C'est l'un des gros enjeux des prochaines années : réduire la consommation de plastique. Les industriels de l'emballage doivent trouver des solutions techniques et économiques pour introduire du plastique recyclé dans leurs produits et imaginer des solutions plus facilement recyclables. L'exemple de Guillin, dans le Doubs, le leader européen de la barquette plastique alimentaire.


Article paru le 23 janvier 2019

À l’heure de l’indispensable transition écologique, le plastique alimentaire n’a pas la cote. Même si, comme le rappelle Sophie Guillin-Frappier, directrice générale du groupe Guillin, à Ornans (Doubs), le PET (*) entrant dans la composition de ses barquettes est 100% recyclable et affiche un taux de recyclage moyen de 70%. Un très joli score, comparé aux quelque 10% de Coca-Cola... 

La dirigeante du leader européen de la barquette plastique alimentaire, qui a coup sur coup lancé un partenariat R&D avec le recycleur Paprec pour concevoir une unité industrielle de récupération du PET et racheté le fabricant d’emballages en carton alimentaire Thiolat, se défend pourtant d’un virage écologique. « Nous avons toujours prôné une utilisation raisonnée dans l’emballage », argumente-t-elle.
« En 1998, nous avions basculé la totalité de la production de PVC en PET et nous avions été les premiers à intégrer des matières recyclées. Depuis dix ans, nous avons réduit le poids de nos barquettes de 40% et nous nous battons pour l’extension des consignes de tri, pour que la matière soit recyclée et puisse retourner à un usage alimentaire. »

 

nouveau reseauconcept 

 
Le recyclage du PET, c’est l’objectif du projet Reusal lancé en octobre 2018 avec Paprec. Il associe le groupe Guillin (2.800 personnes dans 15 sites industriels et 9 antennes commerciales en Europe, dont 350 salariés à Ornans, chiffre d’affaires d’environ 600 millions d’€) au français Paprec. Cet acteur majeur de la valorisation des déchets emploie, lui, 8.500 salariés répartis sur 200 sites et réalise un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’€.
Chez l’industriel franc-comtois comme chez le recycleur, des équipes R&D travaillent à la définition du cahier des charges d’une ligne dite « de barquette à barquette ». Cette unité spécifique de récupération, de traitement et de régénération au grade alimentaire des barquettes implique un "sur-tri" dans les flux de collecte sélective – un préalable au projet –, mais aussi le développement d’une technologie de régénération côté Paprec (à l’image de celle développée pour les bouteilles des minéraliers) et côté Guillin, le renforcement de l’écoconception et l’optimisation de l’incorporation des matériaux issus du recyclage. « La problématique aujourd’hui, paradoxalement, c’est la source, c’est de trouver le déchet, nous y travaillons avec les collectivités locales », confie Sophie Guillin-Frappier.

Un investissement de l’ordre de 20 millions d’€ en attente chez Paprec


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Deux exemples d'emballages alimentaires de Guillin, sur deux marchés très demandeurs, la pâtisserie en libre service et les préparations traiteur. © Guillin

À l’issue du programme, si l’extension des consignes de tri est favorable, si la matière première recyclable est disponible et suffisante, un investissement de l’ordre de 20 millions d’€ pourrait être réalisé sur un des sites de Paprec. « Nous attendons la clarification réglementaire du gouvernement sur l’économie circulaire qui a été remise en cause par un amendement », confie Sophie Guillin-Frappier. « L’investissement est en cours, mais la décision finale dépendra des directives. »
Pour l’heure, le sur-tri est en phase de test chez Paprec Trivalo, dans la nouvelle usine ultramoderne du Rheu en Bretagne, où 25 millions d’€ ont été investis, et la régénération en test sur le site Paprec de Limay (Yvelines).
 Pendant les travaux, le développement du groupe Guillin continue, avec le rachat, finalisé mi-décembre 2018, de Thiolat.



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Basé à Blois (Loir-et-Cher), le groupe est spécialisé dans les emballages alimentaires en carton, les sacs en papier et le papier de cuisson pour les acteurs des métiers de bouche. Il a réalisé un chiffre d’affaires de 31 millions d’€ en 2017, emploie 160 personnes, dont 120 à Blois et 40 en Roumanie, un pays où le fabricant d’emballages d’Ornans n’est pas encore présent. 
Cette implantation pourrait lui servir de base arrière dans ses opérations de croissance externe, Sophie Guillin-Frappier veillant toujours à associer nouveau produit et nouveau marché.
« Thiolat, c’est un confrère et concurrent que nous connaissions depuis de nombreuses années et pour lequel nous avons un grand respect. Le marché évolue, nous devons nous ouvrir vers d’autres possibles et, en tant que leader, offrir toutes les solutions dont nos clients ont besoin », assure la dirigeante. Le carton, l’avenir de l’emballage alimentaire ?

 guillindirigeanteQui est Sophie Guillin-Frappier ?

Directrice générale du groupe Guillin, Sophie Guillin-Frappier est la fille de François Guillin, le fondateur de l’entreprise, en 1972, qui lui en a transmis les rênes en 2013. Diplômée d’une école de commerce international, option finances, après avoir passé un an aux États-Unis et six mois au Japon, elle avait démarré sa carrière dans l’audit chez KPMG.
Arrivée dans le groupe familial en 1997, elle en a occupé toutes les fonctions majeures (comptabilité, ressources humaines, finances…) avant d’insuffler et de piloter toutes les opérations de croissance externe du groupe.
Sophie Guillin-Frappiera fait partie des 60 cheffes d'entreprise de l'édition 100% féminine 2019 du Best of de Traces Ecrites News. Lire ici.

 

(*) Le PET, sigle du Polyethylene Terephthalate est un polymère de synthèse, le plus souvent transparent. Ce plastique parmi les plus répandus sert notamment à fabriquer des bouteilles de boissons. On le reconnaît par le petit rond au fond de la bouteille. On sait depuis longtemps le recycler contrairement au PVC  (polychlorure de vinyle) dont le traitement est plus récent. Il sert notamment à fabriquer des films d’emballage,  des flacons cosmétiques, des canalisations.

Photos fournies par l'entreprise.

2 commentaire(s) pour cet article
  1. La rédactiondit :

    Bonjour, Effectivement Céline Fleury-Mathieu qui co-dirige Imasonic avec son frère aurait mérité d'avoir sa place dans cette édition du magazine annuel. Mais, hélas, le quotidien des journalistes est de faire des choix, de surcroît ici, pour une représentation équitable des deux régions Bourgogne-Franche-Comté et Grand Est, de leurs 16 départements et des secteurs d'activité les plus représentatitifs. Imasonic a cependant eu tout sa place en 2019 et à deux reprises, sur notre édition en ligne : https://www.tracesecritesnews.fr/actualite/trente-ans-le-bel-age-pour-le-specialiste-des-ultrasons-imasonic-150762 et pour l'anniversaire de l'entreprise: https://www.tracesecritesnews.fr/actualite/breves-bourgogne-franche-comte-mathilde-faglin-155742 Merci de votre fidélité. La rédaction

  2. Anne Gueldrydit :

    Bonjour et tous mes vœux pour votre journal et pour chaque personne qui contribue à sa réalisation. Pour les femmes dirigeantes, je ne vois pas Céline Mattieu-Fleury qui dirige IMASONIC à Voray-sur-l'Ognon

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