Christophe Mignot ouvre cette série de portraits de chefs d’entreprise candidats aux élections municipales. Comment est venu cet engagement, qu’en attendent ces hommes à l’agenda professionnel déjà bien chargé ? Le dirigeant de Digital Surf est en position éligible sur la liste Les Républicains « Besançon maintenant » menée par Ludovic Fagaut, en cas de victoire de ce dernier. Mais quel que soit le résultat, il espère faire avancer son projet Port-Citadelle, mûri depuis longtemps déjà.


Aux municipales de 2014 à Besançon, déjà, le candidat Les Républicains (LR) Jacques Grosperrin avait porté le projet de Christophe Mignot. Passionné d’urbanisme, ce chef d’entreprise bisontin de 55 ans, qui avait créé son entreprise, Digital Surf, en 1989, avait lentement mûri son idée. « Je m’intéresse à ma ville depuis tout petit, j’ai des racines bisontines et le grand-père de mon grand-père était déjà horloger ici », dit-il pour planter le décor et justifier son engagement local.
« J’ai l’habitude de noter des idées, et j’en avais pour Besançon en 2014 que j’ai fait passer au candidat Grosperrin. Il m’avait alors demandé de développer la partie Prés-de-Vaux, celle qui concerne mon projet actuel Port-Citadelle. Il consistait en une quinzaine de propositions qui faisaient sens ensemble. »
Mais la campagne avait pris un autre tour, plus sécuritaire, aussi le projet n’avait finalement pas été mis en avant. Et dans l’ancienne capitale horlogère administrée depuis 1953 par des socialistes, le candidat LR n’avait pas été élu. Christophe Mignot, parallèlement à son activité de dirigeant d’une pépite de l’économie locale – avec son logiciel d’analyse microscopique de surfaces, qui équipe les plus grands fabricants mondiaux, Digital Surf est devenue le « Windows des microscopes » – avait alors mis son projet en ligne et continué à le développer au fil de l’eau, jusqu’à lui consacrer une page Facebook.

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Tant et si bien que, six ans plus tard, c’est le nouveau candidat LR, Ludovic Fagaut, qui a voulu le remettre au programme. « Au début, je lui ai dit que je voulais bien travailler avec lui mais pas figurer sur sa liste. Et puis finalement j’ai trouvé qu’il avait du charisme et du dynamisme, et j’ai eu envie de le suivre. Il a fallu convaincre ma famille qui n’était pas partante. Mais je me suis dit que j’avais l’occasion de pousser le projet jusqu’au bout. Besançon est une ville traditionnellement à gauche mais le système est un peu à bout de souffle et il y a peut-être une chance. » 
En 19ème position de la liste, Christophe Mignot peut sièger au conseil municipal en cas de victoire de son candidat même si le sondage publié en février ne crédibilise pas cette hypothèse. De toute façon, il ne se voit pas « aboyer en tant qu’opposant dans un conseil municipal. »




« Pour accompagner ses idées, le mieux c’est encore d’y aller »

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L'entrée nord-est de Besançon, difficile d'accès et pénalisée depuis des décennies par la friche de l'ancienne usine chimique La Rodia, est l'un des enjeux d'urbanisme de Besançon. © Traces Ecrites

Tel qu’imaginé par Christophe Mignot, le projet de Port Citadelle veut redonner une place centrale aux Prés-de-Vaux, cette entrée de ville pour les Suisses et les habitants du plateau défigurée par la friche industrielle de la Rodia. Située juste en-dessous de la Citadelle de Vauban, la locomotive touristique du Doubs, pourtant difficile d’accès, Port-Citadelle est devenu un projet global avec une télécabine pour faire le lien entre un parking relais entre Prés-de-Vaux et citadelle, et des solutions de mobilité électrique vers le centre ville.
« Avec tout cela, si on n’est pas trop mauvais, on atteint une visibilité nationale », estime le patron de PME qui s’est appuyé sur sa connaissance de la 3D pour le modéliser. Un projet coûteux ? « Entre 4 et 7 millions d’€ mais, avant d’être une dépense, c’est une vision globale. Nous avons rencontré les acteurs du tourisme et ils trouvent le projet génial. »

 

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Dans les couloirs de Digital Surf, Christophe Mignot croise tous les jours ou presque Virginie Bellaton, sa DRH très impliquée dans les questions d’art. Elle aussi s’est fait « recruter » par Ludovic Fagaut et figure en 22e position sur sa liste. « Ce n’est pas moi qui suis allée la chercher, c’est l’équipe du candidat qui l’a démarchée. Elle aussi était un peu réticente, nous ne sommes pas des politiciens, ce n’est pas un complot Digital Surf », dit-il en souriant. « Mais nous avons tous les deux des idées, moi pour l’urbanisme, elle dans l’art, et pour les accompagner, le mieux c’est encore d’y aller », ajoute-t-il.

5 commentaire(s) pour cet article
  1. la rédactiondit :

    Réponse de la rédaction en chef au commentaire de Gérard Thibord. Chaude la campagne à Besançon ? !!! Je crois que vous n'avez pas bien compris notre parti pris et je vais vous le réexpliquer. Le choix de M. Mignot pour le portrait du chef d'entreprise-candidat à Besançon ainsi que l'énumération – en réponse au commentaire de Simon Vouillot –, d'autres chefs d'entreprises qui auraient pu faire l'objet du même type d'article (et je pourrais vous en citer bien d'autres encore), ne signifie en rien que les deux listes sur lesquelles ils figurent, sont les seules à porter attention au milieu économique. Citez une phrase dans mes propos qui l'affirme. Oui, le pluralisme politique ne vaut pas pour ce type d'article ou alors il aurait fallu lister tous les entrepreneurs de toutes les listes : nous serions passés du portrait à l'analyse. Tel n'a pas été notre choix. Le pluralisme politique, nous le respections autrement, sur l'ensemble de cette série "Chef d'entreprise et candidat". Sans vous dévoiler les noms des prochains portraits, en Bourgogne et en Alsace, les deux candidats sont sur une liste "sans étiquette" et le Lorrain sur une liste socialiste.

  2. Gérard Thibord dit :

    Donc, sur les listes de Besançon, il n’y a que deux listes ouvertes sur le monde entrepreneurial : LR (Ludovic Fagaut) d’une part, LREM (Éric Alauzet), d’autre part. Je suis fort étonné par l’argument de la rédaction qui dit que « le pluralisme politique ne vaut pas pour ce type d’article ». C’est bête : je vous appréciais, mais, je crois que, là, je ne vais pas prendre l’abonnement payant. Désolé !

  3. Jean Dupontdit :

    Bravo pour votre excellente initiative ! Ces reportages sont rafraîchissants et permettent de voir qu'il y a enfin autre chose que des politicards sur les listes des municipales. Mr Mignot est un grand chef d'entreprise reconnu mondialement dans son domaine et je suis très heureux qu'il soit sur une liste. Il aura sans doute l'adhésion de beaucoup d'entrepreneurs bisontins et en tant que dirigeant, il aura mon total soutien car quand je vois le ramassis d'opportunistes de la liste Alauzet et leur ton prétentieux un peu partout, et l'incapacité dans la liste Vignot de parler de l'économie locale et de proposer des réponses crédibles, cela ne me donne surtout pas envie de croire en leur capacité à changer notre ville et de discuter avec eux.

  4. La rédactiondit :

    Réponse à Simon Vouillot des éditeurs. D'abord éviter de donner des leçons aurait été une meilleure entrée en matière. De surcroît, l'argument de pluralisme politique ne vaut pas dans ce type d'article qui n'est pas une couverture de la campagne électorale.Vous verrez d'ailleurs au fil des portraits que nous publierons d'ici le 1er tour que la diversité des couleurs politiques comme de la taille des communes a été un critère de sélection des chefs d'entreprises candidats. La rédaction aurait effectivement pu vous choisir, vous, Simon Vouillot, en 51ème position de la liste d'Eric Alauzet (La République en Marche) à Besançon, ou encore sur cette même liste Valentin Lamielle, ou encore sur la liste Les républicains, Julie Boucon ou Thierry Pétaman. La rédaction est libre de ses choix et ne compte pas se laisser influencer par un quelconque parti politique. Vous pourriez aussi applaudir notre initiative d'autoriser les commentaires qui permettent aux lecteurs de faire valoir leur point de vue, de préférence dans les règles de la politesse que vous avez franchies avec ce mot "insidieusement".

  5. Simon VOUILLOTdit :

    L'éthique journalistique de base devrait vous amener à préciser que d'autres chefs d'entreprises soutiennent d'autres listes sur Besançon !! Moi-même, co-fondateur et co-dirigeant d'Ages &Vie (qui a fait l'objet d'articles sur votre site), je "pousse" la liste d'Eric Alauzet aux municipales de Besançon. J'ai participé à l'élaboration du volet économique du programme municipal de notre liste "l'écologie positive", qui comprend de nombreux chefs et cadres d'entreprise. Il nous semble important que les milieux économiques soient bien représentés au conseil municipal de Besançon, et je ne vous laisserai pas diffuser insidieusement l'idée que cela ne serait le cas que sur les listes situées à droite de l'échiquier politique ! Je vous demande d'en informer votre lectorat, afin de rétablir l'équité. C'est une obligation réglementaire. Je suis à votre disposition pour en reparler. Simon VOUILLOT 06.08.05.27.34 Ages&Vie

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