Créée en 2020 par TC-Transports, la société Regom fabrique des chaînes d’automatisation de pneumatiques usagés en vue de les recycler. Ayant investi plus de 3 millions d’€ depuis son origine, elle planifie l’installation d'un bureau à Boston cette année.
Le tri des pneumatiques est un exercice physique qui oblige à travailler au sol pour examiner les gommes usagées. Dans le même temps, les opérateurs doivent saisir les fiches des produits qui sont remis en vente. Ces tâches à la fois pénibles et fastidieuses, la jeune entreprise Regom propose de les alléger en faisant appel à l’intelligence artificielle (IA). Elle a investi 3,5 millions ‘€ depuis sa création en 2020 dans le but de concevoir la technologie concernée, destinée à mesurer l’ensemble des caractéristiques des pneumatiques.
Depuis son atelier de Cercy-la-Tour dans la Nièvre, Regom fabrique et assemble des machines qui « scannent » les pneus et identifient leurs défauts, de façon à déterminer ensuite leur destination finale. Ces installations fonctionnent de façon automatique pour 20 à 30% des pneus, ceux réutilisables à partir desquels seront fabriqués de nouveaux objets. Pour le reste, elles sont semi-automatisées. Elles affichent toutes les caractéristiques du pneu en fonction des indications de son fabricant pour l’orienter sur la bonne chaîne de destination.
La petite perle d’innovation, qui traite un exemplaire toutes les deux secondes, permet d’obtenir un meilleur rendement par l’analyse chimique de la matière, en vue de son recyclage. Forte de son expérience, l’entreprise vient de créer une machine qui fonctionne de la même manière pour les pneumatiques de camions.
Un marché de niche international

Depuis sa création, l’entreprise a créé 10 machines assemblées. En France, Mobivia (enseignes Norauto, Midas, Carter-Cash, etc.) en a acquis une. La plupart des exemplaires ont été vendus à l’export, un marché porteur, qui amène Arthur Wagner à passer sa vie dans les avions. L’entreprise va s’implanter cette année à Boston pour se développer sur le marché nord-américain, tandis que le mois prochain, son directeur sera au Japon dans le but de conquérir une clientèle asiatique en 2025.
Et quand Arthur Wagner ne parcourt pas les quatre coins de la planère, c’est le monde qui vient à lui. Les responsables de plus grands manufacturiers de pneumatiques se donnent en effet rendez-vous au cœur de la Nièvre afin de découvrir la technologie de Regom, ce qui amuse son directeur. « C’est drôle de voir des représentants de Michelin, Bridgestone ou Continental venir voir ce que nous faisons, au milieu de la campagne et des vaches », sourit-il.
« Notre complexité aujourd’hui, ce n’est pas de vendre notre intelligence artificielle, mais de convaincre sur le terrain. Nous venons industrialiser un univers jusqu’alors totalement manuel », note Arthur Wagner. Le dirigeant de Regom assure cet exercice de pédagogie, chaque année notamment au salon Tire Technology d’Hanovre en Allemagne, une grand’messe de la filière.
Regom a été créée en 2020 par TC-Transports, groupe de transport et de logistique de 700 salariés, fort de quarante ans d’existence auprès de l’industrie automobile. En 2005, son dirigeant Alain Cassier a rejoint l’éco-organisme Aliapur fondé pour recycler les pneus usagers.
Son fils Jean-François a repris les rênes de l’entreprise en 2012. Il a souhaité simplifier la collecte et le tri d'unités. Il créé alors Regom quelques années plus tard et embauche Arthur Wagner comme directeur général. Celui-ci assure le lien entre les deux sociétés puisqu’il occupe également une fonction managériale chez TC. Avant cette prise de poste, le Nivernais, attaché à son terroir, dirigeait des sociétés de distribution alimentaire. Son activité, exercée déjà dans l’informatique, visait à optimiser les flux et les process dans le but de créer des plateformes reliant directement les vendeurs et les acheteurs.






















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