Le fabricant de cordons de câbles double la taille de ses bâtiments d’ici le début de l’année prochaine, au moyen d’un investissement immobilier de 600.000 euros qui va se compléter de l'acquisition de nouvelles machines. Sa confiance en l’avenir repose sur deux piliers : la diversification de la clientèle, et le nouveau positionnement dans l'assemblage de grandes séries. Complémentaire à la confection de petites volumes sur-mesure, celui-ci résulte de son rapprochement depuis trois ans avec Ingelec, un acteur de sa filière basé en région parisienne et doté d’une unité de fabrication en Chine.

Les engins de chantier se sont mis en action sur la parcelle de Kabelec, juste à côté de ses locaux dans la zone d’activités d’Aspach-Michelbach (Haut-Rhin). Le fabricant de cordons de câbles leur ajoute ainsi 400 m2, soit un quasi-doublement, car sa croissance « aboutit à manquer de place », observe sa directrice Emilie Rabieczynski.

L’extension, qui devrait devenir opérationnelle début 2026, va permettre de loger dans les nouvelles surfaces les stocks qui cohabitent aujourd’hui avec la production, « et ainsi réorganiser ce flux dans l’atelier, afin de l’optimiser », poursuit la dirigeante. Elle a déclenché un investissement immobilier de 600.000 euros (construction par le contractant général Arco) qui sera complété d’achats en équipements, « encore en cours de chiffrage », sachant que Kabelec a déjà consacré 150.000 euros cette année à se doter de nouvelles machines. 

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La PME de 20 salariés tire ses atouts de la confection de cordons sur-mesure et de sa maîtrise des câbles co-axiaux. © Kabelec


Les vents apparaissent donc porteurs pour la PME
de 20 salariés, qui procède à quelques embauches : un technico-commercial fin 2024, et une opératrice de production supplémentaire cet été. Sa dirigeante le reconnaît pourtant, Kabelec n’est pas protégée par quelque miracle du ralentissement qui touche l’industrie en général, dans laquelle ses cordons ont vocation à se déployer. Sa résilience, et mieux encore, le concepteur et fabricant alsacien estime la tirer notamment de la synergie mise en place avec un confrère : Ingelec, devenu le co-actionnaire (légèrement majoritaire) en 2022.


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Cette société basée en région parisienne affiche en soi la même dimension d’une vingtaine de collaborateurs, dans la même activité, avec une gouvernance familiale comme Kabelec où Emilie Rabieczynski a pris, à la fin des années 2010, la succession de son père Philippe Rosfelder fondateur en 2000.

La réponse réciproque aux questions sur l’avenir 

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L'effectif est majoritairement constitué de femmes...mais la parité dans le sens inverse des habitudes progresse ! © Kabelec


Mais derrière ses points communs, une différence de taille se cache : Ingelec a fait le choix de l’externalisation en Chine – dans une usine de pas moins de 500 salariés mais qui lui est propre – de la production de grande série, là où son nouveau partenaire alsacien intervient aux étapes du prototypage et de la petite et moyenne série, ainsi que dans la confection de pièces spéciales pour des réponses rapides et sur-mesure. Dès lors, l’addition des profils pouvait faire sens…et tel a été le cas, selon Emilie Rabieczynski.

« Chacun a répondu aux interrogations de l’autre qui se sont faites jour, en particulier pendant et au sortir des crises récentes majeures, celle du Covid et les suivantes. Ingelec cherchait à s’adosser à un site français de production, rigoureux, certifié comme nous le sommes (Iso 9001, 14001, Ecovadis niveau Gold depuis 2023 pour la RSE) qui puisse ainsi rassurer ses clients français et européens. Quant à nous, nous étions en  quête d’un développement commercial de façon à nous mettre en capacité d’adresser de plus grands donneurs d’ordre », décrit-elle. De plus, Kabelec « dispose des compétences pour assurer l’intégration d’éléments électroniques. » L’accord s’est ainsi conclu sur ces bases et « selon le principe d’une gouvernance vraiment partagée », insiste l’entrepreneuse alsacienne.

 

Tout sauf l’automobile 

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Avec l'appui du co-actionnaire Ingelec, Emilie Rabieczynski la fille du fondateur de Kabelec poursuit la stratégie de diversification, vers le nucléaire ou la robotique par exemple. © Mathieu Noyer

 

La PME d’Aspach-Michelbach poursuit ainsi de façon autonome sa stratégie de développement, qui repose notamment sur « nos compétences en produits complexes et spécifiques et dans l’équipement de câbles co-axiaux », précise la directrice. Elle l’oriente aujourd’hui vers trois débouchés principaux pour ses cordons : la métrologie (qualité de l’air, débit…), l’aéronautique et le spatial pour des bancs de tests de pièces d’équipementiers embarquées dans les avions, les satellites… et le médical en fourniture d’appareils d’analyses. Toutefois, souligne Emilie Rabieczynski, ce trio « ne forme au cumul que 60 % » du chiffre d’affaires, d'un montant de 4,1 millions d’euros en 2024 réalisé auprès d’une clientèle installée dans un grand quart Nord-Est jusqu’aux régions parisienne et lyonnaise, mais aussi chez les voisins étrangers d'Allemagne et Suisse. Ce second pays abrite d'ailleurs le plus grand donneur d’ordre. 

La nature même de l’activité permet à Kabelec de se diversifier vers de nombreux autres secteurs d’application. Le nucléaire, le machinisme agricole, plus récemment la robotique et « sans doute » la Défense forment quelques-unes de ces perspectives nouvelles, déjà avérées ou à venir. La PME reste en revanche fidèle à sa posture de toujours : ignorer l’industrie automobile, « pour laquelle nous ne sommes pas formatés », commente sobrement sa dirigeante. La situation du moment de ce marché ne fait que la conforter dans son approche.  


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Sur la voie de la décarbonation

A son échelle, Kabelec entend œuvrer à la décarbonation de l’industrie, dans une filière, la câblerie et l’électronique, qui n’a pas été historiquement « vertueuse » en la matière. La PME souhaite donc contribuer à changer le cours des choses. Elle a engagé son bilan carbone afin de traquer ses gisements d’amélioration, dans son atelier et ses consommations.
Depuis le début de cette année, elle diffuse aussi les bonnes pratiques aux clients qui veulent bien jouer le jeu : elle leur propose de récupérer leurs emballages plastiques usagés de sorte à en permettre un recyclage plutôt que l’envoi en enfouissement. De façon générale, « nous cherchons à limiter l’achat de neuf dans la mesure du possible », précise Emilie Rabieczynski. Ces enjeux de responsabilité sociétale et de développement durable ne sont pas encore généralisés parmi la clientèle, mais « on sent un mouvement et nous voulons être prêts sur la question, le jour où elle gagnera en importance », conclut la jeune dirigeante.

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