Fabricant de pièces d’usinage, Bourgogne Précision Mécanique vient d’acquérir un nouvel équipement à commande numérique 5 axes. L’entreprise, qui travaille majoritairement pour Parker le groupe dont elle issue, se lance à la conquête de nouveaux clients afin d'accroître son périmètre de marché, avant un déménagement prévu prochainement.
L’atelier de Bourgogne Précision Mécanique (BPM) s’étoffe à Longvic, près de Dijon. Une tour à 5 axes de marque Awea vient de rejoindre les 16 autres machines à commande numérique de la petite entreprise de 10 salariés (chiffre d’affaires d’1,7 million d’euros en 2023), productrice de pièces d’usinage pour l’industrie.

Elle est appelée à jouer un rôle-clé dans le développement de BPM. « Grâce à cet équipement, nous allons pouvoir nous démarquer et nous ouvrir à d’autres clients, produire des pièces de plus grosse taille (d’1 mètre sur 80 cm) et aux formes complexes sans devoir démonter le produit » détaille Philippe Roussel, co-directeur de BPM.
Cet investissement d’un montant de 280.000 euros bénéficie d’une avance remboursable de la région Bourgogne-Franche-Comté à hauteur de 30%. Le soutien financier a permis à l’entreprise de recruter un jeune salarié, déjà formé à l’utilisation de cette machine.
La nouvelle acquisition génère pour l’entreprise une optimisation et une rationalisation de sa production en vue de conquérir de nouveaux marchés. BPM en ressent les premiers impacts positifs. Au salon Global Industrie de Paris où elle était présente en mars dernier, elle a d’ores et déjà élargi son carnet d’adresses à deux nouveaux clients dont un fabricant de machines spéciales. La PME se sent pousser des ailes, dès lors. Actuellement locataire de locaux d’une surface au sol de 2.200 m2, elle envisage de déménager l’atelier dans les six mois à venir, avec le but de rester dans l’agglomération de Dijon.
BPM propose des prestations d’usinage, tournage, fraisage et rectification sur différentes matières premières : le plastique mais aussi des matériaux plus durs comme l’acier ou l’Inconel®, une gamme de 25 alliages de métaux hautement résistants. La société dijonnaise travaille à 70% pour l’entreprise Parker spécialiste des technologies de mouvement à Longvic, et dont elle est elle-même issue (voir ci-dessous). Son portefeuille comprend, par ailleurs, des fabricants de machines pour des bureaux d’études et des ingénieristes, les secteurs du médical et de la défense, l’aéronautique et le nucléaire, dont le site côte-d'orien de Valduc du CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives).
Un savoir-faire sur mesure


Une extrême précision s’impose aux pièces produites dont les matériaux sont traçables de A à Z dans une base informatique. Les salariés de l’entreprise disposent des qualifications « Atex » pour le travail en environnement d’Atmosphère Explosive. Ces interventions en zones particulièrement dangereuses, imposent des normes de sécurité spécifiques à l’entreprise afin de pouvoir servir certains de ses clients. BPM possède également une machine à mesurer tri-dimensionnelle Zeiss qui est capable de mesurer un produit au micromètre près. Ses dirigeants précisent avoir été les premiers à se doter d’un tel équipement, il y a 10 ans.
Parmi les fabricants d’usinage, BPM estime se distinguer de par sa capacité à élaborer des prototypes sur mesure, parfois à petite échelle. Mohamed Ennaimi, directeur de l’entreprise en charge de la partie techniqu,e en est intimement persuadé : « Nous évoluons dans la réactivité avec la production de pièces unitaires, et là se situe notre force. » Ce savoir, hérité de l’époque Parker de l'entreprise, se traduit dans l’organisation de travail : « Nous responsabilisons beaucoup nos salariés, chacun d’eux sait travailler sur plusieurs machines, en fonction de ce que nous avons à produire », soulignent Mohamed Ennaimi et Philippe Roussel.

© Sabrina Dolidze
BPM formait historiquement une entité d’usinage du groupe Parker qui a décidé de s’en séparer au début des années 2010.
Trois projets de reprise ont alors été étudiés. C’est celui de deux salariés, Mohamed Ennaimi et Philippe Roussel, qui a été retenu et a donné lieu au démarrage d’une nouvelle société en novembre 2014. Ils en sont devenus co-directeurs, parvenant à conserver 14 postes de travail.
Lauréate de Réseau Entreprendre 2014, la structure a bénéficié d’une aide à la création. Elle a aussi été soutenue par des partenaires comme le conseil régional, Dijon Métropole, Bpifrance et ses banques, le Crédit Agricole et la Banque Populaire, qui lui sont fidèles depuis l'origine. 80% des salariés qui ont été repris par l’entreprise sont désormais partis à la retraite, les dirigeants exprimant une grande fierté de les avoir préservés d’un licenciement avant cette étape.
Au moment de la reprise, ils avaient également conservé les machines revendues à l’euro symbolique. Bien que vieillissantes, celles-ci ont permis de maintenir un volume d’activité. Au moment du Covid, ils ont tenu à moderniser le parc mécanique pour rendre BPM plus compétitive, à partir de ce mot d’ordre : « une année, une machine ! ».
















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