Le rachat de la PME dijonnaise en fin d’année dernière par le groupe Septeo la fait entrer dans le giron du dixième éditeur français de logiciels. Ymag lui apporte son offre ciblée sur la gestion de la formation professionnelle, notamment par alternance. Elle devient ainsi le socle du nouveau pôle de son propriétaire tourné vers les offres pour le monde de l'éducation.
Ymag entame le nouveau chapitre de sa vie d’entreprise en ce début d’année 2025. L’éditeur dijonnais de logiciels de gestion de la formation s’organise pour devenir le pilote du pôle éducation de son nouveau propriétaire : son confrère Septeo, avec lequel il a conclu fin novembre dernier la transaction de son rachat, pour un montant non communiqué. Un nouveau rôle donc, « mais pas de modification pratique pour les équipes, qui restent à Dijon », souligne Arnaud Guillaume, le président d’Ymag (156 salariés) et désormais directeur du pôle Solutions Education de la maison-mère établie à Lattes près de Montpellier (Hérault).
Le changement de propriétaire, rappelle le dirigeant, était « inscrit dans la logique » du précédent, à savoir le capital-investisseur Initiative & Finance, venu à la tête d’Ymag en 2019 avec son homologue lyonnais Capelia pour prendre la suite de Patrick Ayroulet, le fondateur en 1979 - dans la vente de matériel informatique - parti en retraite. « De tels fonds ont vocation à rester trois à sept ans, nous en étions à la cinquième année, en plein dans la cible », expose Arnaud Guillaume.
Le scénario suivant aurait pu être celui de la transmission à un autre investisseur financier, or l’option de la revente à un acteur du marché a prévalu. Quoique le monde des fonds ne soit pas absent de l’opération de manière indirecte, puisqu’il détient le capital de Septeo à travers trois structures : HG Capital l'actionnaire de référence depuis 2020 investisseur britannique dans l’univers des logiciels, rejoint juste avant la transaction Ymag par Téthys le holding d’investissement de la famille Bettencourt-Meyers propriétaire de L’Oréal, ainsi que par le Singapourien GIC Private Limited.
Ouverture à l’IA et la cybersécurité

Mais c’est bien un rapprochement opérationnel qui se met en place, entre deux « producteurs » de logiciels. Leur taille diffère certes. Ymag a terminé son exercice 2023-24 par un chiffre d’affaires de 21,7 millions d’euros le 30 septembre dernier, quand Septeo en affiche 420 millions d’euros en 2024 forgé auprès de 200.000 utilisateurs, pour un effectif de 3.100 personnes qui le place au 10ème rang des éditeurs français selon un classement du cabinet EY.
Cependant, les complémentarités d’offres et d’attentes font parfaitement sens, selon Arnaud Guillaume. « Outre une vision de long terme, Septeo nous apporte les compétences sur lesquelles nous commencions à nous placer, mais qui nous manquaient encore en bonne partie : l’intelligence artificielle et la cybersécurité », expose-t-il. Des sujets alimentés chez Septeo par un fort pôle de recherche-développement, sans commune mesure avec les moyens d’Ymag. De son côté, le repreneur travaillait à la constitution de son pôle éducatif, destiné à enrichir une offre centrée d’abord sur l’accompagnement informatique des professionnels du droit (avocats, notaires, experts-comptables, métiers de l’immobilier...) et complétée depuis 2023, de l’ « hospitality », la gestion d’hébergements et de restauration.
Quelques mois avant de conclure avec Ymag, Septeo avait franchi une première étape par l’acquisition de Dendreo, société de 46 salariés. « Celle-ci a procuré le maillon de la formation continue, et nous, Ymag, venons à présent ajouter celui de l’alternance », décrit Arnaud Guillaume. L’offre de l’entreprise de services du numérique (ESN) dijonnaise se focalise en effet, depuis le milieu des années 1990, sur les centres de formation d’apprentis (CFA) à partir d’un premier marché pour celui de Nevers-Marzy (Nièvre).
Aller plus loin

Structurée en mode sur-mesure SaaS (software as a service) autour du progiciel (ERP) Ypareo et depuis l’an dernier de son successeur Oryzea, elle permet aux gestionnaires d’organismes de formation, de piloter et suivre toutes les questions administratives et d’organisation (gestion des personnels, planning des formations…) ainsi que de gérer les tâches liées à leur indispensable certification Qualiopi. « Nous sommes ainsi devenus les leaders de notre segment de l’alternance, avec un portefeuille de plus de 3.000 établissements utilisateurs aujourd’hui », précise Christophe Vieira, responsable marketing d'Ymag.
Une telle position avait de quoi susciter l’intérêt de Septeo. Ymag emmène également avec lui l’offre de Datalumni, petite société de 13 personnes d’Annecy (Haute-Savoie) développeuse d’une plateforme de gestion de réseaux d’anciens élèves, dont il a pris 49 % des parts en septembre dernier. Les associations des solutions Septeo et Ymag « couvrent ainsi bien le champ éducatif en l’ouvrant à de nouveaux horizons, l’IA en premier lieu », synthétise Arnaud Guillaume.
Le dirigeant de la PME dijonnaise estime que sa nouvelle ère lui permettra d’aller « plus loin : vers le monde de la pédagogie, vers d’autres pays en Europe (*), vers de nouveaux marchés de niche… » 2025, année de nouvelles aventures pour Ymag, probablement.
Photos fournies par l'entreprise.
(*) Septeo est présent en Belgique, au Luxembourg, en Suisse, en Espagne, au Portugal, en Tunisie et au Canada. Le groupe a été fondé en 2013 par Hugues Galambrun qui en demeure le président.

















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