans le pays 50 % du poids de nos produits. Nous devrions donc rester moins affectés que d’autres », expose le dirigeant. Jean-Marc Scherrer ne se départ quand même pas d’une certaine prudence : lui évolue dans le rationnel, tandis que d’autres… « On ne sait évidemment pas les surprises que l’avenir peut nous réserver. Le futur reste à scruter… », souligne-t-il.

Photos fournies par l'entreprise.

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