Le fabricant de bouchons pour contenants alimentaires consacre une bonne part de ses investissements annuels à la réduction de sa consommation d’énergie et de ses émissions de carbone. Il voit cette « démarche environnementale » comme un vecteur d’amélioration de son attractivité, ainsi qu’il en a témoigné lors d’une récente conférence du cabinet Consult’Ind à Dole.


Référence des bouchons et autres systèmes de fermeture d’emballages alimentaires qu’il sort chaque année à plus d’un milliard d’exemplaires, le plasturgiste United Caps de Messia-sur-Sorne (Jura) suit le chemin de crête étroit de la conciliation d’exigences contraires de prime abord. « On ne peut pas se passer de plastiques. Mais on peut aussi améliorer le bilan environnemental », expose son directeur Wilfried Griessner.

La réduction du poids des bouchons, l’anticipation de l’échéance européenne de 2024 des fermetures solidaires - les bouchons qui restent attachés au goulot par une collerette de sorte à éviter leur propogation dans la nature – l’introduction de matériaux biosourcés dans un process dominé par l’injection de polyéthylène et polyropylène, matières traditionnellement pétrosourcées, participent toutes à la chasse au C02.
 

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Le site de Messia-sur-Sorne (Jura),  né Delatour puis devenu Procap, est un pilier de la production et de la recherche-développement de son groupe d'appartenance actuel, United Caps. © United Caps


L’effort le plus conséquent et le plus impactant concerne l’énergie. Récupérateur de sa chaleur fatale, le site est aussi engagé depuis de longues années, « et pour six ans encore » dans la conversion de ses 47 presses du mode hydraulique vers l’alimentation électrique, « procurant une économie d’énergie de 30 à 50 % sur ces postes », souligne Wilfried Griessner.

Cette substitution progressive mobilise une bonne part de l’enveloppe annuelle d’investissement d’1,5 à 2 millions d’€ dont bénéficie le site de 120 salariés et 40 millions d’€ de chiffre d’affaires en moyenne (*), pilier de la production et de la R&D de son groupe européen d’appartenance de 750 collaborateurs (chiffre d’affaires de 186 millions d’€ en 2022). Elle va se compléter, sur le plan de l’optimisation énergétique, de l’installation d’ombrières photovoltaïques. A leur mise en service en 2025, ces panneaux devraient déployer une puissance proche d’1 mégawattcrête (MWc), « de quoi couvrir 10 à 12% de nos besoins totaux en électricité », souligne le directeur, également membre actif de Polyvia, la fédération de la plasturgie de Bourgogne-Franche-Comté.

 

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De plus,  dans le cadre de ses investissements en cours pour l'introduction de l’industrie 4.0 - palettisation automatisée, nouvelle GMAO (gestion de la maintenance assistée par ordinateur) et nouveau management execution system (MES) - United Caps Messia se dote d'outils pour affiner ses mesures de consommation énergétique en vue de les optimiser. La société a par ailleurs adopté depuis quelques mois le lean management dans un but d’amélioration des conditions de travail. « Nous l’appliquons dans une logique de résolution des problèmes en équipe, avec un fort accent mis sur la communication », relate le dirigeant.

 

Eloge de la bienveillance en entreprise

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La rencontre sur l'attractivité des employeurs organisée par Consult'Ind à Dole a réuni plus de 40 dirigeants d'entreprise. © Consult'Ind


Cette dimension participe du travail plus général sur le « changement d’image de l’entreprise » que Wilfried Griessner a pris à bras-le-corps pour répondre à l’enjeu d’attirer les candidats aux nouveaux postes et de fidéliser les collaborateurs. Une démarche qui lui a valu de partager le devant de la scène avec Charlène Roux, directrice des opérations de Clavière, fabricant de saucisses de Morteau, lors de la rencontre organisée en novembre dernier à Dole (Jura) par le jeune cabinet jurassien Consult’Ind d’accompagnement des entreprises industrielles. « Recrutement et fidélisation des collaborateurs, l’importance de l’attractivité de l’entreprise », l’invitation lancée sous cet intitulé avec le cabinet d'expertise-comptable RFC hôte de la soirée, le Medef Territoires Franc-Comtois, la Banque populaire Bourgogne-Franche-Comté et le Crédit agricole Franche-Comté a, lui, réussi son pari…d’attractivité en réunissant plus de 40 dirigeants.

 

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Rien de vraiment étonnant pour Brice Comment, le codirigent de Consult’Ind avec Sylvie Boine. « Les médias nationaux se focalisent beaucoup sur le télétravail, or deux-tiers des emplois en France ne sont pas télétravaillables. Dans un territoire rural comme le Jura, il faut actionner d’autres leviers. Le sens au travail, la crédibilisation des valeurs d’entreprise, la formation des managers à la bienveillance, la communication transparente sur la stratégie d’entreprise, les démarches environnementales fortes nous ont été livrées comme des pistes aux résultats tangibles, comme la forte diminution de l’absentéisme », rapporte le consultant, par ailleurs président de l’association d’entrepreneurs ALons'ZI de Lons-le-Saunier.

 

Démissions précoces ou silencieuses

Plusieurs chiffres symptomatiques des enjeux d’attractivité ont été rappelés lors de la rencontre Consult’Ind de Dole. Le pourcentage d’entreprises déclarant des difficultés de recrutement est passé en France de 32 % à 61 % entre 2016 et aujourd’hui.

53 % des actifs songent à changer d’emploi dans l’année, 70 % chez les 18-24 ans. Les démissions en bonne et due forme concernent 22 % des effectifs au bout de seulement de deux ans d’embauche, et le pourcentage grimpe à 42 % chez les moins de 35 ans, selon une étude de l’Apec qui se penche aussi sur la « démission silencieuse », pour évaluer son poids à 37 % des effectifs. Une des formes qui peut s’en rapprocher est l’absentéisme de courte durée, de 4 à 7 jours. Il augmente, et contribue ainsi à la montée du taux total, passé de 5,1 % à 6,7 % en cinq ans. Un salarié sur deux est absent au moins une fois dans l’année. 

(*) dans les quatre secteurs de la nourriture infantile, des boissons et nourritures sèches, des condiments et du non-food. 

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