La grappe d’entreprises, spécialisée dans les engins de maintenance ferroviaire, élargit son périmètre d’activités et travaille à développer son maillage territorial. À Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), elle pourrait installer le premier centre de contrôle technique et d’homologation français dédié à la filière. Cette dernière était réunie du 22 au 24 septembre pour affiner son carnet de route.
Nouveau cycle pour MecateamCluster, initié et présidé par Didier Stainmesse : la grappe d’entreprises spécialisée dans les engins de travaux et de maintenance ferroviaire, fête son 10e anniversaire et esquisse ses projets pour la décennie qui s’ouvre. Si la période écoulée a été celle du développement des activités sur le site de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), l’heure est maintenant à la mise en place d’un maillage territorial.
« Nous travaillons à répliquer le modèle Mecateam, vers l’ouest et le sud, potentiellement également au nord, pour nous rapprocher de certains de nos adhérents et établir définitivement notre vocation nationale, voire internationale », précise Frédéric Debleds, directeur général.
Un projet d’implantation est déjà très avancé, à Tours. La région Centre-Val de Loire est la première de France à avoir revendiqué le statut d’Autorité Organisatrice de Transport (AOT), et collabore déjà avec MecateamCluster sur le sujet de la maintenance des lignes capillaires du réseau ferré. L’enjeu s’avère de taille : pour l’heure, les opérations de maintenance des voies sont calquées sur la méthodologie de SNCF Réseau, dimensionnée pour les lignes à fort trafic, qui maximisent les frais de maintenance, pour minimiser le temps d’immobilisation de la voie.
« Assurer la maintenance de voies secondaires, à faible trafic, doit pouvoir se faire à moindre coût, avec, en vue des économies de l’ordre de 30 à 50 %. C’est ce que nous cherchons à faire », estime Frédéric Debleds. Pour muscler son expertise, le cluster cherche à réaliser des tests sur l’ancienne voie Autun - Étang-sur-Arroux (Saône-et-Loire) afin d'évaluer différentes méthodologies de régénération de voies dégradées.
Le premier centre de contrôle technique et d’homologation ferroviaire français

La plateforme de Montceau n’est pour autant pas oubliée. Née d’un besoin de réparation et de maintenance des engins de travaux ferroviaires – d’où une halle de maintenance mutualisée entre plusieurs industriels – puis de formation qui a débouché ensuite sur un plateau pédagogique voies-écoles –, elle devrait accueillir, probablement en 2023, le premier centre de contrôle technique et d’homologation ferroviaire français. Là aussi, il s’agit d’une question majeure pour toute la filière, qui doit s’adapter à la norme européenne EN 15746 relative au contrôle technique des engins enraillables.
Actuellement, il n’existe aucun centre d’homologation en France, ces opérations se conduisant principalement en Allemagne, qui dispose d’un tel équipement. Les engins français n’y sont pas prioritaires, et déplacer ceux-ci vers un site distant mobilise plusieurs dizaines de milliers d’euros. L’intérêt d’un centre d’homologation en France ne fait donc guère de doute à écouter Dominique Fiehrer, qui préside au titre de SNCF Réseau la commission de déploiement de la norme européenne : « Le site de Mecateam possède une base industrielle capable de proposer un bouquet de services intéressants, et se trouve, en outre, sur une ligne ferroviaire embranchée sur le réseau national, accessible autant par le rail que la route. »
« Nous comptons développer un centre d’homologation, avec outils de pesée et d’essais dynamiques, qui pourrait s’accompagner de nouvelles voies sur le site de Montceau. Ce chantier représente un investissement compris entre 3,5 et 5 millions d’€ », reprend Frédéric Debleds. Dans ce projet se trouve résumé tout l’intérêt d’un cluster comme Mecateam : réaliser des investissements portés par l’économie mixte – ses actionnaires étant à la fois des entreprises et des collectivités locales –, là où les industriels n’ont pas les moyens d’investir seuls. Et, grâce à la mutualisation, rentabiliser l’équipement tout en dotant la filière de débouchés ou de potentiels nouveaux.
Mecateam porte également un projet dans le domaine de la formation. La structure assure déjà des modules dans le cadre de la formation continue des mainteneurs ferroviaires, elle est devenue, depuis le mois de février, un CFA de plein exercice. « Nous accueillons notre première promotion de 10 étudiants en mention complémentaire maintenance des installations oléohydrauliques et pneumatiques, et nous poursuivons les démarches pour obtenir la certification Qualiopi », décrit Virginie Bonnin, en charge des formations au sein de Mecateam.

Les trois journées des Mecateameetings, du 22 au 24 septembre 2021, ont rassemblé plus de 750 participants, représentant près de 300 entreprises de 11 nationalités différentes. « La transformation de ce rendez-vous d’affaires en un véritable salon d’exposition de matériel de chantier ferroviaire est réussie », estime Frédéric Debleds. L’exposition et la démonstration de 45 nouveaux engins dédiés aux travaux ferroviaires a constitué l’un des temps forts de la manifestation, qui est l’occasion pour les entreprises de rencontrer les grands donneurs d’ordre.
Mecateameetings a également débouché sur la signature d’un contrat de location longue durée de trente ballastières, signé entre Wascosa, spécialiste suisse de la location et la gestion de wagons de marchandises pour le fret ferroviaire, et la SAS Transalp Renouvellement, installée à Pringy (Seine-et-Marne).

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