Face aux géants de la cosmétique, de petites entreprises fleurissent dans l'Est avec la volonté catégorique de renoncer aux agents chimiques. Conçues dans un esprit militant, leur image écologique ne s’arrête pas au marketing. Découverte de deux d’entre elles : In Gratia Herbarum (plus connue sous le nom de sa marque Druydès) à Dijon ,qui fabrique des cosmétiques solides et Les Sunneliers SAS à Strasbourg, avec sa crème solaire bio (Niu).

 

• In Gratia Herbarum : Des cosmétiques solides sans allergènes et un emballage recyclable

Des problèmes d’allergies dans leur entourage et une forte sensibilisation aux dégâts provoqués par la consommation sur l’état de la planète : voilà qui a réuni Fanny Preney et Gwendoline Bressand dans l’aventure de la fabrication de cosmétiques solides, aujourd’hui considérés comme alternatifs. Mais plus demain espèrent les deux associées de In Gratia Herbarum (nouveau nom de la société  connue sous le nom de la marque Druydès). Leur affaire créée en 2017 démarre sur les chapeaux de roue : 4 à 5.000 shampoings en moyenne chaque mois et l’objectif de 280.000 € de chiffre d’affaires prévu en octobre, déjà atteint en ce début d’été.
« Dans un cosmétique solide, il n’y a pas d’eau, aussi les conservateurs ne sont pas utiles et comme nous n’utilisons que des matières premières brutes, sans liant, nous préservons  la peau comme la planète », explique Gwendoline, la chimiste de l’équipe. Poudres de plantes, beurres et huiles – de l’huile de son de riz réputée anti-allergique, de la noix de coco comme tensioactif naturel (qui fait mousser tout en étant dispersible dans l’eau) –, voilà la recette de base avec des astuces gardées secrètes – d’ailleurs, le visiteur n’a pas accès au laboratoire, installé comme les bureaux dans la pépinière d’Agronov, à Bretenières, près de Dijon.
Baptisée Druydès, la marque de cosmétiques solides comprend aujourd’hui cinq shampoings, dont un pour les enfants de moins de trois ans, et un démaquillant. Les emballages sont sensés eux aussi préserver l’environnement, du papier ensemencé et du carton biodégradable. Une seconde marque, destinée aux animaux domestiques, Dahu va être lancée avant la fin de l’année, avec un shampooing.

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Séparées pour ne pas semer le trouble chez la clientèle, les deux marques vont parfois se cotoyer, notamment dans les pharmacies, l’un des canaux de distribution. Aujourd’hui au nombre de 150 un peu partout en France, les points de vente sont choisis en cohérence avec la « philosophie » de la marque : des pharmacies plutôt dans des bourgs qu'en centre commercial, des boutiques indépendantes, des commerces ambulants, des magasins bio. Une boutique en ligne génère 20 à 30 % du chiffre d’affaires.
Entièrement artisanale, la fabrication qui est l’affaire de Gwendoline va être mécanisée en novembre grâce à l’acquisition d’un mélangeur, dépense permise grâce notamment à un prêt à taux zéro du Réseau Entreprendre Bourgogne qui vient de les accueillir dans sa communauté. Et l’équipe accueillera à la rentrée une quatrième personne. 
Christiane Perruchot

Relire aussi l’article de Traces Ecrites News sur Lysea, une gamme de cosmétiques bios pour les ados. Sa fondatrice, Virginie Vinet fut lauréate d’argent Femme à l’International des Trophées les Femmes de l’économie Grand Est 2017.



 


• Les Sunneliers SAS : Une crème solaire bio et engagée contre un m2 de plage nettoyé

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Hadrien Collot, cofondateur de Les Sunneliers SAS qui a lancé en début d’année la marque de crème solaire bio, Niu. © Julie Giorgi.

Deux jeunes Strasbourgeois, Hadrien Collot et Corentin Boisselier lancent Niu, une crème solaire écologique et engagée. Après la création de leur entreprise en janvier 2019, baptisée Les Sunneliers SAS, les deux associés ont réalisé une campagne de financement participatif sur la plateforme Ulule afin de finaliser la production.
À la fin de cette campagne le 16 mai dernier, ils ont récolté 29.627 €, alors que l’objectif était fixé à 3.000 €. « On pensait produire 5.000 tubes, finalement, nous allons en sortir entre 20.000 et 50.000 cet été », affirme Hadrien Collot. 

Les ventes ont démarré le 10 juin dernier sur trois canaux de distribution : le site Internet de la marque (Niu and you), des magasins de cosmétiques bio et des centres de plongée. « Nous sélectionnons les distributeurs sur leur engagement écologique car nous ne voulons pas être assimilés à n’importe qui », prévient le président et co-fondateur.
Car s’il existe d’autres crèmes solaires écologiques sur le marché, Niu se distingue par son engagement et ses valeurs. Pour chaque tube vendu, les deux associés s’engagent à nettoyer au minimum un mètre carré de plage française. Ils ont également signé un partenariat avec une association pour replanter des récifs coraliens : un sujet auquel Hadrien Collot, plongeur et apnéiste, est fort sensible.  


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La crème solaire Niu se compose d’une base végétale utilisant des filtres UV minéraux (oxyde de zinc, titane), sans nanoparticules (nocives pour les organismes marins et pour la santé) et sans paraben. Résistante à l’eau et disponible en indice de protection 30 et bientôt  50, elle est contenue dans un tube en matière végétale biodégradable. 

La start-up strasbourgeoise qui travaille avec un laboratoire dans l’Oise, envisage aussi de collaborer avec un Alsacien. Et de réaliser prochainement une nouvelle levée de fonds, cette fois plus conséquente : jusqu’à un million d’€. Cette somme correspond au chiffre d’affaires qu’elle vise atteindre d’ici à trois ans. « Nous pensions attendre l’année prochaine pour nous développer à l’étranger, mais nous allons le faire dès cet été car nous avons déjà des demandes aux États-Unis et au Japon », annonce Hadrien Collot.
Julie Giorgi

Relire aussi l’article de Traces Ecrites News sur LCB Cosmétiques née à Besançon et qui a rejoint le sud de la France, région d’origine de son fondateur.

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